dimanche 21 avril 2013

"Herbert West, reanimator", nouvelle de H.P. Lovecraft


 
Résumé : Le narrateur, étudiant en médecine, nous raconte la relation qui le lie à Herbert West, lui aussi étudiant. Ce dernier pense que les corps peuvent être réanimés grâce à l'injection d'un mélange de sa composition. L'université réfute ses théories et lui interdit de mener des expériences. Mais c'est bien évidemment sans compter sur la détermination du jeune homme et le soutien du narrateur. Les voilà désormais voleurs de cadavres. Les essais sont de plus en plus concluants ce qui les poussent toujours plus loin dans leur recherche de spécimens. De là à commettre l'irréparable, il n'y a qu'un pas. 
 
Avis : Je suis incapable de regarder des films d'horreur mais allez savoir pourquoi, c'est un univers qui me fascine. J'ai eu envie de lire cette nouvelle de Lovecraft il y a de longues années après avoir vu la kitschissime affiche pour le film de série Z qui en est tiré (plus "années 80", tu meures).


Mais impossible de la trouver. C'est chose faite grâce au numérique - ô joie !
 
Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette lecture m'a marquée. En bien. Il s'agit d'une nouvelle fantastique penchant largement vers l'horreur, mais c'est surtout une nouvelle qui nous met les deux pieds dans l'univers si particulier de l'auteur. On adhère ou pas. Pas de Cthulhu et autre dieu tentaculaire à l'horizon, mais la toute fin laisse entrevoir la mythologie des oeuvres qui vont suivre. Cette nouvelle écrite en 1922 est notamment la première à faire mention de la Miskatonic University.
J'avoue que dans un premier temps, j'ai eu du mal à comprendre la relation qui lie le narrateur à Herbert West, son condisciple. Certes, les théories de West sur la réanimation des corps peuvent paraître fascinantes pour un étudiant en médecine, mais quand il commence à les mettre en pratique dans des conditions sordides, n'importe qui aurait compris qu'il n'était pas tout à fait sain d'esprit. Mais petit à petit, cette relation de fascination se transforme en peur, voir en terreur, ce qui empêche le narrateur de rompre ses liens avec le réanimateur. Et ceci, même lorsque celui-ci s'enrôle comme médecin de guerre afin d'avoir accès à de la "chair fraîche". Car oui, tenter de réanimer des personnes décédées depuis peu ne suffit plus à West qui s'enfonce dans sa folie et décide d'en réanimer des bouts. Cela donne lieu à quelques descriptions assez peu ragoûtantes. A ne pas lire après avoir mangé. Mais tout cela est dit dans un style très clinique, le narrateur étant étudiant en médecine.
Bien évidemment, quelques accidents de parcours ont lieu dans les expériences et certaines réanimations échappent à leurs créateurs. Cela déclenche d'ailleurs une paranoïa aiguë chez West qui ne le quittera plus.
La fin m'a un peu étonnée, je ne m'attendais pas du tout à ça. Bien évidemment, "what comes around goes around" comme diraient nos amis anglo-saxons mais je n'imaginais pas du tout ce destin pour West.
Le style est très intéressant, très riche et l'auteur arrive à instaurer un climat d'angoisse en quelques descriptions. J'ai lu que Lovecraft aimait bien les phrases alambiquées et les mots de plus de 4 syllabes, mais comme là il s'agit d'une sorte de journal de bord, l'écriture est plutôt fluide.
 
Du coup, l'oeuvre intégrale de Lovecraft m'attend sur ma liseuse mais c'est une oeuvre que je prendrai le temps de découvrir.
 
 

Par un mystère toujours inexpliqué, le document en .pdf se retrouve en .doc sur ma liseuse...
Fichier trouvé là : The Book Depository

2 commentaires:

  1. cette nouvelle est assez angoissante c'est vrai ! Vive Lovecraft :)

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    1. Je connais surtout l'univers de Lovecraft par des jeux de rôle, du coup j'ai envie de revenir "à la source" et de le lire. Si tout le reste est dans le même style, je m'attends effectivement à de riches heures d'angoisse !

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