jeudi 21 février 2013

Bilan de lecture avec la Cybook Odyssey 2013

Depuis 2 mois maintenant que j'utilise ma liseuse, je peux faire un premier bilan, avec points positifs et négatifs.
 
Premier point plus que positif, l'autonomie. C'est simple, je ne l'ai pas encore rechargée. Je fais partie de ces utilisateurs consciencieux qui éteignent leur liseuse après chaque utilisation mais je suis quand même relativement bluffée par la lenteur de décharge de la batterie. Point négatif : aucune possibilité de démonter la-dite batterie. Une fois qu'elle aura rendu l'âme, la liseuse sera bonne à jeter. Pas très éco-citoyen...
 
En parlant d'éteindre la liseuse, voici un point négatif. Il faut passer par 4 écrans successifs pour pouvoir enfin dire oui, j'arrête !
J'ai pris des photos  des différentes étapes :



 
 

Il faut passer par "Accueil" puis "Réglages" puis "Avancé" puis "Arrêter" puis "Oui" ! Il existe peut-être un autre moyen pour l'arrêter mais c'est la technique que j'utilise. J'aurais préféré n'avoir qu'à appuyer sur le bouton de veille.
 
Point positif : la facilité avec laquelle on peut gérer les e-books depuis un ordinateur. J'ai téléchargé de nombreux livres numériques gratuits et c'est d'une simplicité enfantine depuis le gestionnaire de fichiers. Un copier - collé suffit et hop, c'est dans la bibliothèque de la liseuse.
Quelque chose que je n'ai pas réussi à comprendre : des documents en .pdf se transforment en .doc... Mystère complet.
D'ailleurs, pour les amateurs de version originale, je vous invite à aller voir ce site http://www.bookdepository.co.uk/free qui propose des milliers d'e-books gratuits. C'est depuis ce site que j'ai téléchargé toute l'oeuvre de H.P. Lovecraft (entre autre).
L'interface est très simple d'utilisation. Le livre en cours de lecture apparaît en haut de l'écran. Dans la biblitohèque (ligne du dessous) s'affichent les derniers livres consultés / téléchargés.

 
Point négatif : les pages blanches et autres blocages intempestifs. En effet, il m'arrive régulièrement au cours de mes lectures de rester bloquée sur une page. Seule solution pour en sortir : revenir une page en arrière et réavancer. L'écran blanc s'est produit 2-3 fois. Tout disparaît à l'écran. Il faut également revenir en arrière, de plusieurs pages cette fois et réavancer. Mieux vaut avoir mémorisé son paragraphe...
En parlant de page, une page de liseuse n'est pas égale à une page de texte. Du coup, il arrive fréquemment qu'on reste sur le même numéro de page alors qu'on l'a déjà tournée deux fois. Ca n'est pas très grave, il faut juste s'y faire. Il y a aussi souvent des numéros de page comme "56-57".
 
L'écran tactile marche bien mais je me rends compte que je préfère utiliser les deux boutons sur le côté pour faire défiler les pages.
Bien évidemment, on peut modifier la taille et la police du texte, comme toutes les liseuses.
 
Il y a plusieurs écrans de veille en mémoire qui sont tous très beaux.

L'encre électronique consommant très peu d'énergie, ils peuvent se permettre de laisser quelque chose sur l'écran, même une fois qu'elle est éteinte.
 
Point négatif : le prix des accessoires "officiels". La prise pour le secteur est indispensable et coûte 15 €. La hausse de protection proposée en plusieurs couleurs est à 25 €. Si je n'ai pas pu faire l'impasse sur la connectique, je peux vous dire que j'ai refusé la protection. Je me suis acheté en solde une trousse plastique à 3 € et ça va très bien comme ça.

N'ayant pas la wifi (je suis une adepte du CPL), je n'ai pas encore eu l'occasion de tester cette fonctionnalité. Pour un prochain billet !
 
 

dimanche 17 février 2013

"Comment (bien) rater ses vacances" d'Anne Percin



Résumé : Maxime, 17 ans, jubile. Ses parents décident de partir en couple pour les vacances d'été et par là-même de mettre sa petite soeur en colonie de vacances. Il va donc pouvoir rester chez sa grand-mère, à passer ses journées à dormir, manger des crêpes et télécharger des films sur l'ordinateur. Le 1er jour commence dans la félicité la plus totale jusqu'au moment où l'adolescent trouve sa grand-mère sans connaissance dans le cellier. Panique à bord !! S'enfermant dehors quand les secours viennent récupérer son ailleule, il est pris pour un cambrioleur. Les ennuis commencent.
 
Avis : C'est le titre qui m'a donné envie de me lancer dans cette lecture et je ne le regrette pas. C'était très rafraîchissant.
J'avoue qu'au début, j'ai eu un peu de mal à me faire au style de l'auteur. En effet, Maxime parle à la première personne et il case des jeux de mots ou des traits d'humour dans quasiment toutes ses phrases, ce qui est relativement fatiguant à lire. Mais petit à petit, j'ai réussi à faire abstraction de ça, Maxime étant un personnage pour qui on éprouve vite de la sympathie.
Ado dans toute sa splendeur, il aime passer des journées devant l'ordinateur à télécharger des films de série Z et à chatter avec ses deux seuls amis sur le réseau social Spacebook.
Maxime ayant des goût musicaux plutôt pointus (rock, funk), il distille des suggestions d'écoute tout au long du texte. D'ailleurs, Anne Percin a mis une "playlist" en fin d'ouvrage, rappel de tous les titres cités. C'est très proche de ce que j'écoute donc ça m'a bien amusé. D'autant plus qu'il craint totalement ce qui s'apparente à la chanson française actuelle, ce qui est mon cas également (je fuis comme la peste les chanteurs "à prénom" : Raphaël, Cali, Grégoire et compagnie). C'est très à la mode en littérature jeunesse de faire référence à des chansons et de le lister à la fin. Maxime joue également de la guitare électrique, cadeau de son père lui-même musicien et celàlui sert de défouloir.
Ses aventures rocambolesques du début se tassent un peu au court de l'histoire. Disons qu'il ne finit pas en permanence au poste de police. On sent qu'il aime profondément sa famille, notamment sa petite sœur et sa grand-mère et qu'il serait prêt à se couper en 4 pour elles. Mais comme dans toutes les familles, le vernis se craquelle un peu et de vieilles histoires remontent à la surface.
Le réseau social tient une place cruciale dans l'histoire puisqu'il permet à Maxime de sortir un peu de son isolement forcé mais aussi parce qu'il rencontre une jeune fille se cachant sous le pseudonyme Pika. Ayant des goûts et des modes de vie diamétralement opposés, leurs échanges finissent souvent en joutes verbales / parties de ping pong. J'avoue avoir bien ri à plusieurs reprises.
Je ne suis pas sûre qu'à la fin du roman, on puisse considérer que les vacances de Maxime sont ratées. Mouvementées, c'est sûr, enrichissantes aussi, mais pas ratées. Maxime en apprend beaucoup sur lui, sur sa famille et fait preuve de sang froid et de sens pratique dans des moments difficiles.
Le texte est léger, tout en humour, ce qui en fait une lecture très rapide et très divertissante.
Après quelques recherches sur la toile, j'apprends que ce titre est en fait le 1er d'une trilogie puisqu'il est suivi de Comment (bien) gérer sa love story et Comment devenir une rock star.

Editions du Rouergue, coll. DoAdo, 224 p., 2010.

dimanche 10 février 2013

"La solitude des nombres premiers" de Paolo Giordano



Résumé : Alice et Mattia ne se connaissent pas. Enfant, chacun va connaître un drame qui va le façonner à jamais et le couper des autres : Alice est infirme suite à un accident de ski et Mattia perd sa soeur jumelle handicapée mentale dans des circonstances dramatiques. Quand ils finissent pas se rencontrer, leur solitude va les rapprocher. Mais peut-on partager son malheur ? Deux êtres solitaires peuvent-ils conjurer le mauvais sort ?
 
Avis : Cela faisait 3 ans que j'avais noté ce roman dans un coin de ma tête. Il a en effet connu un succès phénoménal en Italie (plus de 3 millions d'exemplaires vendus lors de sa sortie) et a même donné lieu à une adaptation cinématographique. C'était suffisant pour attirer mon attention.
Le déroulement de l'histoire se fait en plusieurs parties, chacune à quelques années d'écart. On rencontre Alice et Mattia dans leur enfance, époque où ils ne se connaissent pas et où se joue pour chacun le drame qui va les définir. On les retrouve ensuite au lycée, où ils vont se croiser, puis étudiants et enfin adultes. C'est un procédé plutôt intéressant qui permet de voir les personnages en "instantanés", à plusieurs moments-clés de leur vie.
Mais à la réflexion, ce que le titre m'évoque, c'est plutôt "La solitude du lecteur face à la froideur des protagonistes". En refermant ce livre, je n'arrive toujours pas à comprendre comment il a pu marcher à ce point. Je n'ai pas la prétention de penser qu'un livre que je n'ai pas aimé ne doit pas être un best-seller, mais je ne retrouve pas d'éléments qui pourraient expliquer des ventes records (histoire sortant de l'ordinaire / décor inédit / thème prenant / personnages marquants / actualité / etc.)
Une chape de plomb, de froid et de tristesse s'abat sur le lecteur dès les premières pages, pour le ne plus le quitter. Mais surtout, Alice et Mattia ne sont absolument pas attachants. Rien, RIEN dans leurs personnalités ne donnent envie de s'intéresser à eux, de compatir à leur malheur, d'essayer de comprendre leur gravité et leur solitude. Je n'ai pu me rattacher à rien pour avoir une once d'empathie. Parce que chacun ayant vécu un drame et en est ressorti traumatisé, on devrait éprouver de la compassion, comprendre pourquoi ils mettent autant de distance entre eux et les autres mais j'avoue que je les ai trouvés simplement antipathiques.
Le parti pris de l'auteur est de ne jamais mentionner clairement la maladie mentale dont chacun est atteint (parce qu'à ce niveau, on ne peut que parler de maladie mentale). Alice souffre d'anorexie mais à aucun moment le terme n'est employé. Alors bien sûr, on comprend bien de quoi il retourne mais pourquoi tourner autour du pot ? Pareil pour Mattia qui est complètement dépressif. Cela les aurait certes fait rentrer dans une catégorie mais en même temps, je pense que cela aurait donné au lecteur quelque chose à quoi se raccrocher. 
Ce qui m'a surtout gênée, c'est que l'histoire se déroule sur une quinzaine d'années et qu'il n'y a aucune évolution de leur part à tous les deux, sauf peut-être dans les toutes dernières pages. Et sur 342, ça fait long.
Mattia a l'air de suivre Alice dans ses délires, on ne sait jamais bien pourquoi, surtout qu'il dit bien à chaque fois qu'il n'en retire aucun plaisir. Leur relation est finalement assez déséquilibrée.
J'ai lu certaines critiques enthousiastes qui y voient une métaphore de l'adolescence, période où l'on se cherche et où on est donc seul face à soi-même. Je suis un peu dubitative. On peut également traiter de thèmes graves sans forcément tomber dans le sinistre, ce qui est finalement l'adjectif que je retiens pour ce roman.
Bref, une première déception pour 2013.

Points, 342 p., 2010.

dimanche 3 février 2013

"Emma" de Jane Austen (version numérique)



Résumé : Emma Woodhouse, jeune fille de bonne famille, se lie d'amitié avec Harriet Smith et décide de lui trouver un mari. En effet, elle pense bien connaître  les gens et exceller dans l'art de les rapprocher. Bien évidemment, rien de va se dérouler comme prévu. L'homme qu'elle pensait correspondre à son amie n'en a que faire. L'arrivée de la douce et charmante Jane Fairfax dans le village va compliquer davantage sa tâche. Car peu de temps après, c'est Frank Churchill, fils de ses voisins qui vient leur rendre visite. Toute cette nouveauté sème un vent d'excitation dans la vie bien rangée des paroissiens.
 
Avis : Et oui, même si je suis fan, il me reste encore des romans de Jane Austen à lire. Disons que comme elle n'est pas prête d'en écrire d'autres, je préfère prendre mon temps... Le hasard fait bien les choses puisque ce roman était chargé sur ma liseuse, en anglais qui plus est.
J'ai toujours lu qu'Emma était son héroïne la plus difficile à aimer, mais je ne suis pas tout à fait d'accord. Certes, elle est très sure d'elle, de son charme, de son intellect et de sa condition. Certes, elle se mêle de tout et surtout de ce qui ne la regarde pas. Mais au moins, elle a de la personnalité. Pas comme Fanny (Mansfield Park) qui m'avait paru d'une fadeur extrême.
En plus, elle a le mérite d'évoluer entre le début et la fin de l'histoire. Nous dirons merci à Mr Knightley.
Mr Knightley qui m'a d'ailleurs beaucoup plu. Enfin un personnage principal masculin qui a l'air d'avoir une occupation, de savoir remplir utilement ses journées, bref, d'avoir un travail (s'occuper de son domaine agricole). Ce n'est pas du tout l'impression que j'ai eu en lisant d'autres romans de Jane Austen. Peut-être ma mémoire me joue-t-elle des tours ? Mais j'ai toujours le sentiments que ces messieurs - dames n'ont pas grand chose à faire de leurs journées. Dans Emma, la perspective d'un bal ou d'une sortie en calèche occupe tout le monde des jours et des jours, montrant à quel point le quotidien n'est finalement qu'une répétition de la veille : piano, tour dans le jardin, tour dans le village, visite aux voisins, thé et dîner, jeu de carte et puis rebelotte - sans mauvais jeu de mots. Je me rappelle d'ailleurs un échange truculent dans la mini-série Lost in Austen où, excédée par la suffisance de Darcy, Amanda lui rétorque "But you have no purpose ! You don't even work !" ("Mais vous ne servez à rien ! Vous ne travaillez même pas !"). Ce à quoi il répond "Of course I don't work ! What a strange idea !" ("Bien sûr que je ne travaille pas ! Quelle étrange idée !")... Alors bien sûr, ce milieu aisé fait partie de l'univers de Jane Austen et du charme de son oeuvre mais j'avoue que dans Emma, cela m'a vraiment sauté aux yeux.
La relation entre Mr Knightley et Emma est intéressante puisqu'on a l'impression que c'est la petite soeur qu'il n'a jamais eu. Très proches, ils n'hésitent pas à se quereller et à échanger vivement leurs points de vue... souvent diamétralement opposés. Mr Knightley est le garde fou de la jeune fille et lui oppose finalement des limites et même une morale que personne ne lui a jamais opposées. Le père d'Emma en revanche m'a paru vraiment caricatural dans le genre hypocondriaque.
La galerie de personnages est très vaste, ce qui enrichit le déroulement de l'histoire. On se doute un peu du quiproquo à venir avec tous ces jeunes gens mais j'ai pris plaisir à tourner les pages (à les faire défiler plutôt...).
Et bien sûr, l'anglais est un vrai régal !
Comme toute l'oeuvre de Jane Austen, ce roman a donné lieu à de nombreuses adaptations, télé ou cinématographiques.
Je constate que j'ai commencé à lire du Jane Austen adolescente et que mon appréciation globale évolue au fil des années. D'enthousiaste, je suis un peu plus circonspecte, tout en appréciant toujours ce que je lis. Mais j'ai bien envie d'avoir un regard encore plus critique et d'approfondir ma connaissance de l'auteure en lisant What matters in Jane Austen ? de John Mullan. Sinon, je vous invite à lire l'article (en anglais) "There's something about Jane" paru dans le numéro de février de la revue en ligne Books for Keeps.
 
 
 
 
Après plus d'un mois de lecture, je m'habitue à ma liseuse. Bientôt un bilan d'étape pour le club !
 
Lecture que j'inscris dans le challenge Thursday Next de Melle Alice.