mardi 17 juin 2014

"Death at la Fenice" de Donna Leon

 

Titre en français : Mort à La Fenice

 
Résumé : C'est la première de La Traviata au théâtre de La Fenice à Venise. Helmut Wellauer, le très renommé chef-d'orchestre, dirige la représentation. Mais à l'entracte, il est retrouvé mort dans sa loge, victime d'un empoisonnement au cyanure. Le commissaire Brunetti est chargé de l'enquête. Celle-ci savère difficile car d'une part, un nombre conséquent de gens ont eu accès à la loge et d'autre part, la personnalité de l'artiste se révèle plus obscure qu'il n'y paraît. Qui pouvait lui en vouloir et bien sûr, pourquoi ?
 
Avis : Je n'ai jamais regardé la série éponyme diffusée sur France 3, c'est donc sans idée de ce qui m'attendait que je me suis lancée dans cette lecture. Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de roman policier et j'avoue que ce choix n'aurait pas pu mieux tomber pour me relancer sur ce genre. La trame est somme-toute classique : on cherche l'assassin du chef d'orchestre et cela ne donne pas lieu à des courses-poursuites effrenées en gondoles mais de longues conversations avec les différents suspects pour tenter de cerner leur psychologie. Classique, mais efficace. Car on tourne en rond avec Brunetti (dans le bon sens du terme !) qui interroge la femme de Wellauer, puis une diva puis à nouveau sa femme, etc. Les pages se tournent, on n'est pas très avancé et puis d'un coup, l'auteur nous donne un indice qui nous permet de tirer un fil et de démêler tout ça. Ce qui j'ai particulièrement apprécié, c'est que tout n'est pas noir ou blanc, les personnages apportent tous quelque chose.
Le commissaire Brunetti est en ce sens très travaillé. Il n'a rien d'un flic hors pair, il se retrouve en charge de l'affaire et doit composer avec sa hiérarchie et des coéquipiers pas toujours très efficaces. Aucune force physique employée ici, pas de passage à tabac de témoin récalcitrant, pas d'étalage de muscles mais un sens de la déduction et une obstination sans faille. Ses interactions avec sa famille en font un personnage abouti qu'on suit avec plaisir.
Venise occupe une place à part entière dans ce roman, Donna Leon nous entraînant dans ses ruelles, bien loin des clichés touristiques. La romancière a vécu dans cette ville et à la lecture de ses descriptions, c'est évident. La cité des Doges n'a rien de glamour, c'est une ville d'Italie mangée par les eaux, aux prises avec le froid hivernal et le brouillard, la puanteur ramenée des zones industrielles environnantes. Le carnaval et les pigeons de la place Saint Marc sont inexistants. 
De nombreuses références à la culture italienne jalonnent le texte, notamment sur la façon dont les gens intéragissent entre eux (ce qu'on peut dire ou pas) mais aussi dans leurs rapports avec l'autorité (généralisation du pot de vin par exemple).
Une chose, certes anecdotique, mais qui m'a frappée : tous les personnages boivent comme des trous ! Certes, de bons vins italiens mais aussi du whisky, de la grappa, du brandy, etc. Ce n'est pas un ou deux verres qu'ils s'enfilent mais quasiment la bouteille à chaque scène de repas / apéritif. Du coup, je me demande maintenant si c'est culturel en Italie de boire autant...
En bref, une intrigue policière bien ficelée et un commissaire Brunetti des plus réalistes dans un environnement envoûtant.
Harper Torch Mystery, 278 p., 2001.

2 commentaires:

  1. Lu en français et apprécié, comme toi ! :)

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    1. Je pense que c'est une série que je vais continuer avec plaisir...

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