lundi 15 octobre 2012

"Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison" d'Arto Paasilinna



Résumé : Une fois n'est pas coutume, je reprends la 4ème de couverture qui fait très bien son travail.
"L'inspecteur principal Jalmari Jyllänketo est envoyé par la Sécurité nationale finlandaise dans l'ouest de la Laponie. Alors que des rumeurs font état de mystérieuses disparitions, il doit enquêter sur un ancien kolkhoze reconverti en une florissante exploitation agricole : les mines de fer sont devenues des champignonnières ; les terres marécageuses, des potagers bio. Accueilli par la jolie fille de la patronne, Jalmari Jyllänketo ne trouve d'abord rien qui justifie la suspicion des autorités, avant de s'étonner des importantes mesures de sécurité et de la mine patibulaire des ouvriers... Que cachent l'Etang aux Rennes et sa mystérieuse propriétaire ?"

Avis : Je n'avais lu qu'un ouvrage d'Arto Paasilinna et j'ai eu envie d'en découvrir d'autres de cet auteur prolixe. J'ai hésité avec Petits suicides entre amis et finalement, mon choix s'est porté sur le potager.
Amoureux de la nature et des grands espaces, ce livre est fait pour vous. Il s'agit d'une fable écologique sur la nature, l'envie de vivre sainement et de peu de choses. L'Etang aux Rennes est une exploitation agricole biologique, perdue entre fjörd et montagne, où les employés travaillent en autarcie. On y respire le bon air et on mange la production locale. L'accent est vraiment mis sur l'environnement de l'Etang et le fait qu'il y fait bon vivre et travailler.
Mais il s'agit aussi d'une pseudo-enquête policière. J'utilise volontairement "pseudo" car la vraie nature des activités de l'Etang est vite découverte par Jyllänketo. Ce qui est intéressant, c'est de voir à quel point cet homme intègre de la Sécurité nationale embrasse pleinement le mode de recrutement de la main d'oeuvre, au point d'y participer activement. Ce livre ne propose pas vraiment de morale et invite le lecteur à réfléchir : peut-on faire justice soi-même quand les autorités échouent ou baissent les bras ? Un homme foncièrement mauvais peut-il changer ? Mais comme le rappelle si bien l'inspecteur principal, l'expression "Arbeit macht frei" était une devise du national-socialisme...
J'ai trouvé l'histoire absurde, mais dans le bon sens du terme. Les personnages restent  "pince sans rire" dans les situations les plus farfelues et on s'attache à eux. Le coup de la mine transformée en champignonnière m'a bien bien plu. C'est bien vu !
La fin est peu être un trop peu grand-guinolesque quand même... Et je n'ai pas trop compris l'utilité des chapitres consacrés à Saana et Jalmari quand ils s'égarent avec le Cessna. Nous rappeler qu'on peut vire d'amour et d'eau fraîche ?
Sensible à l'humour d'Arto Paasilinna et à son univers décalé, je me laisserai encore tenter pour une prochaine lecture. 
Je ne résiste pas à l'envie de vous mettre le tire original qui vaut son pesant de cacahuètes pour qui ne maîtrise pas le finnois : "Hirtämättömien Lurjusten Yrttitarha". A savoir également : ce livre est sorti à l'origine en 1997 en Finlande mais n'a été publié qu'en 2011 en France. Pourquoi ? Mystère...

Folio, avril 2012, 376 p.

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