samedi 20 février 2016

"Les nuits de Reykjavik" d'Arnaldur Indridason



Résumé : Erlendur est un jeune policier de la brigade de proximité à Reykjavik. Son travail la nuit est rythmé par les accidents de la route, les violences domestiques et les cambriolages. Mais une affaire à laquelle il ne participe pas l'obsède, celle de la mort par noyade d'un sans domicile fixe qu'il avait l'habitude de croiser. Quand tout le monde pense que c'est accident dû à l'alcool, Erlendur en doute et se met en quête de la vérité.

Pourquoi ce livre : sur les conseils d'une copine suite à la déception que j'avais eu en lisant Camilla Läckberg.

Avis : Histoire de ne pas rester sur ma lecture mitigée d'un polar venu du froid (voir La princesse des glaces), j'ai pris ce livre en voyant qu'il s'agissait de la première enquête du personnage Erlendur. Oui mais voilà, en fait, il ne s'agit pas du premier livre de la série mais du dernier publié. C'est en fait un retour en arrière sur les débuts du personnage dans la police. D'ailleurs, aucune date n'est donnée donc difficile de savoir quand exactement se déroule l'ensemble. Quelques indices laissent à penser que c'est il y a un bon moment. Si je me base sur une chanson à laquelle son équipier fait référence, on est autour de 1970...... (pour info, il s'agit de "A whiter shade of pale" de Procol Arum, sublime chanson !).
L'enquête sur la mort d'Hannibal, sans domicile fixe, progresse lentement - il faut dire qu'Erlendur fait tout ça en off puisqu'à la base, il fait partie de la police de proximité. J'ai aimé le fait qu'il s'intéresse à une personne dont personne ne se soucie, qu'il essaie de retracer son histoire et finalement de le réhabiliter (malgré les moments de doute).
Il ne s'agit pas du tout d'un thriller, il n'y a pas de moments intenses ou de courses poursuites effrénées. L'action est secondaire, je soupçonne Indridason d'avoir surtout voulu lever le voile sur la personnalité d'Erlendur.
Ce dernier travaille de nuit, quelque peu coupé du monde et des autres, en décalage. Il n'a pas l'air de s'intégrer ou de rechercher de compagnie malgré les bons rapports qu'il entretient avec ses deux coéquipiers. Mais l'ensemble du portrait dressé n'en fait pas quelqu'un de très attachant. Ok, il a vécu un drame lorsqu'il était enfant (la disparition de son frère aîné dans une tempête, quand lui apu être retrouvé) mais pratiquement 20 ans plus tard, il est toujours figé. Je l'imagine donc au présent comme un personnage aride et taiseux, enquêteur solitaire.
Le roman m'a offert une autre vision de l'Islande. Allez savoir pourquoi, je me disais qu'une nation de 325 000 habitants ne devait pas avoir de SDF (raisonnement "cui cui les petits oiseaux", j'en conviens...). Disons que j'avais surtout en tête des paysages sublimes et lunaires, merci à mon frangin qui m'a montré ses dernières photos de vacances.
Il y a un problème généralisé de consommation d'alcool, chez les sans-abris mais pas seulement. Erlendur et ses collègues arrêtent 3 ou 4 automobilistes en état d'ébriété toutes les nuits (sans compter ceux qui se battent devant les bars, etc).
Cette lecture m'a plu pour l'obstination d'Erlendur et son travail de fourmis en solitaire mais le personnage en lui-même m'a laissée de marbre. Je lirai donc La cité des jarres pour vérifier si j'ai vu juste sur lui.


Points, Policier, 2015, 251 p.



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