jeudi 10 mai 2012

"The help" de Kathryn Stockett


Résumé : Nous sommes en 1962, à Jackson, ville du Mississippi. Les riches familles de blancs font appel à des nounous /  femmes de ménage de la communauté noire pour s'occuper de leurs maisons et de leurs enfants. Les deux communautés ne se mélangent pas, se côtoient mais s'évitent au maximum. Miss Skeeter, fille d'un propiétaire d'une exploitation de coton revient vivre chez ses parents après 4 ans passés à la fac. Elle s'étonne de ne pas retrouver sa bonne Constantine, qui l'a élevée et qui travaille depuis 29 ans dans la famille. Quand elle décroche son premier job au journal local, c'est la panique. En effet, elle doit s'occuper d'une rubrique de questions / réponses sur les tâches ménagères, ce qu'elle est bien loin de maîtriser. Elle décide alors de demander de l'aide à Aibileen, la nounou / femme de ménage d'une de ses amies. Leurs échanges vont avoir des conséquences que ni l'une ni l'autre n'auraient pu soupçonner. 

Avis : J'ai un train de retard sur celui-là, j'ai l'impression que toute la blogosphère l'a déjà lu ! J'ai d'ailleurs vu passer pas mal d'avis assez tranchés, surtout des reproches concernant l'excès de bons sentiments. J'ai même entendu une prof de français dire que c'était de la littérature de gare point de vu style. Bref, un succès incontestable en librairie mais qui n'a pas l'air de faire l'unanimité malgré tout. J'avais envie de lire ce livre quand on a commencé à en parler en France et c'est Mrs Pepys qui a eu la bonne idée de me l'offrir lors du swap "Chocolat et cinéma".
Je l'ai dévoré d'une traite, notamment parce qu'il se lit vraiment très bien. Il n'a pas été facile au départ de rentrer dans le langage parlé de Minny et Aibileen, mais une fois qu'on passe un ou deux chapitres, on s'y fait. J'ai justement beaucoup aimé l'alternance des trois points de vue, qui donnent une vision plus globale de la situation. 
Pour le côté bons sentiments, je n'ai pas spécialement trouvé qu'il y en avait tant que ça. Skeeter, qui est à l'initiative du livre dans le livre (si j'ose dire), le fait avant tout parce qu'elle veut un poste à New York dans l'édition et qu'il lui faut un sujet percutant. Pas par grandeur d'âme ou par charité. En plus, ayant passé 4 ans dans une fac à 200 km de Jackson, en circuit fermé, elle n'a pas toujours idée des conséquences de ses actes et de la gravité de la situation. On voit bien d'ailleurs comment tout l'Etat du Mississippi est complètement isolé par rapport au reste des US. Des nouvelles arrivent de Washington et de Californie, mais c'est comme si les messages passaient à travers une sourdine. J'ai été plutôt étonnée du fait que Skeeter, voulant devenir journaliste, ne soit pas plus au courant de ce qu'il se passe sans son pays... En plus, la fin n'est pas spectaculaire, dans le sens où il n'y a pas un revirement complet des mentalité et où tout le monde découvre qu'il faut s'aimer les uns les autres. Seules quelques timides avancés ont lieu.
On a du mal à croire à la lecture de ce roman choral qu'il se déroule dans les années 60, c'est à dire il y a 50 ans... On a l'impression d'être deux siècles en arrière. La place de la communauté noire est bien abordée, notamment dans la description des différents quartiers qui leur sont "réservés", la solidarité face aux mesquineries des employeurs.
Il y a quelques personnages caricaturaux, notamment Miss Hilly qu'on adore détester et qui représente ce qu'il y a de pire dans la communauté blanche : égocentrée, méprisante et raciste, son apparition canalyse forcément la haine du lecteur. J'ai trouvé aussi Miss Célia n'apportait pas franchement grand chose à l'histoire, en tout cas ce personnage n'est pas assez exploité. J'aurais bien aimé qu'elle croise Skeeter.
C'est une lecture qui a été vraiment plaisante en ce qui me concerne. Maintenant, je pense qu'elle aura plus de raisonnance de l'autre côté de l'Atlantique.

Penguin, 449 p., 2011.

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