lundi 26 décembre 2011

"The traitor and the tunnel" de Y.S. Lee


Résumé : Mary Quinn se voit confier une nouvelle mission : découvrir qui se cache derrière les vols d'objets qui ont lieu dans les salons de Buckingham Palace. Déguisée en femme de chambre, elle intègre donc le service de la reine Victoria. Mais cette enquête qui n'a pas l'air très difficile se complique pour le moins quand un ami du Prince de Galles se fait assassiner dans des conditions scandaleuses par un marginal portant le même nom que le père de la jeune fille. Sans oublier le fait que c'est l'entreprise de James Easton, le charmant jeune homme avec qui Mary a déjà eu maille à partir, qui est chargé des travaux de rénovation du système d'égouts passant sous le palais. Et à l'Agence, rien ne va plus, Anne et Felicity n'étant plus d'accord quant à son mode de fonctionnement.

Avis : Ce 3ème volet des aventures de Mary et de l'Agency n'est pas encore sorti en France. Rien de passionnant dans ce volume et je dirais même qu'on frôle parfois le ridicule. L'histoire personnelle de Mary progresse d'un coup mais d'une façon tellement tirée par les cheveux qu'on a du mal à être contente pour elle. Un peu comme dans le 1er tome où elle retrouvait par hasard le médaillon de son père et la boîte contenant des documents. L'auteur fait beaucoup trop de raccourcis. Sachant qu'elle allait développer son histoire en plusieurs livres, elle aurait peut-être pu amener les choses de manière progressive.
Le point les plus négatif pour moi concerne le traitement qui est réservé aux membres de la famille royale. SPOILERS : le fait de voir descendre la reine Victoria dans les égouts m'a sidérée, j'ai trouvé cela complètement grotesque. Et le fait que le Prince de Galles soit à deux doigts de violer Mary est tout aussi inutile et n'apporte vraiment rien à l'histoire SPOILERS. Je trouve qu'il faut marcher sur des oeufs quand on convoque des personnages ayant réellement existés, tout du moins des personnages sur lesquels on est bien documentés.
J'ai bien aimé en revanche la description de la vie du personnel de Buckingham même si c'est un peu rapide. J'aurais aimé en apprendre un peu plus sur le recrutement, les différents échelons, les tâches de chacun, etc.
Détail intéressant, The Agency touche à sa fin par mésentente entre ses deux fondatrices, l'une voulant l'ouvrir à un recrutement d'agents masculins et lui donner plus d'ampleur, l'autre voulant la maintenir en l'état. Le choix de Mary quant à qui elle va suivre promet un 4ème tome, sans aucun doute. James Easton retrouve de son panache après avoir été sacrément affaibli par le paludisme dans "Le crime de l'horloge". Bien évidemment, lui et Mary sont encore obligés de collaborer, pour leur plus grands plaisir (malgré leurs protestations).
Bref, l'idée de base de cette série de romans est vraiment bien (Londres victorien, agence de femmes espionnes, héroine attachante) mais trop d'éléments tombés comme des cheveux sur la soupe gâchent un peu le plaisir. Je m'étais dit que j'arrêterais de lire la série après le tome 2 et j'aurais mieux fait de m'écouter...

Roman lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou, Titine et Cryssilda.



MAJ du 09/12/2012 : La sortie de ce tome en français est prévue pour mars 2013. http://www.nathan.fr/catalogue/fiche-produit.asp?ean13=9782092524237 (comme visiblement beaucoup l'attendent, en attestent les mots-clés de recherche qui mènent sur mon blog ;o) )


Walker Books, 375 p., 2011.

jeudi 15 décembre 2011

"La Maison de soie" d'Anthony Horowitz


Résumé : Londres, 1890. Le riche marchand d'art Edmund Castairs réalise que depuis son retour des Etats-Unis, il est suivi par un homme qu'il pensait mort. Il se tourne alors vers Sherlock Holmes pour l'aider. La présence du detective devient d'autant plus évidente que Castairs est victime d'un cambriolage. Mais alors que Sherlock Holmes et son comparse, le Docteur Watson, remontent la piste du voleur, ils mettent le pied dans un véritable panier de crabe. Petit à petit, ils découvrent qu'un véritable scandale risque d'éclabousser toute la société victorienne. Ils deviennent dès lors les hommes à abattre. Les cadavres se multiplient autour d'eux, tout comme ces étranges rubans de soie blanche.

Avis : Il s'agit pour moi d'un très bon roman policier, et je dirais même d'un très bon Sherlock Holmes. Anthony Horowitz, écrivain pour la jeunesse à qui l'on doit notamment la série des Alex Rider, a été mandaté par les ayants-droit de Sir Arthur Conan Doyle pour faire revivre le personnage du célèbre détective anglais. Sur la couverture du roman, on trouve le sceau "Conan Doyle estate LTD". L'idée de départ est que cette enquête, consignée par le Dr Watson, serait restée cachée pendant 100 ans pour éviter que le contenu, trop compromettant, soit révélé. Et ça marche très très bien !
On voit qu'Anthony Horowitz a essayé d'imiter le style de Conan Doyle et s'y laisserait presque prendre. L'histoire en elle-même est assez classique même si relativement alambiquée. Le thème n'est pas très réjouissant. Sans trop en dévoiler, on parle beaucoup de fumeries d'opium dans les bas-fonds londonniens. De nombreuses références aux précédentes aventures de nos deux enquêteurs parsèment l'ouvrage. On devine même l'ombre du professeur Moriarty et Lestrade n'est jamais bien loin. Je regrette juste un peu que beaucoup de choses reposent sur l'intuition et la déduction de Holmes. Impossible de deviner quoi que ce soit. Le pauvre Docteur Watson, qui pourtant a ici un rôle capital, a tendance à se rabaisser. Le détective est décrit sans fard, lorgnant en permanence vers ses piqûres de cocaïne.
L'édition que j'ai lue est une édition jeunesse et la sortie du livre a été faite simultanément chez Calmann-Levy, en édition adulte. Je m'interroge un peu sur la pertinence de tout ça... D'autant plus que la couverture n'a rien de "jeunesse".

J'ai lu ce roman dans le cadre du mois anglais organisé par Lou, Cryssilda et Titine.




Hachette jeunesse, 353 p., novembre 2011.

samedi 3 décembre 2011

"The invention of Hugo Cabret" de Brian Selznick


Résumé : Paris, 1931. Hugo est un jeune garçon orphelin qui a été recueilli par son oncle à la mort de son père. Il arrête l'école et apprend le métier d'horloger. En effet, c'est son oncle qui est chargé de mettre à l'heure toutes les horloges d'une gare. La vie n'est pas facile pour Hugo, qui n'a ni affection, ni amis. Mais son père, qui travaillait dans un musée d'automates, lui a légué un carnet de croquis avec notamment les croquis de l'homme - automate qu'il cherchait à réparer avant de mourir. Hugo a réussi à le récupérer et à le ramener chez lui. C'est son obsession de le remettre en état. Quand l'oncle du garçon disparaît, Hugo doit apprendre à vivre seul, en volant dans les boutiques de la gare pour survivre. Celle dans laquelle il vole le plus est une boutique de jouets mécaniques. En effet, il a besoin de pièces pour réparer l'automate. Malheureusement, trop sûr de lui, il se fait prendre la main dans le sac par le propriétaire du magasin. Les ennuis commencent.

Avis : Vu le nombre d'affiches qui annoncent la sortie du film de Martin Scorsese , impossible de résister au livre quand je l'ai vu à la médiathèque, en anglais en plus. Personnellement, l'histoire en elle-même ne pas spécialement intéressée. Le côté conte de fée est très présent, malgré l'absence de surnaturel, parce qu'on suit un jeune garçon dont le voeux le plus cher est de réparer son automate à forme humaine. Parce que ce jeune garçon va rencontrer des gens qui vont l'aider, des gens qui vont l'empêcher d'avancer dans sa quête. Parce que des objets sont essentiels pour avancer : une clé, un dessin mystérieux, des rouages de jouet. Parce que c'est un peu rocambolesque et parce que ça se finit bien.
Je pense que j'ai eu du mal à rentrer dans ce conte à cause du style d'écriture. Les phrases sont toutes trop courtes, du style sujet - verbe - complément avec un adjectif à chaque fois pour tout décrire. J'ai eu l'impression de lire un scénario avec des indications pour chaque plan, pas un roman. Il s'agit aussi d'un hommage à Georges Méliès, un des premiers cinéastes mais là encore, ça ne m'a pas spécialement donné envie d'en apprendre plus sur ce personnage.
L'intérêt principal de ce livre réside dans l'objet livre en lui même. En effet, l'originalité vient du fait que les 3/4 de l'histoire sont racontées à travers des dessins au fusain absolument magnifiques.
Voici quelques exemples :



Les illustrations participent pleinement à l'histoire.
Et du coup, le lecture des 534 pages se fait très rapidement !
Bref, un très beau livre, mais pas un coup de coeur. 

Scholastic, 534 p., 2007.