lundi 28 octobre 2013

"Hanté" de James Herbert





Résumé : David Ash est appelé à se rendre à Edbrook, demeure familiale des Mariell, pour enquêter sur une série d'apparitions qui perturbent ses habitants. Armé de son équipement hightech, David sent qu'il n'aura pas besoin de rester longtemps dans cette grande maison mal entretenue. Mais les Mariell sont bien décidés à ne pas lui faciliter la tâche. Pour quelle raison l'ont-ils finalement fait venir ? Pourquoi Edbrook semble-t-elle se nourrir de l'énergie vitale de l'enquêteur ?

Avis : Voici un auteur anglais très prolifique dans les genres horreur et fantastique que je ne connaissais pas du tout. Mais c'est bien ça l'intérêt des challenges, faire des découvertes !
A la recherche d'une histoire de fantômes et de maisons hantées, j'ai arrêté mon choix sur celui-là. Le secret de Crickley Hall du même auteur me tentait bien aussi mais la longueur m'a quelque peu dissuadée de le lire pour le challenge Halloween (j'ai un rendement lecture plutôt faible ces derniers temps...).
Hanté nous emmène donc sur les traces de David Ash, être rationnel dont le travail consiste à donner des explications scientifiques pour des phénomènes inexpliqués. David est un personnage torturé, perdu entre sa volonté de prouver que les esprits frappeurs n'existent pas, mais hanté par le souvenir de sa petite soeur disparue dans des circonstances dramatiques (d'où le titre "hanté" et non pas "hantée", pour la maison). Au fil des années, il s'est forgé une carapace que ses collègues et amis ont du mal à pénétrer (je ne suis même pas sûre qu'il en ait, des amis).
Je ne vais pas vous mentir, ce livre est une déception. Pas parce qu'il est mal écrit ou l'histoire ridicule. Plutôt parce qu'il faut attendre la page 310 (sur 375) pour avoir un peu d'action et pour que les choses se précipitent. Pour une peureuse comme moi, je n'ai ressenti d'angoisse ou d'oppression à aucun moment. Aucune scène ne m'a scotchée à mon fauteuil ou ne m'a suivie une fois le livre reposé. Moi qui pensais lire une histoire qui allait me donner la chair de poule, pas du tout. Peut-être n'ai-je pas pris le bon livre de cet auteur ? La couverture laissait certes présager quelque chose du domaine de l'épouvante mais je ne me suis pas assez renseignée avant de l'acheter.
On sent bien que la famille Mariell est plus que louche et qu'ils cachent un secret bien noir entre les murs d'Edbrook. Mais on tourne vite en rond, l'intrigue n'avance pas très vite et plusieurs fois je me suis retrouvée à me dire "Venons-en au fait, je vous prie !".
Une scène cependant m'a bien plue et se détache du reste de l'histoire. David Ash et Edith Phipps, une médium, s'invitent à une séance de spiritisme dans le but de démasquer un imposteur. Cependant, leur intervention déclenche un évènement spectaculaire et très TRES bien décrit : même si la fausse médium ne communique pas avec les esprits, ils sont bien là et irrités qu'on se moque d'eux. Ils prennent donc possession du corps du charlatan pour entrer en contact avec leurs proches. La description qui suit est très impressionnante et très visuelle. J'avais littéralement l'impression d'être coincée dans ce salon avec tous ces gens et ces fantômes.
Anecdote concernant le chien qui garde Edbrook : à la lecture de sa description, je pensais être face à un  pitt bull ou un autre chien d'attaque... Et bien non, il s'agit en fait d'un bouvier bernois ! Je ne dis pas que ces chiens ne sont pas de redoutables gardiens, mais franchement, j'avais l'impression de me trouver face à une bête enragée. Du coup, ça casse un peu l'ambiance les fois où David le croise et tremble de peur.
La relation de David avec sa collègue Kate McCarrick n'apporte pas grand chose à l'histoire. Je n'ai même pas trop compris l'intérêt des passages où ils sont tous les deux. Par contre, j'ai apprécié le personnage d'Edith, la médium travaillant pour l'Institut de Recherches Métapsychiques. Elle se rapproche de l'idée que je me fais d'un médium (si je croyais à ce genre de choses, of course). J'ai regretté que son personnage n'ait pas plus d'importance dans le déroulement des évènements.
Bref, une lecture en demi-teinte : un roman qui se lit vite mais un roman qui ne fait pas peur !
 
(NB : si un participant au challenge veut le lire, je le fais voyager bien volontiers).



Milady, 377 p., 2010.

lundi 21 octobre 2013

"Le grand livre pratique de la sorcière" de Malcom Bird

 
 
Résumé : Tout tout tout, vous saurez tout sur les sorcières ! De leurs maisons à leurs hobbies en passant par leurs fêtes et leurs recettes de cuisine, découvrez le monde mystérieux - et déjanté - des sorcières.
 
Avis : Attention, livre culte ! J'ai dû l'emprunter à peu près 75 693 fois à la bibliothèque étant petite. C'est simple, je ne m'en lassais pas. Imaginez ma déception quand il y a quelques années j'ai souhaité l'acheter et que j'ai découvert qu'il était épuisé... (d'ailleurs si quelqu'un de chez Gulf Stream Junior lit ces lignes, merci de relancer l'impression). La couverture de l'époque était  cependant différente et faisait davantage penser à un grimoire.

 
 
Découpé en plusieurs chapitres présentant les différents aspects de la vie des sorcières, nous voilà totalement immergés dans leur univers frapindingue, parfois un peu "crade" mais toujours bourré d'humour. En le relisant avec mes yeux d'adultes, je me rends compte que de nombreux sous-entendus m'étaient complètement passés au-dessus. Ce qui ne fait que renforcer mon amour pour ce livre ! Il y a plusieurs niveaux de lecture ce qui fait que petits et grands peuvent facilement prendre du plaisir en le feuilletant.

 
 
Lecture que j'inscris bien évidemment dans le challenge Halloween !
 

 
Gulf stream junior, 91 p., 2005.

mercredi 16 octobre 2013

"Le cercle des confidentes : 1. Lady Megan" de Jennifer Mc Gowan



Résumé : A 17 ans, Meg fait partie d'une troupe itinérante d'acteurs. Plus douée pour le vol que pour les planches, elle profite des représentations de ses camarades pour dérober aux spectateurs leurs bourses ou leurs bijoux. Mais lorsqu'elle s'en prend aux mauvaises poches, sa vie bascule. Victime d'un chantage insoutenable, elle doit intégrer un groupe de suivantes de la Reine, suivantes un peu spéciales. Chacune de ces 5 jeunes filles possède un don particulier que la souveraine entend bien exploiter à son avantage. Pour Meg, ce sera ses talents d'improvisation bien sûr, mais aussi sa formidable mémoire auditive qui lui permet de retenir mot pour mot une conversation, même dans une langue qu'elle ne comprend pas. Sa première mission ne tarde pas à lui être confiée.
 
Avis : Petite déception en ce qui me concerne à l'issue de cette lecture. De plus, je ne suis pas sûre que le lectorat ciblé (les ados) s'y retrouve.
Evidemment, il y a un groupe de jeunes héroïnes qui n'ont pas froid aux yeux. Il y a aussi de l'Amûûûr qui fait battre les coeurs. Mais l'intrigue et le contexte historique restent finalement obscurs - je ne pense pas avoir tout compris.
L'époque élisabéthaine est finalement assez peu représentée en littérature jeunesse ce qui fait l'originalité de ce roman (enfin, de cette série puisqu'il devrait y avoir 5 tomes). Le palais de Windsor qui abritait la cour à l'époque sert de décor à cette histoire d'espionnage / d'aventure. Quelques descriptions aident le lecteur à visualiser l'édifice tel qu'il devait être à l'époque. L'auteur s'appuie également sur des personnages historiques. Outre Elisabeth Ière, nous sommes également face à Lady Knollys, sa cousine germaine, Robert Dudley qui a sans doute été l'amant de la souveraine et d'autres encore.
Le contexte géopolitique particulièrement épineux lors de l'accession d'Elisabeth Ière au trône donne lieu à une intrigue complexe mêlant espions catholiques venus d'Espagne, traître Portugais, émissaires Espagnols, Français et Ecossais et j'en passe. Tout ce petit monde se retrouve à Windsor et complote. Meg est projetée dans cet univers qu'elle ne connaît pas du tout et dont elle doit rapidement apprendre les règles. Elle ne s'en sort pas brillamment, puisque personne ne rate une occasion de lui rappeler ses origines populaires. Par exemple, elle ne sait pas lire contrairement aux dames de la cour. Je regrette le mystère autour de sa naissance et de ses parents, l'explication est complètement irréaliste. Heureusement qu'elle n'arrive que vers la fin car je pense que ça m'aurait fait renoncer.
On en apprend finalement assez peu sur Gloriana - la reine - à part qu'elle est anglicane. C'est en effet son père Henry VIII qui avait fait cessession d'avec l'église catholique. Du contexte de sa prise de pouvoir, trois fois rien. A peine sait-on qu'elle a refusé d'épouser Philippe II d'Espagne, fervant catholique. Je suppose aussi que ça aurait fait mauvais genre d'insister sur le fait qu'elle avait fait exécuter sa cousine Mary Stuart qu'elle jugait dangereuse.
Je pense que le roman aurait sincèrement gagné en épaisseur si l'auteur avait pris le temps d'aller plus en détail dans ce contexte historique passionnant plutôt que de le survoler. Cette souveraine reste l'une des plus populaires d'Angleterre, elle continue d'intriguer et de fasciner.
Une lecture en demi-teinte donc, qui m'a certes donné envie de relire mes cours de civilisation britannique mais une intrigue confuse et touffue et des héroïnes parfois peu crédibles qui gâchent un peu le résultat. Dommage, car tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un très bon roman historique teinté d'espionnage. Mais je ne suis plus ado et sans doute - sûrement même - me serais-je contentée de l'histoire si j'avais encore 14 ans.
 
Milan (collection Macadam), 429 p., 2013.

mercredi 9 octobre 2013

"The Mist" de Stephen King

 
 
Résumé : David habite avec sa femme et son fils de 5 ans au bord d'un lac dans le Maine. Une tempête s'abat sur eux et cause de gros dégâts matériels. David décide alors de partir avec son fils et son voisin au supermarché local pour acheter de quoi faire les premières réparations. Mais avant de prendre la route, il aperçoit une nappe de brouillard suspecte avançant vers eux sur le lac. Alors qu'ils sont dans le magasin, quelqu'un arrive couvert de sang et hurle que quelque chose a emporté son ami dans le brouillard. Alors que tous le regardent de travers, le brouillard s'abat à l'extérieur du bâtiment. Ceux qui sortent ne reviennent pas et des cris terrifiants se font entendre. Que faire ? Partir quand même ou rester ? Bientôt, il n'y aura plus de choix possible.
 
Avis : Dire que je connais l'oeuvre de Stephen King serait mentir. En effet, je n'ai lu que deux romans ("Salem" et "The Talisman"), et encore, "The Talisman" a été écrit à 4 mains avec Peter Straub. Autant ce dernier livre fut un grand moment de lecture - j'ai bien pleuré d'ailleurs - autant "Salem" m'avait terriblement déçue (j'ai un niveau d'exigence élevé en matière de vampires). Depuis, je tourne autour de certains titres sans oser me lancer. Je pense notamment à "Marche ou crève" qui à notre époque doit avoir une résonnance particulière (vive la télé poubelle télé réalité).
Mais revenons à "The mist". Initialement publié dans le recueil de nouvelles "Skeleton Crew" ("Brume" en français), son adaptation cinématographique en 2007 l'a propulsée sur le devant de la scène et en a fait un volume à part entière. Malgré ses 210 pages, il s'agit bien d'une nouvelle. Stephen King est en effet un habitué des livres à 700 - 1000 pages, voire des séries en plusieurs tomes.
Après avoir lu un résumé des autres nouvelles, je ne regrette pas d'avoir porté mon choix sur celle-là, beaucoup moins terrifiante que les autres. Il ne s'agit pas d'une nouvelle d'épouvante au sens strict du terme. Quelques scènes sont un peu gores, mais rien de méchant. Un seul chapitre m'a fait dresser les cheveux sur la tête - The expedition to the pharmacy, mais quel chapitre ! Il s'agit avant tout d'un roman d'ambiance puisque nous voilà face à un huis-clos. L'auteur décrit particulièrement bien tous les comportements que l'homme peut adopter lorsqu'il est confronté à un évènement incompréhensible qui le dépasse complètement. En l'occurrence, ce brouillard dans lequel se cachent des créatures insectoïdes et des tentacules.
Des groupes et des alliances se forment, des gens que l'on pensait forts mentalement perdent complètement pied ou au contraire, certains que l'on méprisait se retrouvent meneurs d'hommes.
Bien évidemment, comme nous sommes dans du Stephen King, un ver est dans le fruit. En l'occurence, la vieille Madame Carmody, propriétaire un peu mystique d'un magasin d'antiquités, qui voit dans cet évènement un châtiment divin. Son discours nauséabon sur la fin du monde gagne de plus en plus de fidèles à mesure que l'espoir diminue dans le magasin. Je vous le donne dans le mille, sa solution pour s'en sortir est un sacrifice humain. Sympa.
J'ai particulièrement apprécié la personnalité de David, le narrateur, qui se trouve coincé là avec son fils de 5 ans qu'il tente de rassurer et de protéger tant bien que mal. Il reste l'un des seuls à garder la tête sur les épaules au cours de ces trois jours d'enfermement et ce malgré les heures éprouvantes auxquelles il doit faire face. Sa femme qu'il a laissée seule dans leur maison habite chacune de ses pensées. Commentaire hautement philosophique de Monsieur quand je lui ai résumé la situation : "Comme quoi il faut toujours aller faire les courses". Au moins j'ai bien ri.
Tous les personnages qui apparaissent apportent beaucoup de richesse à l'histoire et aucun n'est caricatural. Mention spéciale à Ollie, employé du supermarché que j'aimerais beaucoup avoir comme collègue.
La fin ne m'a pas étonnée, je n'en voyais pas d'autre et elle convient parfaitement au reste de l'histoire.
Je suis ravie d'avoir retrouvé Stephen King par cette nouvelle. Je ne m'arrêterai donc pas là. Par contre, ne comptez pas sur moi pour voir le film malgré les bonnes critiques reçues. Quelques images aperçues sur Internet m'ont fait comprendre qu'il n'était pas du tout pour moi.
 
Lecture que j'inscris bien évidemment dans le Challenge Halloween (puisque je l'ai lue exprès !).
 

 

Signet, 230 p., 2007.