mardi 5 mars 2013

"Le mystère de Callander Square" d'Anne Perry


Résumé : Londres, fin du XIXème. Deux jardiniers qui s'apprêtent à planter un arbre dans le très cossu Callandar Square déterrent sans le vouloir deux cadavres de nourrissons. Pour les résidents d'un tel quartier, les conclusions sont vite tirées : il s'agira d'une quelconque servante qui aura accouché d'enfants morts-nés et n'aura pas voulu perdre sa place. Ils pensent donc que la police va classer l'affaire rapidement. Mais c'est sans compter sur la tenacité de l'inspecteur Pitt en charge de l'enquête. Et sans compter sur la curiosité de sa femme Charlotte qui se fait engager comme "lectrice" chez un des habitants. Petit à petit, des secrets font surface. De ceux qu'on aimerait taire.
 
Avis : Pour ma 1ère participation au challenge British Mysteries de Lou et Hilde, j'ai décidé de lire la suite de L'étrangleur de Cater Street que j'avais eu entre les mains voici plusieurs années. Je n'en avais absolument aucun souvenir, si ce n'est que j'avais apprécié ma lecture. J'ai donc complètement redécouvert Thomas et Charlotte Pitt, couple qui a les faveurs de nombreux bloggeurs.
J'ai finalement du mal à avoir un avis très tranché sur ce livre.
Ma première réaction a été le rejet. Et oui, c'est très bête à dire mais les histoires de nourrissons enterrés provoquent chez moi des réactions épidermiques.... C'était donc plutôt mal parti entre moi et ce roman. Mais j'ai tenu bon et l'histoire, grace au style très fluide, se lit vite et nous embarque tambours battants au milieu de Callander Square et de ses habitants. Bien qu'appartenant au même milieu privilégié, chaque famille est complètement différente. Ils partagent tous en facade des valeurs et un mode de vie, mais dès qu'on gratte un peu le vernis, on découvre comme partout ailleurs des choses qu'on préfèrerait oublier. Le penchant d'untel pour les femmes de chambre. La fille de bonne famille qui fricotte d'un peu trop près avec un valet. Les épouses trompées et obligées de fermer les yeux pour sauver les apparences.
C'est une société où l'on se tait et où on encaisse les mauvais coups la tête haute. Le personnage d'Elisabeth m'a d'ailleurs un peu gêné car elle fait vraiment figure de sans gêne. Sans casser les codes de la bienséance qui régissent son monde, elle "s'invite" plusieurs fois chez les gens dans l'unique but de cancaner. C'est bien évidemment dans l'espoir de soutirer des informations pour faire avancer l'enquête mais j'ai eu du mal à imaginer une Lady avec si peu de discrétion. D'ailleurs, Charlotte la met en garde à ce sujet (mais il ne lui arrive rien de toute façon). La place de la femme est évoquée en profondeur. On attend d'elles qu'elles soient de bonnes maîtresses de maison, que les problèmes domestiques ne parviennent jamais aux oreilles de ces messieurs et qu'elles aient le sourire en toutes circonstances. Quant à celles qui font partie du personnel de maison, c'est à croire qu'il leur était pratiquement impossible de ne pas subir de relation avec le maître des lieux... Et oui, les amours ancillaires...
La galerie de personnages est très riche et c'était très intéressant de voir les rapports qu'ils ont entre eux. Au sein de chaque maison d'abord, entre époux et avec les enfants, mais aussi entre voisins.
Charlotte et Thomas m'ont laissé plutôt indifférente. On voit bien qu'ils vivent dans la félicité conjugale, on comprend que ce n'était pas gagné d'avance mais les scènes où ils sont ensemble sont plutôt très rares et brèves. J'aurais peut-être dû relire L'étrangleur pour voir leur relation prendre forme. A force de lire que Thomas a un regard inquisiteur / vif / intelligent / perçant / éclairé / direct / franc, etc, je commençais à en avoir un peu marre. Surtout que finalement, l'enquête en elle-même n'a pas une place très importante dans le déroulement de l'histoire. Ce qui compte et ce qui est intéressant, c'est la tornade que l'arrivée de la police provoque dans ce milieu huppé. Un peu comme un domino qui tombe et entraîne les autres, chaque maison est touchée l'une après l'autre. Pas directement par l'histoire des nourrissons, mais parce qu'en cherchant, on trouve parfois des choses involontairement.
Ma conclusion est que cette lecture n'apporte rien de nouveau dans le paysage du roman policier, pas d'intrigue haletante ni de dénouement surprise. Mais je pense que c'est un peu le but d'Anne Perry, qui plante surtout un décor, une époque, qui nous plonge dans les arcanes de la haute bourgeoisie londonienne. C'est un roman d'atmosphère plus qu'une enquête stricto sensu.
 
Anecdote concernant l'auteur : En 1954, alors âgée de 15 ans, Anne Perry a été reconnue coupable d'avoir participé au meurtre de la mère d'une de ses amies. Son histoire a inspiré Peter Jackson pour son film "Créatures célestes".
 
 
 
10/18, 382 p., 2012.

1 commentaire:

  1. Je me souviens avoir passé un bon moment à découvrir les secrets de la haute-société londonienne avec "Le Mystère de Callander Square".
    J'ai eu un peu plus de mal avec "L'étrangleur de Cater Street", trouvant le démarrage un peu longuet.
    Sinon, je suis assez d'accord avec toi, c'est surtout une question d'atmosphère, l'enquête semble être secondaire.

    RépondreSupprimer