mardi 31 juillet 2012

"Le Faucon et l'Hirondelle" de Boris Akounine


Résumé : Nicholas Fandorine se trouve dans une situation bien inconfortable. Sa riche et excentrique tante anglaise, Cynthia, le convie à une croisière dans les Antilles sur un bateau de luxe, le Faucon. Plutôt rétissant à l'idée de se trouver coincé avec cette embarrassante vieille dame, il finit pas céder, poussé par sa femme qui louche depuis toujours sur l'héritage. Mais Nicholas n'est pas au bout de ses surprises. Cynthia n'a pas l'intention de le laisser lézarder au bord de la piscine. Elle lui remet rapidement une énigmatique lettre datant du XVIIIème siècle et signé d'un certain "Epine". Dans cette lettre, outre une mystérieuse comptine, il est question d'un trésor pirate. La curiosité légendaire de Nicholas prend le pas sur tout et les voilà partis sur les traces de la mystérieuse île "S-M" et des coffres remplis d'or. Mais d'où vient donc ce drôle de perroquet qui ne quitte plus l'épaule de Nicholas ?

Avis : Je suis une fan incontestée de la série policière des "Eraste Pétovitch Fandorine" de Boris Akounine, qui se passe dans la Russie du XIXème. Je n'avais encore rien lu de cette série contemporaine qui met en scène Nicholas, le descendant d'Eraste. Je n'ai pas hésité à commencer par le dernier paru, ce qui n'est certes pas logique, mais qui présentait le thème idéal pour une lecture d'été : chasse au trésor et histoire de pirates.
Le roman peut se découper en trois parties. La première, qui se déroule à notre époque, met en place l'intrigue et les personnages, la deuxième et la plus longue du roman nous emmène au XVIIIème siècle, dans les pas du mystérieux "Epine" qui embarque sur le bateau L'Hirondelle, et enfin, la dernière partie, qui nous ramène auprès de Nicholas.
Point original, toute la deuxième partie est racontée du point de vue d'un perroquet particulièrement intelligent et philosophe, qui nous raconte tout ce qu'il se passe en nous donnant son avis sur le déroulé des faits et sur les personnages. Un volatile intelligent, c'est un parti pris de l'auteur, mais finalement, tout fonctionne très bien.
On est plongé dans l'atmosphère d'un bateau corsaire, avec description de l'équipage, de la vie à bord et des problèmes du quotidien pouvant surgir sur un bateau. A cette occasion, il convient de rappeler la différence entre corsaires et pirates. Les pirates n'ont ni Dieu ni maître, abordent les bateaux et les pillent afin de se constituer un butin. Ils battent pavillon pirate. Les corsaires sont quant à eux à la solde d'un Etat, qui les autorise à aborder les bateaux des puissances ennemies, sous réserve qu'un tiers du montant des prises soit reversé à la couronne. Il y avait d'ailleurs à bord un scribe royal qui notait scrupuleusement le détail de chaque prise. Un autre tiers allait au capitaine et le dernier tiers à l'équipage.
On en apprend aussi pas mal sur la médecine de l'époque et les problèmes de santé courants pouvant survenir sur un bateau prenant la mer pendant longtemps : scorbut, mal espagnol, etc.
Nous faisons donc la connaissance du capitaine Desessars, qui rêve d'êtrre anobli, de Larry Hogan, le second Irlandais bien bavard, de la Tique, de la Fouine, du père la Mie, de Lucien Epine, médecin du bord qui n'est pas du tout celui qu'on croit. Pour ce dernier, sans trop dévoiler l'intrigue, je dirai simplement qu'il s'agit en fait d'une jeune fille, Laetitia Von Dorn, déguisée en garçon, qui embarque dans un but très précis.
La deuxième partie est la plus intéressante et à la limite, je me serais contenté d'une histoire de corsaire du début à la fin. Même si Nicholas et sa tante sont fort sympathiques, Laetitia m'a plus enthousiasmée comme héroïne. Elle est volontaire et courageuse tout en gardant une part de naïveté jusqu'à la fin. Mention spéciale également à la scène de bataille maritime qui oppose Lord Grey et trois navires espagnols. On a l'impression de sentir l'odeur de poudre dans l'air !
En résumé, il s'agit d'un très bon moment de lecture, très divertissant, qui tombe à pic en cette période estivale. Les îles des Antilles avec de l'eau turquoise, ça fait rêver !! Et si jamais un beau perroquet noire à crête rouge se pose sur votre épaule, ne le chassez pas, on ne sait jamais...

Presses de la Cité, 574 p., 2011.

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