mardi 22 décembre 2015

"Le château de Cassandra" de Dodie Smith

Ok, j'avoue, je suis en mode hibernation avancée. Je lis, je lis mais... le soir arrivant, je n'ai plus envie d'allumer mon PC, j'ai juste envie de me morfondre sur mon canapé / lit / fauteuil (rayer la mention inutile) et bouquiner. Mais assez avec mes états d'âme, je vous livre le compte-rendu de ma dernière lecture qui m'a beaucoup plu.




Résumé : Nous sommes en Angleterre, dans les années 1930 et Cassandra, jeune fille de 17 ans, tient un journal dans lequel elle raconte le quotidien de sa famille désargentée dans un château en ruine. Lorsque deux jeunes américains s'installent dans le château voisin, l'existence de chacun s'en trouve bouleversée.

Pourquoi ce livre : récupéré au boulot, il m'a semblé que c'était un classique de la LJ outre-Manche.

Avis : J'ai mis très longtemps à le lire, un mois peut-être, déjà parce que l'action n'est pas fulgurante, ensuite parce qu'il est très long : 556 p. (ok, l'excuse qui ne vaut rien !!).
Nous plongeons des deux pieds dans la vie et dans la tête de Cassandra Mortmain, issue d'une famille de 3 enfants. La mère est décédée, le père est un écrivain qui a écrit un roman ayant connu le succès et qui depuis une dizaine d'années est confronté au problème de la page blanche. L'argent gagné a disparu petit à petit, laissant sa famille sans le sou, voire même dans une pauvreté certaine. Ils vivotent tous grâce à la générosité du propriétaire qui "oublie" de leur réclamer le loyer ainsi que grâce aux quelques livres sterling que gagne Topaz, la belle-mère des enfants, en posant à Londres pour des peintres. On l'a compris, il s'agit d'un milieu artistique, bobo dirions nous maintenant.
Thomas, le garçon, va à l'école grâce à une bourse, les deux filles aînées, Rose et Cassandra, ont dû abandonner faute d'argent. Cassandra est cependant une lectrice avide et apprécie par-dessus la poésie à laquelle elle fait de nombreuses références.
Malgré des conditions de vie difficiles, il règne une certaine gaité dans la maisonnée, notamment grâce à Topaz qui apporte une petite touche excentrique. Notons qu'elle a de très bons rapports avec Cassandra.
Celle-ci est une très bonne observatrice des rapports humains doublée d'une fine psychologue, ce qui fait que ses remarques sont très pertinentes, sensibles, souvent drôles d'ailleurs et ses introspections très sérieuses pour une jeune fille de 17 ans. J'ai beaucoup aimé sa façon de penser, tout en nuance.
Elle connait ses premiers émois amoureux avec l'arrivée des deux jeunes américains dans une propriété voisine. Je ne suis pas très sûre d'apprécier ces personnages à leur juste valeur mais leur venue va révolutionner la vie des Mortmain donner de la profondeur au récit.
J'ai lu avec attention les passages décrivant les codes de la société des années 30, dans un certain milieu huppé en tout cas, avec toutes les conventions à respecter (pendant les repas, pour danser, pour s'habiller, etc).
Sans l'avoir dévorée - faute d'énergie, je me suis laissée prendre par cette fiction avec enthousiasme et j'ai particulièrement apprécié les remarques et la sensibilité de l'héroïne qui sonnent très justes.
A noter, Dodie Smith est à l'origine de l'histoire des 101 Dalmatiens de Disney.


Gallimard jeunesse, Pôle fiction, 2015, 556 p.

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