dimanche 7 avril 2013

"Je vais passer pour un vieux con" de Philippe Delerm

 


 
Résumé : Parfois, des petites phrases lancées comme ça peuvent en dire long. Sur ce qu'on n'aime ou n'aime pas, sur ce qu'on pense de quelqu'un. Parfois aussi, on essaie de se faire remarquer, ou au contraire, d'atténuer des propos. Traquer ces phrases et les décortiquer, voilà à quoi s'est attelé Philippe Delerm.
 
Avis : C'est le deuxième ouvrage du même genre que je lis de cet auteur. Je ne connais pas du tout ses romans, j'ai juste eu entre les mains La première gorgée de bière. Autant dire que l'oeuvre de Delerm m'est totalement étrangère. Mais j'ai l'impression à cette deuxième lecture que P. Delerm est un amoureux du quotidien, de la routine, des choses simples, qu'il prend finalement plaisir à mettre en valeur.
Ainsi, dans Je vais passer pour un vieux con, il passe au crible des banalités qu'on dit bien souvent sans réfléchir, ou sans arrière pensée (croit-on) mais qui trahissent beaucoup plus de choses que l'on pense.
J'ai parfois souri en me reconnaissant. J'ai aussi découvert une ou deux expressions que j'irgnorais complètement ("C'est du triplex !"). Et pour certaines explications, je n'étais pas du tout d'accord. En effet, Philippe Delerm nous donne à chaque fois son point de vue sur le sens caché de telle ou telle expression, toujours dans une mise en contexte : un dîner entre amis, un match de foot dans un village, une commande au restaurant, etc. Ces choix de mise en scène reflètent toujours quelque chose qu'il a vécu lui.
Deux expressions m'ont bien plu, je vous en donne un cours extrait :
1. "Je garde mon maître" (affichette avec une image de chien sur un portail) : "Un maître, quelqu'un qui domine son sujet, et on devine déjà que s'il devait se définir lui-même, il affirmerait subtilement qu'il n'est "ni une gonzesse, ni un pédé"". J'ai bien rigolé car je trouve que ce genre de panneaux est le summum de la beaufitude (même si on est tous le beauf de quelqu'un...).
2. "C'est très bien fait" : quand on est en train de dire que non, vraiment non, on n'ira pas voir cette super production américaine débile et que tout à coup, dans l'assistance, quelqu'un dit "C'est très bien fait". Sous-entendu, moi je l'ai vue, moi je peux en parler, et toc.
Une lecture rapide, autour d'une bonne tasse de thé un dimanche pluvieux, bref, un moment agréable et léger.
 
Seuil, 123 p., 2012.

5 commentaires:

  1. J'ai beaucoup aimé ce livre, tu as raison il est parfait pour un dimanche pluvieux :)

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  2. Je pense que c'est un peu dans cet esprit qu'il les rédige.

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  3. Ah, je ne lis pas ton billet : je dois écrire le mien dans les jours à venir !! Je reviendrai lire ton avis ensuite. Bizz !

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    1. Hé hé ! Les grands esprits se rencontrent ! ;)

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  4. Je suis une grande fan de Delerm... Mon billet reflète davantage mon adhésion à son propos. Même si je suis d'accord avec tes remarques ! Bon dimanche !

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