dimanche 28 avril 2013

"The colour of magic" de Terry Pratchett



Résumé : Rincewind, sorcier raté, voit débarquer sur les docks de la cité d'Ankh-Morpork un drôle de touriste. D'une part, il a quatre yeux, d'autre part, il est suivi partout par un coffre muni de centaines de petits pieds. Sans compter sur le fait qu'il distribue son or comme s'il s'agissait de vulgaires pièces de cuivre. Dans les bas-fonds de la ville, il ne donne pas cher de sa peau. Mais bien évidemment, le destin (vraiment  ?) va faire que Rincewind et Twoflower (le touriste) vont voir leurs chemins se croiser. Mais comme les dieux ne sont jamais bien loin, ces deux personnages que tout opposent vont vivre ensemble des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Amateurs de dragons et autres créatures improbables, vous allez être servis !
 
Avis : J'ai honte. Très honte. Ce livre trône dans ma bibliothèque depuis au moins 15 ans... Il a fallu attendre une proposition d'Hilde pour une lecture commune lors du challenge Geek pour qu'il se rappelle à mon bon souvenir.
De Terry Pratchett, auteur culte de fantasy, je n'ai lu que Witches abroad (Trois soeurcières) qui m'avait beaucoup plu. D'ailleurs, c'est son anniversaire aujourd'hui. D'où la lecture commune bien sûr !
The colour of magic est traduit en français sous le titre La huitième couleur. Et oui, car la magie a une couleur : l'octarine, soit une sorte de "greenish-purple" (violet verdâtre), comme dirait un des protagonistes, Rincewind.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'à la lecture de ce roman, on saute à deux pieds dans le Disque Monde et son grand n'importe quoi. Déjà, imaginez un monde soutenu par une tortue, le grand A'Tuin, qui vogue dans l'univers, sans réel but. Sur son dos, quatre éléphants qui eux soutiennent un disque, le Disque Monde donc. Le décor est planté : on est dans du délirant.
Pour faire bref, tous les éléments de la fantasy y sont (magiciens, dragons, temple abandonné, coffre à trésor, belle guerrière, etc, etc) mais en gros, aucun ne fait ce qu'on attend de lui. Tout est décalé.
Il y a une foule d'éléments, de noms, de détails tout au long du texte. On passe d'un paysage à l'autre en un paragraphe. J'ai eu peur au début que ce premier tome ne fasse que survoler tout ça mais pas du tout, tout est extrêment bien décrit et je me suis imaginé sans peine le dédale de couloirs du temple de Bel-Shamharoth, le Wyrmberg et tous les autres lieux cités (il y en a trop !). Tout reste très cohérent malgré l'accumulation de détails. 
L'humour est omniprésent. En grande partie grâce à Rincewind, pince-sans-rire absolument irresistible. Un peu circonspecte au départ (je n'aime pas trop les losers en personnage principal), il a su me conquérir en 2-3 apparitions. Lui et Twoflower forment un duo de choc, pour le pire et... pour le pire. Disons qu'à eux deux, ils ont l'art de se fourrer dans les situations les plus inextricables. Twoflower avec la naïveté d'un grand enfant qui découvre le monde, Rincewind avec la sarcasme de celui habitué aux catastrophes. Exemple : "Tu ne comprends pas !" hurla le touriste, par-dessus le terrible bruit des battements d'ailes. "Depuis toujours je rêve de voir des dragons !" "De l'intérieur ?" cria Rincewind.
Le coffre aussi donne lieu à des moment franchement hilarants, notamment quand on l'imagine avec des dents en train de s'en prendre à des pirates. Et oui, car Twoflower est suivi partout par son coffre à linge, fait de "sapien pearwood" (je sèche pour la traduction), qui lui est donc lié par magie et qui le protège fidèlement contre tous ceux qui voudraient lui faire du mal. Comprendre : il les mange.
La Mort aussi m'a fait bien rire. Déjà, elle parle en majuscule. J'adore quand la typographie change. Ensuite, comme elle n'arrive pas à ses fins avec Rincewind, elle a tendance à se venger par dépit sur les mouches qui volent dans le coin.
Impossible de tout décrire, le mieux est de plonger dans l'univers déjanté de Terry Pratchett et de rejoindre les irréductibles qui sillonnent le Disque Monde. C'est sûr, je vais continuer mon exploration ! Gros coup de coeur !
 
 

Corgi, 284 p., 1995.


6 commentaires:

  1. Merci d'avoir suivi cette proposition de Lecture Commune un peu farfelue!

    J'avais passé un très bon moment aussi avec ce premier tome des Annales du Disque-monde.
    C'était une découverte vraiment délirante et ça fait maintenant plusieurs années que je lis cette série avec joie. Bon par moment, j'ai du mal à suivre, tellement ça fuse mais c'est si drôle
    Rincevent est excellent, il me fait toujours rire. J'avoue que j'ai hâte de le retrouver dans un tome.

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    1. C'est vrai que ça fuse, c'est exactement ça ! Mais j'ai (re)découvert avec plaisir l'univers de Terry Pratchett.

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  2. C'est le tome qui m'a presque fait passer à côté de cet auteur. Car je n'accroche pas du tout avec le personnage de Rincevent.

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    1. C'est vrai qu'il m'a fallu quelques pages quand même pour m'y attacher. Mais je suis très sensible aux personnages sarcastiques. ^^

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  3. J'adore Pratchett, j'adore le coffre et ses petites pattes... bref, un condensé d'humour et de n'importe quoi qui se tient!

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    1. Bien résumé : humour et n'importe quoi !

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