dimanche 9 mars 2014

"La maîtresse de la mort" de Boris Akounine


Résumé : A cours de l'été 1900, une vague de suicides s'abat sur Moscou. Tout le monde s'interroge, d'autant plus qu'il semble qu'une société secrète d'adorateurs de la Mort soit derrière chacun de ces drames. Colombine, jeune prinvinciale fantasque et romantique, va tomber un peu malgré elle dans les filets de Prospéro, l'étrange maître de cérémonie de ce club redoutable. Eraste Petrovitch, de retour dans la capitale, va tout faire pour enrayer l'épidémie.
 
Avis : Je suis absolument fan de la série de Boris Akounine mettant en scène le personnage d'Eraste Petrovitch Fandorine, il sera donc difficile pour moi d'avoir un avis objectif sur cette lecture. Cet opus ne dérogeant pas aux autres, je l'ai dévoré.
Il s'agit en fait du roman miroir de L'amant de la mort, dyptique décrivant 2 enquêtes d'Eraste menées en parallèle. J'avais lu L'amant... il y a fort longtemps, du coup je ne m'en souvenais plus trop en attaquant celui-là, mais cela n'a pas nuit à ma lecture. Chaque livre peut se lire comme un tout, dans n'importe quel ordre d'ailleurs.
Fidèle à son habitude, ce n'est pas Eraste Petrovitch le personnage principal, mais Colombine, demoiselle fraîchement débarquée à Moscou de sa province d'Irkoutsk. La jeune fille est fantasque et bouillonnante et surtout, très sûre d'elle et de sa réussite. Elle a en fait rejoint Pétia, un jeune homme qui l'entraîne dans un club très particulier et très select, celui des Amants de la Mort. Il s'agit en fait d'un groupe d'une dizaine d'individus, de tous les âges et de toutes les classes sociales, se voulant poètes et surtout, désirant par-dessus tout mourir. Enfin plus précisément, être élu par la Mort pour la rejoindre. Subtil. En d'autres termes, ce sont des candidats au suicide. Au départ, j'ai eu la dérangeante impression d'être face à une tripotée d'hystériques (au sens psychiatrique du terme) mais Boris Akounine réussi le pari de les rendre tous plus intéressants les uns que les autres. Nous en apprenons un peu plus sur chacun et leurs motivations. Le club est "dirigé" par le charismatique mais néanmoins inquiétant Prospéro, qui se place en arbitre du bon goût et distribue ainsi les bons points de poète aux membres. Il se sert d'Ophélie, jeune fille aux talents de médium, pour communiquer avec les morts et ainsi désigner quel sera le prochain à mourir.
Fandorine s'inquiétant de la vague de suicide qui frappe la capitale Russe se décide à infiltrer le groupe. Mais il ne s'agit pas d'une intrigue policière classique puisqu'il faut un certain temps pour comprendre que quelque chose cloche dans le club (mis à part le fait qu'il fait l'apologie du suicide, of course). Je dirais que c'est à une bonne moitié de l'histoire, avec la montée en puissance d'Eraste, que l'aspect policier se développe vraiment.
L'histoire nous est racontée par trois canaux différents. Chaque chapitre est ainsi divisé en trois parties : des coupures de presse ; des extraits du journal de Colombine ; des extraits d'un dossier "Rapports confidentiels" écrits par un informateur secret ayant infiltré le club.
C'est très habile et surtout, cela permet de donner un rythme très soutenu à l'ensemble. Ainsi, on remarque bien la métamorphose de Colombine une fois qu'elle est passée du côté obscur de la force, c'est-à-dire une fois que Prospéro l'a prise sous son aile. Au début, je la trouvais un peu cruche mais elle gagne en profondeur à mesure qu'on tourne les pages. Et bien sûr, Massa, le valet japonais d'Eraste Petrovitch a une attitude toujours aussi savoureuse.
Pour appréhender correctement le personnage d'Eraste, il ets pour moi indispensable de commencer par le 1er tome de ses aventures : Azazel (également chez 10/18).
Les aventures russes d'Eraste Petrovitch sont certes finies (bouhou) mais son personnage apparaît à nouveau dans L'attrapeur de libellules (ô, joie).

10/18, Grands détectives, 2006, 345 p.

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