dimanche 22 janvier 2012

"Mansfield Park" de Jane Austen



Résumé : Fanny Price, nièce désargentée de Sir Thomas, est receuillie chez son oncle à l'âge de 10 ans pour être élevée dans un environnement plus favorable. La jeune fille grandit au milieu de ses cousins, mais toujours très consciente de son rang et de la place qu'elle occupe dans sa famille d'accueil. Elle finit par rentrer dans le rôle de dame de compagnie pour ses deux tantes et mène une existence tranquille bien que solitaire. L'équilibre qui règne à Mansfield Park est cependant remis en cause par deux évènements : le départ de son oncle pour Antigua ainsi que l'arrivée dans le voisinage d'Henry et Mary Crawford. Ce frère et cette soeur vont bouleverser les habitudes de la maison et faire ressortir les vraies personnalités de chacun. Alors que toute la maisonnée est sous leur charme, seule Fanny reste sur ses gardes, ce qui l'éloigne un peu plus de tout le monde. 

Avis : Pas de doute, on est bien dans un roman de Jane Austen où l'humilité et la vertu triomphent à la fin. L'héroïne est cependant légèrement différente des Miss Benett et autres Miss Dashwood. En effet, Fanny est d'un caractère beaucoup plus réservé, voire effacé, ce qui parfois rend difficile tout élan de sympathie de la part du lecteur. J'ai souvent eu envie de la secouer par les épaules en lui criant "Mais affirme-toi, bon sang de bois !!"... avant de me rappeler qu'à cette époque, les bonnes manières et la bienséance obligeaient à supporter les insultes en silence et avec le sourire. Malgré tout, Fanny ne témoigne pas d'une grande force de caractère. Par contre, elle est dotée d'un grand sens moral et d'une certaine constance qui font qu'elle seule ne se laisse pas impressionner par la fratrie Crawford.
Fanny est à la merci de sa tante, l'antipathique Mrs Norris, qui passe son temps à lui rappeler la chance qu'elle a d'être sortie de sa misérable condition et qu'elle traite comme sa bonne. Mrs Norris cherche par tous les moyens à empêcher Fanny de prendre part à toute activité sociale avec des jeunes de son âge. Quand ses cousines sortent ou vont au bal, Fanny doit rester tenir compagnie à ses tantes. Jamais elle ne se plaint, d'ailleurs. Mrs Norris est de ces personnages qu'on adore détester : pimbèche à souhait et bourrée de mauvaise foi.
La vie de la bourgeoisie à la campagne est toujours aussi bien décrite, avec les inviations à déjeuner, à souper, les bals, les sorties en calèches, etc. Mansfield Park apparaît comme une demeure sompteuse.
Je regrette un peu que les sentiments que Fanny nourrit à l'encontre de son cousin Edmund ne soient pas plus clairement exprimés. Parce que même si on sent bien que lui seul trouve grâce à ses yeux, les termes utilisés sont ceux du respect et de l'admiration, mais pas ceux de sentiments plus profonds. Du coup, la fin tombe un peu à plat, aucun enthousiasme de ma part. J'aurais aimé aussi en lire un peu plus sur William, son frère avec qui elle est si proche et qui ne traverse le roman que par petites touches.
Un bon moment de lecture (ah, ce style... soupir...) mais que je ne place pas en tête de mes préférés de Jane Austen.

Penguin classics, 507 p.2003. Très belle édition, beaucoup de renvois explicatifs !

1 commentaire:

  1. ahh l'un de mes romans préférés, sinon le meilleur (qui peut rivaliser avec Orgueil et préjugés ?).

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