lundi 3 août 2015

"Train perdu, wagon mort" de Jean-Bernard Pouy




Résumé : Un train couchette s'arrête en pleine nuit, en rase campagne. Les occupants du wagon de queue ne tardent pas à réaliser qu'ils ont été détachés du reste du train et qu'ils sont donc seuls au milieu de nulle part. L'attente pour les secours commence mais quand ces derniers tardent à venir, certains passagers commencent à céder à l'angoisse. D'autres décident de partir à pied le long des rails pour rallier la prochaine gare. Pendant ce temps, des avions de chasse sillonnent le ciel...

Pourquoi ce livre : Depuis un moment dans ma PAL...

Avis : Ce livre commence doucement, dans une atmosphère un peu "bon enfant". Les passagers prennent leur mal en patience. Puis petit à petit, des éléments angoissants viennent refroidir l'ambiance et faire comprendre que la situation est sans doute beaucoup plus compliquée que prévu.
On glisse alors subtilement dans le survival.
Pays fictif choisi comme décor, la Zoldavie a un nom qui sonne comme un pays de l'Est. François, le narrateur, est professeur de géopolitique et il sait que sa position sur la scène internationale ne présente pas de conflit particuliers. Mais en même temps, pourquoi est-il chargé d'amener à d'obscurs personnages des documents top secrets ? Les passagers du train sont-ils bien tous là par hasard ?
Beaucoup de choses sont ébauchées, créent un climat particulier par petites touches mais ne permettent pas du tout d'avoir une vue d'ensemble de la situation. De toute façon, comme dans tout bon survival, les téléphones ne passent évidemment pas donc personne ne peut se renseigner.
La résistance s'organise, avec son meneur, ses dissensions, ses arrangements que créent la promiscuité. Un groupe se forme mais ne peut rester uni face à l'inconnu : certains décident de partir. Le décor du wagon de train fini par apporter une petite touche incongrue à l'ensemble, tout seul sur ces rails perdus dans la campagne.
J'ai beaucoup aimé la narration, du point de vue de François donc, qui reste quand même calme malgré quelques accès de panique fort justifiés. Il n'y a pas de temps mort, même si ce n'est pas non plus un roman d'"action". Ce que tente le groupe est crédible, on n'est pas dans la science-fiction et cela renforce vraiment le sentiment de réalité et donc de malaise parfois pour le lecteur.
Petit bémol, la fin "en eau de boudin", qui n'apporte pas de réponse et qui du coup a généré pas mal de frustration de mon côté.
Une lecture rapide et divertissante que je vous recommande !

Points roman noir, 2008, 160 p.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire