lundi 29 février 2016

"Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson



Résumé : Sylvain Tesson revient sur les bords du lac Baïkal 7 ans après sa première rencontre avec le lieu. Cette fois, il va résider 6 mois dans une cabane de 3m x 3m, au Cap des Cèdres du Nord. Commence alors pour ce grand voyageur une période de solitude et de recueillement qui le forceront à se regarder en face.

Pourquoi ce livre : offert par une amie, je l'avais de toute façon repéré !

Avis : Il s'agit avant tout du compte-rendu d'un exploit humain et physique. Humain, parce que la solitude à laquelle Sylvain Tesson se confronte peut être éprouvante et beaucoup je pense auraient craqué. Il est sa seule compagnie et doit faire avec ses pensées. Son isolement est toutefois troublé de temps en temps par des visites de "voisins" ou de touristes et il est alors de bon ton d'ouvrir sa porte et de partager une bouteille (ou 5 !) de vodka.
C'est une chose qui m'a frappée d'ailleurs : la consommation proprement hallucinante de vodka de cet homme. Il s'enfile les litres comme je m'enfile des verres d'eau. Je me demande s'il n'est pas rentré à moitié alcoolique... Mais c'est la boisson nationale, celle qui est attendue et réclamée, celle qui permet de socialiser. Rares sont ceux qui se contentent de thé.
Son alimentation aussi peut faire peur : pâtes au tabasco, de temps en temps des blinis, de la charcuterie apportée par ses hôtes de passage et quelque fois, un ou deux ombles pêchés dans le lac. 6 mois à ce régime, je suis admirative !
La nature est rude et sans concession. On est tout de suite happé par la beauté des paysages, que Sylvain Tesson décrit extrêmement bien. Ainsi, le réveil de la nature au mois de mai m'a littéralement faire entendre la glace qui craque sur le lac. Sublime ! J'ai été estomaquée devant son endurance physique, les marches qu'il arrive à faire alors qu'il fait -20°C dehors (des expéditions de plusieurs heures, des bivouacs en pleine forêt) - surtout vu la nourriture qui l'attend au retour. Mais il s'agit d'une véritable ode à la nature, un plaidoyer pour la protéger, mais sans prosélytisme non plus.
Sylvain Tesson vit comme un ermite, le vit très bien d'ailleurs et cherche à avoir le moins d'impact possible sur l'environnement qui l'entoure. Beaucoup de ses réflexions m'ont touchées.
Bien sûr, il a emporté dans ses bagages une malle complète de livres pour alimenter ses pensées dont la liste est fournie assez rapidement. L'explorateur est aussi un érudit, avide de philosophie et de classiques, citant régulièrement de grands auteurs. J'ai d'ailleurs trouvé certaines entrées de son journal un brin fumeuses (à mettre sur le compte des grammes de vodka dans le sang ???).
Même si j'ai mis un peu de temps à finir cette lecture (j'ai lu d'autres ouvrages entre-temps), je ne regrette pas la magnifique parenthèse qu'il m'a offerte.

A noter : ce livre a reçu le prix Médicis Essai en 2011.


Folio, janvier 2015, 289 p.

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