jeudi 14 juillet 2011

"The Time Machine" de H. G. Wells


Résumé : Le narrateur est invité, avec d'autres personnages - un journaliste, un homme de science, etc.- dans la maison de celui qu'il appelle "The Time Traveller". Au cours du dîner, celui-ci soutient qu'il a inventé une machine permettant de voyager dans le temps. Grâce à une version miniature de l'appareil, il leur fait une démonstration au cours de laquelle l'objet disparaît sous leur yeux. Mais aucun des hommes présents ne croit le Time Traveller. Une semaine passe et le narrateur se rend à nouveau dans la maison du scientifique, avec un autre groupe d'invités. L'hôte tarde à arriver mais quand il le fait, c'est amaigri, hagard et blessé. Il dit revenir du futur, de l'année 802 701 plus précisément et entreprend de raconter ce qu'il a vu. 
L'espèce humaine vit dans une sorte de jardin d'Eden, en harmonie avec la nature. Les personnes que le Time Traveller croise semblent agir comme des êtres peu évolués, se réjouissant de tout, passant leurs journées à ramasser des fleurs et à se baigner. Tous sont habillés pareil et se ressemblent, personne ne travaille. Mais notre voyageur du futur (passé ?) ne tarde pas à se rendre compte qu'une seconde espèce cohabite avec la première, évoluant dans le noir et dans les souterrains de ce monde, se nourrissant de la chair de cadavres. Pour compliquer la chose, sa machine disparaît de l'endroit où il l'a laissée. Commence alors des journées d'angoisse pour la retrouver.

Avis : De H.G. Wells, je n'avais lu que "L'île du Docteur Moreau" et j'en avais gardé un bon souvenir. Le défi steampunk était donc l'occasion d'explorer un peu plus l'univers de cet auteur.
Classique s'il en est de la science fiction, premier roman de H.G. Wells datant de 1893, "The Time Machine" parle de ce que tout scientifique rêve de pouvoir faire : voyager dans le temps. Le Time Traveller (TT) choisit d'aller explorer le futur afin de voir ce qu'il advient de l'espèce humaine et de ses inventions mais ce qu'il découvre le laisse perplexe.  La plupart des romans de science fiction ou d'anticipation ont une vision sombre du futur (les derniers en date que j'ai lus sont "Uglies" / "Pretties" / "Specials" de Scott Westerfeld). Je pense aussi aux films, comme Blade Runner, Le cinquième élément, Equilibrium, Total Recall, etc. avec leurs univers urbains et saturés. Même si "The Time Machine" décrit un environnement à première vue paradisiaque et non pas rempli de fumée et d'usines, il ne coupe pas à la règle. En 802 701, même si l'Angleterre s'est visiblement transformée en vaste jardin et que la nature a pris le dessus, l'Homme a dégénéré en 2 espèces qui s'évitent, aucune activité intellectuelle ne semble exister. Il n'y a pas d'industrie, pas de commerce, pas de système politique. Les êtres qui vivent en surface ne semblent pas doués d'empathie puisqu'ils regardent l'un des leurs couler sans réaction. Evidemment, il faut replacer ce livre dans son contexte d'écriture : il date de 1893, époque imprégnée des théories de l'évolution de Darwin et de progrès industriels. Mais l'avenir de l'humanité apparaît vraiment désolant. Personnellement, je préfère les visions moins apocalyptiques. Je pense notamment à celle de Retour vers le futur 2 (c'est pas top intellectuel comme référence, mais j'assume). Heureusement, petite lueur d'espoir : le TT sauve une des créatures d'une mort certaine et elle se prend alors d'affection pour lui et le suit partout. Même "amoindri", l'Homme conserve le sentiment de gratitude et offre son amitié. OUF ! On respire.
Ce livre est pour moi de la science-fiction avant tout, mais parsemé de steampunk. Le rapport avec le genre steampunk tient principalement dans la machine que le TT utilise, parce que sans tuyauterie, pas de voyage temporel, n'est-ce pas ? Même si elle n'est pas beaucoup décrite et reste très mystérieuse, on sait qu'il y a du quartz rose, du cuivre et de l'étain, de l'ivoire, un siège et des manettes, des cadrans avec des aiguilles, mais c'est tout. Le reste est laissé à l'imagination du lecteur. On se doute aussi que sous la terre, en 802 701 se tient une machinerie géante, faite de souffleries.
Le cinéma s'est emparé de ce thème porteur et de nombreuses adaptations ont vu le jour, la dernière datant de 2002, avec Guy Pierce (Memento, L.A. Confidential). J'espère bien trouver la version d'origine (1960) qui a l'air bien kitsh et qui je suis sûre figure dans la bible "Ze Craignos Monsters" - à vérifier !
Pour ce qui est du style,  l'anglais n'est pas forcément très accessible, notamment à cause de certaines tournures de phrases très littéraires. Mais de nombreuses traductions en français existent, le titre étant "La machine à explorer le temps" (non non, l'anglais n'est pas du tout une langue synthétique...).

Signet Classics, 289 p., 2007 (édition avec "The Invisible Man" à la suite)

Ce livre a été lu dans le cadre du défi Steampunk organisé par Lord Orkan.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire