samedi 24 août 2013

"Un intérêt particulier pour les morts" d'Ann Granger



Résumé : A la mort de son père, médecin de province, Elizabeth Martin doit accepter un poste de dame de compagnie à Londres auprès de la veuve de son parrain. Dans cette maison bourgeoise, elle découvre que la précédente jeune fille qui occupait le poste s'est enfuie avec un homme. Mais quand son cadavre est découvert sur un chantier de démolition et que cela n'émeut pas les foules, Elizabeth est décidée à comprendre ce qu'il lui est arrivé. Même si pour cela elle  doit braver les codes de l'establishment. Et même si pour cela elle doit aider l'inspecteur de Scotland Yard Benjamin Ross, figure de son passé.
 
Avis : Après une succession de lectures bien quelconques cet été, j'ai été ravie de me plonger dans ce roman qui m'a enthousiasmée.
La comparaison avec la série Ellison et Pitt (si je puis dire !) d'Anne Perry est assez facile à faire mais je ne m'y risquerais pas quand même dans la mesure où je n'en ai pas lu assez. Mais les similitudes m'ont l'air grandes.
Les deux personnages principaux, Elizabeth et Benjamin m'ont bien plus. On subodore qu'il va se passer quelque chose entre eux mais heureusement, point de coup de foudre ni d'effusion. Chacun garde la tête froide et sans trahir quoi que ce soit, je me suis même demandée s'il allait se passer quelque chose pour eux dans ce tome (la série en compte 4) ce qui vous montre qu'on n'est pas du tout centré sur une hypothétique histoire d'amour. Non, on enquête !
Contrairement au Mystère de Callander Square qui pour moi était plus une étude de moeurs qu'un roman policier, nous sommes ici face à une vraie intrigue. La disparition de la dame de compagnie nous fait craindre le pire pour notre héroïne : le tueur fréquente-t-il toujours la maison ? Est-il un habitué ? (ou une habituée, bien sûr !) L'auteur sème de fausses pistes un peu partout et distille le doute sur certains personnages. Jusqu'au bout j'avais la mauvaise réponse.
Elizabeth Martin, Lizzie de son petit nom, arrive donc sans le sou chez la veuve de son parrain. Fille d'un médecin de province respecté, elle a du mal à comprendre qu'on ne s'exprime pas dans les salons londoniens comme dans une salle d'attente. Bref, elle qui verbalise simplement ses idées et sa façon de penser passe pour une impertinente. La vie n'était pas toujours très drôle pour les femmes qui bien souvent étaient priées d'afficher un sourire de façade et une humeur égale en toute circonstance. Mrs Parry illustre bien cette tendance. On la prend pour une riche bourgeoise un peu écervelée alors qu'en fait c'est une femme d'affaire avisée qui a bien compris comment tout fonctionne dans cette société. Elle met d'ailleurs Lizzie en garde plusieurs fois.
La jeune fille, qui vient d'un milieu relativement modeste, éprouve tout de suite de la sympathie, du moins de l'intérêt pour le personnel de service de la maison. Elle apprend leurs noms, leurs fonctions et les ménage, là où Frank, l'homme de la maison, sait à peine qui est qui.
Quelques précisions sur l'époque sont aussi les bienvenues. Le destin des enfants placés à l'hospice, la vie des bonnes, les perspectives d'avenir pour les jeunes filles modestes, les propriétaires de taudis, les grands travaux pour la construction de la gare de St Pancras, etc. Et bien sûr, la place de la police qui éveille systématiquement la méfiance des plus pauvres et le mépris des plus riches. D'ailleurs, j'ai envie d'en apprendre plus sur les méthodes de travail de Scotland Yard à cette époque parce que ça ne devait pas être une mince affaire d'enquêter. Pas d'informatique, d'empreintes digitales et autres traces ADN. Si j'en crois Wikipédia, un fichier des empreintes n'a été instauré qu'en 1901...
Les personnages sont bien creusés, même si nous ne les voyons qu'à travers le prisme de Lizzie et de Benjamin. Chaque chapitre alterne leurs points de vue ce qui permet au rythme de ne jamais retomber.
Bref, un premier tome que j'ai vraiment aimé et dont j'ai hâte de lire la suite (qui n'est pas encore disponible en français mais çe ne m'arrêtera vraiment pas !).


 
 
10/18 Grands détectives, 378 p., juin 2013.

8 commentaires:

  1. Je le lirai sûrement un jour ! Je l'ai cherché en anglais cet été, mais je ne l'ai pas trouvé... J'opterai donc pour l'édition 10/18.

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    1. J'ai trouvé la suite sur un site anglais, la commande ne devrait pas tarder. Toi qui as lu plus de romans d'Anne Perry, je suis curieuse d'avoir ton avis sur cette série.

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  2. Je l'ai dans ma PAL, il ne me reste plus qu'à le découvrir. :)

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    1. Je guette ton avis alors, pour voir si tu partages mon enthousiasme pour cette nouvelle série.

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  3. Je viens de découvrir ton billet, merci pour cette participation au challenge. J'ai lu le tome 4 car je l'a repéré en anglais chez Smith avant la sortie en France de la série, je l'ai acheté par hasard mais me suis régalée même en commençant par ce tome plus tardif. Je préfère personnellement au couple Charlotte et Thomas Pitt, mais il y a l'effet de la nouveauté alors que j'ai lu une dizaine de romans de la série d'Anne Perry. Voyons ce que je pense de ce premier tome, que j'ai hâte de découvrir !

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    1. Visiblement la série ne relâche pas son rythme puisque tu as aimé le tome 4. Tant mieux ! Je vais quand même continuer la série des Charlotte et Thomas Pitt, mais cette fois en m'attendant à lire une étude de mœurs et pas un roman policier. Je serai peut-être un peu moins déçue.

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  4. Je suis en train de le lire, et pour le moment, j'adore aussi :-)
    C'est vrai qu'il y a un petit air de Charlotte et Pitt, mais l'ambiance est tellement agréable !!

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    1. C'est clair qu'on ne peut pas ne pas faire le rapprochement entre les deux séries. J'attends donc ton avis quand tu l'auras fini !

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