jeudi 13 juin 2013

"Piège nuptial" de Douglas Kennedy



Résumé : Nick Hawthorne, journaliste américain un peu raté, décide de tout plaquer pour silloner l'Australie. Arrivé à Darwin, il rachète un vieux van Wolkswagen et prend la route en direction de Perth, s'attendant à affronter seul 4000km de route. Mais son chemin croise celui d'Angie, jeune autochtone fraîchement débarquée de son village. Les deux décident de faire un bou de chemin ensemble, même si Nick trouve la jeune fille de plus en plus envahissante. C'est quand il se retrouve drogué, marié de force et séquestré dans un village perdu au milieu de nul part qu'il comprend que l'enfer sur terre est peut-être au pays des kangourous.
 
Avis : C'est le premier roman de Douglas Kennedy que je lis et je ne regrette pas d'avoir commencé par lui. C'est un gros coup de coeur !
J'ai eu la chance d'aller en Australie et d'avoir un aperçu du bush, du coup j'imagine un peu le calvaire du notre loseur de narrateur. Du rouge et des buissons à perte de vue, sans parler de la chaleur abrutissante. J'ai même eu droit au camion accidenté à la tombée de la nuit suite à un choc avec un kangourou (c'est d'ailleurs la même peur de l'accident qui nous avait fait faire demi-tour et rentrer à l'hôtel).
Le huis-clos fonctionne à merveille. Wollanup donne envie de se tirer une balle en pleine tête dès les premières descriptions. La population, vivant en vase clos et coupée de toute civilisation (sauf pour certains) se complaît dans une vie d'une monotonie débilitante, rythmée par le travail à l'usine de dépeçage de kangourous. Et le niveau ne vole pas très haut... La seule distraction est le pub, où chacun prend un malin plaisir à finir complètement saoûl tous les soirs. Bienvenue à beaufland.
L'idée de la communauté est plutôt futée, le système de tickets pour l'alimentation, les vêtements, les cigarettes, etc, permet aux quatre chefs de famille d'asseoir leur autorité et le garder l'ascendant sur le reste de la ville.
Mettons-nous deux minutes à la place du protagoniste : coincé avec une femme qu'il n'aime pas, brute épaisse qui le bat pour un oui ou un non, dans une communauté de crétins quand lui a une profession intellectuelle, perdu au fin fond du fond de l'Australie, à 400km de la piste la plus proche, elle même à 300km du bled le plus proche, sans aucune perspective d'aucune sorte que de finir ses jours à cet endroit. Le désespoir aurait pu le rendre à moitié fou mais il s'accroche et va trouver au fond de lui la ressource pour avancer. Krystal, sa belle soeur, est pour lui une bouffée d'oxygène (et pour le lecteur aussi).
J'ai vraiment apprécié le personnage de Nick, d'un caustique absolument délirant. J'ai ri à gorge déployée à plusieures reprises devant ses réponses à double sens face aux autres et devant sa façon de décrire les situations les plus difficiles avec un sarcasme proche du génie.
La fin n'est pas prévisible, jusqu'au bout on se demande ce qu'il va lui arriver. Va-t-il s'en sortir ? Va-t-il crever dans ce trou à rats ? Va-t-il tenter de s'enfuir ou s'accommoder de son sort ?
Encore un auteur qui me donne envie de dévorer son oeuvre ! 2013 est décidément faite de belles découvertes.
A noter : ce roman est d'abord paru sous le titre Cul-de-sac (U-turn en VO).
 
 
Pocket, 250 p., 2012.

2 commentaires:

  1. Je suis ravie de savoir que tu as aimé. Je n'ai toujours pas lu cet auteur, mais il va falloir que j'essaye !
    Bravo pour la mise en scène livre + pot de fleur + chat ! ;-)

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    1. Ce qui est bien, c'est qu'il a une oeuvre large et variée, du coup je pense que chacun peut y trouver son bonheur. Pour le chat.... il s'est invité sur toutes les photos donc j'ai baissé les bras. (tu sais ce que c'est !)

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