mardi 14 juin 2011

"Let the right one in" de John Ajvide Lindqvist



Résumé : Début des années 80, banlieue résidentielle de Stockholm. Oskar a 12 ans et est le souffre douleur d’une bande de garçons de sa classe. Battu et humilié, il souffre en plus d’un problème urinaire qui l’oblige à avoir une « piss-ball » sur lui en permanence. Un soir, alors qu’il joue dans le jardin de sa résidence, il rencontre une jeune fille de son âge Eli. Elle vient d’emménager dans le même groupe d’immeubles que lui. Une étrange complicité se noue entre les deux enfants. Mais pourquoi Eli est-elle si maigre ? Pourquoi n’a-t-elle jamais froid alors qu’il neige ? Pourquoi les fenêtres de son appartement sont-elles obstruées en permanence ? Mais surtout, qui ou quoi est responsable de cette vague de meurtres et d’agressions qui s’abat sur ce coin tranquille ?

Avis : « Let the right one in » a donné lieu en 2008 à une adaptation cinématographique en Suède et en 2010 aux US. Je n’étais pas allé voir le film quand il est sorti en France sous le titre « Morse » (trop trouillarde) mais j’avais découvert qu’il s’agissait d’un livre. A l’époque, il n’y avait pas de traduction française du suédois, j’avais donc opté pour l’édition anglaise. La version française est parue l'année dernière aux éditions SW Télémaque.
« Let the right one in » est avant tout un roman d’atmosphère. Oui, c’est une histoire de… suspens… vampire, mais à part quelques scènes « chocs » - j'imagine ce que doit donner au ciné la scène où Eli sort de sa baignoire de sang - l’ambiance est assez lente et soft. Lente et soft MAIS... c’est un roman qui distille un certain malaise. En effet, les personnages ont tous une sorte de force de vie incroyable mais leur environnement est loin d’être idéale / rose. Chômage, divorce, alcoolisme, voire même pédophilie, sont autant de thèmes abordés. Il y a d'ailleurs deux ou trois moments extrêmement glauques et pénibles à lire.... Oskar n’a que 12 ans mais il est très lucide sur le monde des adultes. Les moments passés avec son père sont particulièrement frappants : c’est lui l’adulte, celui qui garde toute sa tête pendant que son père boit avec un ami jusqu’à plus soif. Mais Oskar est aussi un petit garçon fasciné par les tueurs en série qui garde les coupures de journaux sur tous les crimes atroces possibles dans une boîte cachée sous son lit.
On attend avec impatience chaque apparition d’Eli, pour voir comment sa relation avec Oskar va évoluer. J’ai dévoré ce livre car je voulais voir ce qu’il allait arriver à Oskar, sachant que d’être ami avec un vampire n’est pas sans conséquences mais aussi parce que j'espérais que le rythme allait un peu s'accélérer. J’avoue aussi avoir été « soulagée » une fois la couverture refermée. Peut-être un peu trop noir à mon goût… La fin, que je n’ai pas vu venir, laisse une porte ouverte dans l’histoire.

Editions Quercus, 2009, 519 p.

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