lundi 5 mai 2014

"H.P. Lovecraft : contre le monde, contre la vie" de Michel Houellebecq


Résumé : Miskatonic University, Arkham, Cthulhu... autant de noms familiers pour les amateurs de littérature fantastique. Mais qui se cache derrière leur création ? Qui est réellement Howard Phillips Lovecraft ? Michel Houellebecq, admirateur incontesté du maître de l'épouvante nous dresse ici un portrait en forme d'hommage, pour découvrir l'homme à l'origine d'une œuvre qui continue d'inspirer les plus grands maîtres de la littérature de l'imaginaire.

Avis : Voici un livre que tous ceux que l'univers de Lovecraft séduit se devraient de lire. Il ne s'agit pas d'une biographie à proprement parler mais plutôt d'une déclaration d'amour de Michel Houellebecq au créateur du mythe du Cthulhu.
Je ne suis pas une grande connaisseuse de l'univers de ce maître de l'horreur puisque mes lectures se limitent à The Lurker at the Threshold lu en VO il y a bien longtemps (et pas sûre d'avoir tout compris d'ailleurs) et Herbert West, reanimator lu l'année dernière et qui m'avait énormément plu. A cela s'ajoute quelques parties de jeux de rôle autour du mythe du Cthulhu (où j'ai terminé folle à chaque fois....).
Pas besoin de maîtriser la bibliographie de Lovecraft sur le bout des doigts pour se lancer dans cette lecture. Houellebecq nous entraîne à la découverte de l'homme, plus que de l'oeuvre, même si les deux sont bien évidemment indissociables. On découvre un personnage très sûr de ses valeurs anglo-saxonnes, arc-bouté sur des principes. Ainsi, il ne réclamera jamais d'argent, même à ses débiteurs, se considérant au-dessus de ces considérations matérielles et ce, même dans la misère. Mais aussi quelqu'un de fondamentalement raciste, rejetant l'autre, parlant de "masse grouillante informe" ou "négroïde" pour parler des émigrés. C'est un être solitaire, misanthrope, mais qui pourtant trouvera l'amour pour un temps, au point de se marier. Il est intéressant de noter que ses principaux écrits, ceux que Houellebecq qualifie de "grands textes", ne seront rédigés qu'après son divorce. Fondamentalement, pour Lovecraft, la vie telle qu'elle se présente n'apporte aucune joie, aucun soulagement d'où sa fuite dans l'imaginaire. Le quotidien le désarme et le répugne à la fois. Ainsi, l'amour (pour ne pas dire le sexe) et l'argent, ne sont jamais présents dans ses textes. Jamais. Autre point important : il n'y a pas de héros véritable dans ses écrits et de toute façon, il n'y aurait point de salut pour eux. Aucun échappatoire n'est possible face aux divinités anciennes et monstrueuses : "Elles étaient déjà là au Carbonifère, elles étaient déjà là au Trias et au Permien ; elles ont connu les vagissements du premier mammifère, elles connaîtront les hurlements d'agonie du dernier."
Lovecraft nourrira une correspondance soutenue tout au long de sa courte existence avec des auteurs en herbe lui demandant des conseils sur leurs textes. Il est source d'inspiration pour des générations successives d'écrivains de l'imaginaire. Et cette empreinte va même au-delà de la littérature, notamment sous forme d'emprunts directs : les jeux vidéos (Batman Arkham Knight), les jeux de rôle / de plateau ("Horreur à Arkham" et ses extensions), la musique (Iron Maiden et la pochette de l'album "Live after death") et j'en passe.
N'ayant jamais rien lu de Houellebecq, je ne saurais dire si le ton employé reflète le reste de son oeuvre mais en tout cas, j'aime sa plume ! Il a des prises de position bien radicales, surtout lorsqu'il évoque la fiction réaliste "Sur la réalité en général, nous savons déjà à quoi nous ne tenir ; et nous n'avons guère envie d'en apprendre davantage" et son style est très accessible.
A noter : l'introduction du livre est signée par Stephen King, lui-même fervent admirateur de l'auteur. Excusez du peu....
Une lecture que je recommande chaudement !


J'ai lu, 133 p., 2005.



2 commentaires:

  1. Je l'ai lu aussi. Quand j'ai rencontré Romain. C'est un grand fan de Lovecraft. Du coup il m'avait conseillé cette "bio", assez intéressante dans mon souvenir. Malheureusement, comme tout ce que je lis, le souvenir qui m'en reste est assez flou...

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    1. Je me suis ramenée de Londres une super édition des oeuvres complètes de Lovecraft, cette lecture a rajouté une couche à ma motivation !

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