samedi 27 juillet 2013

"Soudain dans la forêt profonde" d'Amos Oz


Résumé : (de l'éditeur) Un village au bout du monde, triste et gris, encerclé par des forêts épaisses et sombres. Un village maudit : toutes les bêtes, tous les oiseaux et même les poissons de la rivière l'ont déserté. Depuis, ses habitants se barricadent chez eux dès la nuit tombée, terrorisés par la créature mystérieuse nommée Nehi, et interdisent aux enfants de pénétrer dans la forêt. Mais surtout, ils gardent le silence. Personne ne veut se souvenir des animaux ni évoquer la vie d'avant. Seule Emanuela, l'institutrice du village, tente d'enseigner aux élèves à quoi ressemblaient ces animaux disparus. Deux enfants de sa classe, Matti et Maya, décident alors d'élucider le mystère et s'aventurent dans la forêt en dépit de l'interdit...
 
Avis : Achat d'impulsion lors de mon dernier passage en librairie, c'est le premier livre d'Amos Oz que je lis. Cet écrivain israëlien a reçu plusieurs prix, notamment le prix Fémina étranger et le prix de la Paix.
Ce conte très court nous invite à réfléchir sur la tolérance, la différence et l'effet de groupe.
Même quand on n'aime pas spécialement les animaux, on comprend vite qu'un monde sans eux pose problème : plus d'abeille pour butiner, plus de poisson à pêcher, plus de chien ou de chat pour tenir compagnie, plus de chevaux pour le trait, plus d'oiseaux pour pépier en bruit de fond. Une chape de plomb et de silence s'installe.
Les adultes gardent un secret honteux, celui de la raison de la disparition des animaux. On sent bien que tous préfèrent oublier le triste incident, voire même cherchent à le nier. Beaucoup sont nostalgiques de l'époque où poules, vaches, cochons peuplaient le village mais d'un commun accord, personne n'en parle. J'ai trouvée un peu "légère" la raison mais cela ne nuit pas à l'histoire.
Ode à la tolérance, quelques phrases méritant réfléxion sont disséminées à travers le texte.
 
"Or la jalousie fait mal, elle enfle et dégénère en sarcasmes : un peu comme une plaie qui s'infecte et suppure".
"Personne ne veut se dissocier du groupe ou se séparer du troupeau. Si l'on en vient à s'éloigner ne serait-ce qu'une fois ou deux, on ne vous laisse plus revenir."

Cela m'a amenée à me replonger dans quelques épisodes de mon passé scolaire, le collège étant un moment particulièrement épineux pour beaucoup de monde : obligation de rentrer dans le moule pour ne pas être pointé du doigt, obligation d'aimer la même musique ou les même émissions que tout le monde, etc. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour ceux qui avaient trouvé leur look et se démarquaient d'une façon ou d'une autre, droits dans leurs bottes.
Le fait que les personnages principaux soient des enfants permet de rendre ce conte universel (principe même du conte, je vous l'accorde). Je pense que c'est typiquement le genre de texte qu'on peut lire en famille pour en parler.
 
Comme le village n'est ni nommé, ni situé, j'inscris cette lecture dans le challenge "Les lieux Imaginaires 2013".

 

Folio, 125 p., 2012.

2 commentaires:

  1. Je ne connais pas cet auteur, mais je note ce titre, bien que replonger dans le passé scolaire, ne soit pas plus plaisant que ça!

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    1. Je ne connaissais pas non plus mais je lirais bien un de ses titres qui a eu un prix.

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