samedi 17 novembre 2012

"La Sélection" de Kiera Cass


Résumé : Les Etats-Unis, 300 ans dans le futur, sont désormais rebaptisés Illéa et sont soumis au régime monarchique. La famille royale se plie à la tradition pour marier son plus jeune fils et organise donc la Sélection. 35 jeunes filles de tout le pays seront tirées au sort pour participer à une émission de télé-réalité au cours de laquelle le prince Maxon choisira sa promise. Sous le feu des caméras et enfermées dans le palais royal, les adolescentes / jeunes femmes devront rivaliser pour obtenir les faveurs de l'héritier. America participe au tirage au sort à contre-coeur. C'est avant tout pour faire plaisir à sa mère et à son petit-ami, qui appartient à une caste inférieure à la sienne, qu'elle remplit le dossier. Aussi, quand son nom apparaît à l'écran, c'est l'ennui qui prévaut. Mais sa rencontre avec le prince va changer son point de vue sur la compétition.

Avis : Ce roman est un véritable hit outre-Atlantique, une série est même en préparation pour la chaîne CW. Aussi, quand je l'ai vu parmi les nouveautés à la bibliothèque, je n'ai pas résisté. La mode est aux dystopies en littérature jeunesse et cela me plaît bien (espérons que les ado auront envie de lire les classiques comme 1894, Farenheit 451 ou encore Brave new world...).
Même si je trouve la couverture vraiment belle, j'ai un avis plutôt mitigé sur le contenu.
Il s'agit du tome 1 d'une trilogie, Kiera Cass pose donc un décor. Mais j'ai l'impression que son univers n'est pas assez fouillé. La monarchie est une idée vraiment bonne, d'autant plus que pour un lectorat français, ça fait plus que désuet. La société divisée en castes (les deux, trois, quatre, etc jusqu'à huit) est tout à fait crédible. J'ai bien aimé le fait que certains corps de métiers sont réservés à certaines castes, que les uns travaillent au service des autres, qu'il est rare d'avoir des amis d'unes caste inférieure et que cela repose uniquement sur les faits de ses ancêtres (on est coincé dans une caste en fonction de ce que ses ancêtres ont fait, si j'ai bien compris !).
America est un personnage intéressant, tout en nuance, loin d'être une héroine nunuche et qui a la tête sur les épaules. Amoureuse d'Aspen qui appartient à une caste inférieure, la Sélection l'indiffère au plus haut point. Et quand elle rencontre le prince, on est bien loin du coup de foudre. Elle dit d'ailleurs clairement que la place est déjà prise dans son coeur.
Mais ras-le-bol des triangles amoureux !! Je crois que je vais lancer une pétition parce que ça ne peut vraiment plus durer... Même si le retour d'Aspen dans la 2ème partie du roman apporte un revirement de situation intéressant, ça reste d'un conventionnel absolu aux yeux de ce qui se fait en ce moment dans l'édition jeunesse.
Reste Maxon, qui m'a laissée dubitative... Déjà, je n'aime pas trop sa façon de s'exprimer, qui sonne faux. Problème de traduction peut-être ? Je n'oublie cependant pas qu'il a été élevé dans une cage dorée et qu'il est le pur fruit de son éducation. Mais à plusieurs reprises, on comprend qu'il joue un rôle important dans les affaires de l'Etat. Cependant, il n'a aucune idée de comment vit réellement son peuple, que les castes des six, sept et huit meurent littéralement de faim. Pas très crédible...
Que dire des renégats ? J'ai carrément haussé les sourcils lors de leurs attaques sur le palais. Comment cela se fait-il que le palais royal ne soit pas plus protégé ? Depuis le temps qu'il se fait attaquer, ils auraient pu penser à un système de sécurité plus efficace. Je suppose que c'est pour éveiller la curiosité du lecteur sur ce que les renégats cherchent exactement dans le palais.
L'aspect télé-réalité n'est pas suffisamment exploité au vu de l'enjeu de la sélection. Les caméras de télévision ne sont pas là en permanence, ce qui aurait pu pimenter un peu le jeu.
Bref, je ne suis vraiment pas sure de lire la suite. Il faudra un résumé particulièrement alléchant pour me motiver. Dommage !

Ce livre étant une dystopie, je l'inscris dans le challenge "Lieux Imaginaires" organisé par Arieste sur son blog.

 


Robert Laffont, collection R, 343 p., 2012.

2 commentaires:

  1. ça compte pour le challenge ;) je n'avais pas envie de le lire et tu ne m'encourages pas à le faire

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    1. sachant qu'en plus, c'est une trilogie ! autant être motivée depuis le départ...

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