jeudi 11 juillet 2013

"The perks of being a wallflower" de Stephen Chbosky

 


Résumé : Charlie n'est pas un adolescent comme les autres. Très en retrait, il n'arrive pas à se faire d'ami. Traumatisé par deux fois dans son enfance, il éprouve des difficultés à se lier aux autres, à participer, à être socialement ouvert. Il préfère de loin être le spectateur de la vie des autres. Jusqu'à sa rencontre avec Sam et Patrick, un frère et une soeur fréquentant le même lycée que lui. Les deux jeunes gens vont le prendre sous leur aile et progressivement, le faire profiter de la vie et de sa jeunesse.
 
Avis : J'ai lu ce livre parce qu'apparemment, c'est devenu un "classique" outre-Atlantique. Il a été adapté il y a peu au cinéma sous le titre Le monde de Charlie, avec Emma Watson notamment. Mais là n'est pas l'objet de ce post puisque je ne l'ai pas vu.
Roman épistolaire, nous rentrons dans la vie et dans la tête de Charlie à travers cette compilation de lettres qu'il envoie de façon anonyme à un jeune de son école qu'il estime beaucoup. C'est un moyen pour lui de partager des pensées alors que c'est un garçon particulièrement solitaire. La traduction littérale du titre du roman pourrait être "Les bons côtés quand on fait tapisserie". Dans un passage du livre, Patrick utilise cette expression (wallflower) pour décrire Charlie : quelqu'un en retrait mais qui du coup observe beaucoup et comprend beaucoup de choses sur les autres.
Ce roman est très introspectif, Charlie observant, disséquant, analysant toutes les situations auxquelles il est confronté. Il n'est clairement pas un adolescent épanoui. En effet, il subit dans son enfance deux traumatismes qui le secouent de façon irréversible. Je ne dévoilerai pas lesquels mais disons que certains seraient traumatisés pour beaucoup moins. Fortement ébranlé, il n'est plus le même et se retouve en "inadéquation sociale" : perdu dans son univers, il ne sait pas comment se comporter en société ce qui le met parfois dans des situations embarassantes. Il ne comprend pas par exemple les sous-entendus, n'a aucune idée de comment se comporter avec les filles, pleure facilement s'il est contrarié, fait des remarques maladroites et spontanées, etc.
Les personnages et les situations sonnent étonamment justes. Personne n'est parfait, personne n'a que des défauts. Les dialogues semblent tout droit sortis d'une discussion entre jeunes et les évenements n'ont rien d'extraordinaires - dans le bon sens du terme. On reste dans la vie de tous les jours avec ses joies et ses peines : le grand frère qui part faire du football à l'université, une sortie entre amis un week-end, une visite au grand-père, etc.
De nombreux thèmes sont abordés : les relations au sein d'une fratrie, de la famille, les non-dits, la quête de popularité au lycée et la pression pour rester dans la norme, l'homosexualité, la drogue, la mort, les liens d'amitié, les premières fois et j'en passe. Beaucoup de thèmes très sérieux et très profonds qui ne sont jamais traités avec légèreté, mais sans non plus tomber dans la lourdeur ou la noirceur.
J'ai souvent eu les larmes aux yeux. Je pense notamment à la scène où Charlie défend Patrick à la cafétéria du lycée où quand il raconte la dernière discussion qu'il a eu avec sa tante.
Je n'arrive cependant pas à me dire si j'ai aimé ou non ce livre. Charlie, Sam et Patrick forment un trio très attachants d'adolescents qu'on aimerait connaître mais l'impression générale qui se dégage de ce livre est une très grande mélancolie, sentiment que je fuis...
 
Simon and Schuster (traduit en français sous le titre Le monde de Charlie aux éditions Sarbacane), 231 p., 2012.

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