dimanche 26 février 2012

"Les arcanes du Midi-Minuit t8 : L'affaire Trinski" de Jean- Charles Gaudin et Cyril Trichet



Résumé : Trinski, commandant en chef des armées provoque un coup d'état et s'empare du pouvoir dans une province toute proche de York City. Le Bureau Royal y voit une menace ainsi qu'une tentative de déstabilisation. D'autant plus que Trinski plonge la région dans la terreur, ce qui précipite la population dans une guerre civile. Beltran est dépêché sur place pour une approche diplomatique mais en parallèle, Jim Mc Kalan / Jenna pénêtrent sur le territoire pour une mission secrète.

Avis : J'ai acheté ce tome sans me poser de question sur l'histoire étant donné que j'avais bien aimé la série jusque-là et j'avoue que j'ai été déçue. Pas par les dessins qui me plaisent toujours autant mais par la tonalité et le scénario. Rien à voir avec ce qui était fait précédemment. Point de steampunk, point d'enquête policière, on est en plein dans du politique. On sort même du cadre urbain qui faisait le charme des autres tomes. L'introduction du personnage du Découpeur n'est pour moi qu'une tentative d'ajouter un peu de mystère à l'intrigue qui n'est pas parvenue à retenir mon attention. Le dénouement quant à Trinsky ne m'a pas convaincue non plus.
Bref, un fléchissement dans la série mais au bout de 8 tomes, je suis prête à pardonner. Je feuilletterai quand même le prochain tome avant de me jeter dessus sans réfléchir. Chat échaudé craint l'eau froide. Je vous conseille plutôt "L'affaire colossos" (t3) et "L'affaire du Oungan" (t4) qui m'avaient particulièrement plu.




Soleil, 47 p., 2011.

samedi 18 février 2012

"Les étranges soeurs Wilcox T1 : Les vampires de Londres" de Fabrice Colin



Résumé : Londres, 1888. Amber et Luna Wilcox se réveillent dans leur cercueil, visiblement enterrées vivantes. Comment les deux jeunes filles se sont-elles retrouvées là ? Pourquoi ne reste-t-il que des ruines de leur maison ? Et surtout, d'où leur vient cette faim incontrôlable qui les pousse à vouloir du sang ? A la recherche de la vérité, les deux adolescentes vont croiser la route de Sherlock Holmes, de Jack l'Eventreur et de la société des Invisibles qui va les prendre sous son aile.

Avis : Fabrice Colin est un habitué des romans jeunesse ("Projet Oxatan", "Bal de givre à New-York", "La saga des Mendelson"...). Le voilà qui s'est lancé sur le thème bien à la mode des vampires. "Les vampires de Londres" est le premier volet d'une saga qui en compte trois à ce jour. Dès le début du roman, nous faisons connaissance dans des circonstances pour le moins étranges avec les soeurs Wilcox, Amber et Luna, qui se dégagent tant bien que mal du cercueil qui les retient prisonnières. On comprend très vite que quelque chose ne tourne pas rond chez elles, notamment parce que leur force est surhumaine et qu'elles arrivent à voir une aura autour des gens. Le clou est enfoncé quand elles se précipent sur un rat pour boire son sang. Nous les accompagnons donc dans leur quête de vérité : comment en sont-elles arrivées là ? Où leur père et leur belle-mère ont-ils disparu ?
Elles croisent la route de "gentils", les Invisibles, qui sont en quelques sorte des vampires qui ont perdu leurs caractéristiques. Fabrice Colin introduit une nouvelle mythologie sur ces créatures de la nuit, avec deux familles qui se "côtoient", les Drakul, déscendants directs de Dracula, et les Nosferatu.
J'ai trouvé ça un peu compliqué de prime abord, notamment parce que beaucoup de personnages font leur apparition. J'ai aussi trouvé que l'auteur en faisait un peu trop car au lieu de s'arrêter aux vampires, il crée également tout un tas d'autres monstres (goûles, griffons et compagnie) sans que cela apporte quoi que ce soit à l'histoire. Ces créatures restent anecdotiques.
Mais ce qui m'a surtout gênée, c'est finalement le personnage d'Amber, l'aînée des Wilcox. Rien pour la rattraper, rien pour se raccrocher à elle :  elle passe juste pour une pimbêche qui n'en fait qu'à sa tête. Difficile de l'apprécier où de vibrer avec elle dans ses escapades nocturnes. Sa soeur Luna m'a paru plus intéressante parce que plus nuancée.
Heureusement, il n'y a pas que des points négatifs ! Il y a même de très bonnes trouvailles. Le personnage de Sherlock Holmes ne tombe pas du tout comme un cheveux sur la soupe et apporte vraiment quelque chose à l'histoire. Je suis d'ailleurs curieuse de savoir ce qu'il va advenir de Watson...
L'explication pour Jack l'Eventreur tient bien la route et je regrette juste qu'on n'ait pas vu plus de ce personnage mythique du Londres victorien. Ca aurait été l'occasion de quelques frissons supplémentaires.
Ce livre a aussi le mérite de ce lire très vite grace à une écriture fluide.
Je ne suis pas sûre de me précipiter sur la suite mais à l'occasion d'une escapade à la BM, pourquoi pas...

Gallimard jeunesse, 283 p., 2009.

mercredi 1 février 2012

"Les Belles Endormies" de Yasunari Kawabata


Résumé : le vieil Eguchi se rend sur les conseils d'un ami à la maison des "Belles Endormies". Exclusivement réservé aux vieillards, cet établissement possède une étrange particularité. En effet, ceux qui s'y rendent achètent la compagnie d'une jeune fille endormie sous l'effet d'un puissant narcotique. Complètement coupées de ce qui se passe dans la chambre, les occupantes n'ont aucun souvenir de leur nuit. D'abord repoussé, Eguchi finit par revenir dans cette maison. Une fois, puis deux, puis trois.

Avis : Voici une lecture très étrange, d'une part parce que cette "maison de plaisir" n'a absolument rien de conventionnel, mais également parce qu'Eguchi est un personnage singulier. La compagnie de ces jeunes filles endormies commence par le heurter. En effet, le vieil homme se sent encore viril et ne supporte pas d'être comparé aux autres visiteurs qui ne représentent aucun danger pour les demoiselles. Mais petit à petit, le fait de se retrouver contre des corps jeunes et incapables de réactions va faire émerger en lui des souvenirs qu'il pensait enfouis : souvenir des ses premières amours, de maîtresses qui ont traversé sa vie, mais aussi souvenir familiaux avec notamment l'évocation de ses filles.
J'ai eu du mal à comprendre Eguchi, qui tout d'abord ne cesse de provoquer verbalement la tenancière du lieu. Pourquoi s'en prendre à elle ? Parce qu'il n'assume pas ce choix de venir ? Mais aussi parce que cette situation inédite ne cesse de réveiller en lui des pulsions, notamment des pulsions de mort. Plusieurs fois, il pense étrangler une des filles pour voir quelle conséquence cela pourrait avoir.
Ce que j'ai apprécié, c'est finalement l'originalité du lieu qui malgré sa fonction érotique pour les vieux messieurs ne donne pas l'impression d'être un bouge infâme, mais plutôt un lieu de retraite (au sens "retraite spirituelle").
Le style de l'ouvrage est relativement lent car il s'agit avant tout de moments d'introspection. J'ai mis pas mal de temps à finir ce roman qui pourtant n'a qu'une centaine de pages.
Je ne regrette pas d'avoir lu ce classique de la littérature japonaise mais je ne peux m'empêcher de penser que je suis passée à côté de sa philosophie....

Le Livre de Poche, 124 p., 1982