mercredi 1 février 2012

"Les Belles Endormies" de Yasunari Kawabata


Résumé : le vieil Eguchi se rend sur les conseils d'un ami à la maison des "Belles Endormies". Exclusivement réservé aux vieillards, cet établissement possède une étrange particularité. En effet, ceux qui s'y rendent achètent la compagnie d'une jeune fille endormie sous l'effet d'un puissant narcotique. Complètement coupées de ce qui se passe dans la chambre, les occupantes n'ont aucun souvenir de leur nuit. D'abord repoussé, Eguchi finit par revenir dans cette maison. Une fois, puis deux, puis trois.

Avis : Voici une lecture très étrange, d'une part parce que cette "maison de plaisir" n'a absolument rien de conventionnel, mais également parce qu'Eguchi est un personnage singulier. La compagnie de ces jeunes filles endormies commence par le heurter. En effet, le vieil homme se sent encore viril et ne supporte pas d'être comparé aux autres visiteurs qui ne représentent aucun danger pour les demoiselles. Mais petit à petit, le fait de se retrouver contre des corps jeunes et incapables de réactions va faire émerger en lui des souvenirs qu'il pensait enfouis : souvenir des ses premières amours, de maîtresses qui ont traversé sa vie, mais aussi souvenir familiaux avec notamment l'évocation de ses filles.
J'ai eu du mal à comprendre Eguchi, qui tout d'abord ne cesse de provoquer verbalement la tenancière du lieu. Pourquoi s'en prendre à elle ? Parce qu'il n'assume pas ce choix de venir ? Mais aussi parce que cette situation inédite ne cesse de réveiller en lui des pulsions, notamment des pulsions de mort. Plusieurs fois, il pense étrangler une des filles pour voir quelle conséquence cela pourrait avoir.
Ce que j'ai apprécié, c'est finalement l'originalité du lieu qui malgré sa fonction érotique pour les vieux messieurs ne donne pas l'impression d'être un bouge infâme, mais plutôt un lieu de retraite (au sens "retraite spirituelle").
Le style de l'ouvrage est relativement lent car il s'agit avant tout de moments d'introspection. J'ai mis pas mal de temps à finir ce roman qui pourtant n'a qu'une centaine de pages.
Je ne regrette pas d'avoir lu ce classique de la littérature japonaise mais je ne peux m'empêcher de penser que je suis passée à côté de sa philosophie....

Le Livre de Poche, 124 p., 1982

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