vendredi 27 décembre 2013

"How to abduct a Highland Lord" de Karen Hawkins

 
 
Résumé : Pour mettre un terme à la haine qui oppose sa famille à celle des Kincaid, Fiona MacLean enlève Jack Kincaid et l'épouse de force. Mais Jack n'est pas décidé à se laisser piéger dans une vie d'homme marié et compte bien faire payer à sa jeune épouse son idée saugrenue. Comment donc ? Et bien en continuant à faire comme il a toujours fait : sortir dans des cercles de jeu, boire et collectionner les femmes. Mais Fiona va tout faire pour que ce faux mariage se change en vrai.
 
Avis : Première incursion dans l'univers de la romance, j'ai lu ce livre.... parce qu'on me l'avait offert lors d'un mini swap sur l'Ecosse (merci Kscendre !). J'avoue, j'ai mis 3 mois à le finir. Pas parce que le style est mauvais ou quoi que ce soit, simplement parce que je n'ai pas du tout été intéressée ni par l'histoire, ni par les personnages. J'avais l'impression d'être dans une galerie de clichés : le beau mâle ténébreux et mauvais garçon (qui bien sur est très très musclé et très très grand), les frères prêts à tout pour venger leur honneur, la méchante, blonde et beauté glaciale, la gentille, brune et voluptueuse. Vous voyez ce que je veux dire. En plus, c'est par la fin que tout commence : le mariage des protagonistes ! On n'a finalement même pas un minimum de suspense "Will they ? Won't they ?", puisque de toute façon, à cette époque (fin XIXème), le divorce était quand même rarement une option.
Le coup de la malédiction de la famille MacLean, qui fait tourner le temps à l'orage dès qu'ils sont en colère, m'a vraiment semblé ridicule. Pourquoi introduire un élément pseudo-fantastique dans cette histoire ? Pour que les méchants soient trempés de temps en temps... Au secours !
L'Ecosse maintenant... Le fait que les protagonistes soient écossais n'apporte rien du tout à l'histoire. Alors oui, certes, de temps en temps, on a des expressions comme "lassie", mais c'est bien tout. Pour autant que je sache, ça aurait pu se passer en Bretagne ou en Hongrie que ça aurait été tout à fait pareil. Il n'y a pas besoin d'être Ecossais pour avoir le sang chaud et une bonne descente d'alcool ou encore pour vouloir venger sa famille. Je suppose que c'est une histoire de fantasme du Lord écossais drapé dans son tartan au pied de son château dans un Loch. Pourquoi pas, je suis une inconditionnelle de Connor MacLeod (Highlander) et de Lord Maccon (Protectorat de l'ombrelle). *^^*
Bref, cette lecture n'est pas une réussite. Mais comme c'est la première romance que je lisais, je serais bien en peine de dire si ce roman est représentatif du genre ou pas. La romance a longtemps souffert en France d'un complexe d'infériorité et il était à la limite du honteux d'avouer qu'on en lisait. Je me souviens de ma grand-mère qui enchaînait les Barbara Cartland sous les moqueries de tous "Mais c'est nul, mamie !" alors qu'en fait, je voyais bien qu'elle se faisait rudement plaisir. Les éditeurs s'ouvrent de plus en plus à ce genre, les forums fleurissent et les blogs ont permis de se décomplexer (si tant est qu'il était besoin de se décomplexer d'un type de lecture...). Mais je ne suis pas sûre de retenter l'expérience, à moins de me faire conseiller un incontournable.
Au moins, j'ai travaillé mon anglais, il faut voir le positif !

Pocket books romance, 313 p., 2007.

jeudi 12 décembre 2013

"Et puis, Paulette..." de Barbara Constantine

 
 
Résumé : Ferdinand se sent bien seul depuis le départ de la ferme familiale de son fils, sa belle-fille et ses deux petits-fils. Même s'il a des amis qu'il voit régulièrement et qu'il va régulièrement en ville, cette grande bâtisse manque de vie. Quand sa voisine qu'il connaît à peine se retrouve sans toît (littéralement !), c'est spontanément qu'il lui propose de venir s'installer chez lui le temps des travaux. Marceline accepte et de fil en aiguille, d'emménagements successifs en emménagement successifs, c'est une joyeuse bande déparaillée qui va finir par cohabiter.
 
Avis : Lecture agréable qui m'a fait passer un trajet en train, j'émets cependant un petit bémol après avoir lu ce roman.
L'idée de départ est très bonne, un livre chorale autour de la solidarité et de l'entraide inter-générationnelle. A une époque où chacun reste dans son coin et ne s'intéresse que très peu à ses voisins, cette histoire remet un peu de baume au coeur. Même si l'ensemble déborde de bons sentiments, on se surprend à aimer voir comment tous ces personnages interagissent entre eux, quel sera le prochain à rejoindre la ferme et quels projets ils vont mener de front.
Aucun n'est parfait, ils ont tous leurs petites travers. S'il fallait trouver deux personnages principaux, je dirai bien sûr Ferdinand, qui est le premier à lancer sa chaîne de solidarité et Marceline, sa voisine qu'il accueille ce fameux soir de tempête. Mais celui que j'ai préféré, c'est l'âne ! Toujours à essayer de se faire la malle et à réclamer de l'attention. ^^
Le style étant ce qui m'a principalement chiffonée. On est dans du style parlé, à la limite du grossier, voire carrément dedans pour une bonne partie du roman. Les personnages s'envoient des "quel gros naze !" à la figure et puis les fautes de français s'accumulent. Un passage un peu moins littéraire que les autres ne me pose pas de problème, surtout s'il correspond bien à un personnage, mais là, c'était pratiquement tout le livre. C'était rigolo de lire les lettres de Ludo mais j'ai trouvé qu'il y avait une accumulation qui m'a gênée, même si j'ai régulièrement lu des romans "non littéraires" sans que cela me pose trop de problème. Mon seuil de tolérance était dépassé avec celui-là, allez savoir pourquoi.
En tout cas, l'histoire me paraît parfaite pour la saison, avec un petit côté conte de Noël.
 
A noter : l'édition que j'ai lue est une réédition dans une collection jeunesse.
 
Le livre de poche jeunesse, 286 p., 2013

mardi 3 décembre 2013

Sortir le nez de ses livres... #2

Vendredi dernier, j'ai eu la chance d'assister à la formation "De la page à l'écran" dans le cadre du salon du livre jeunesse de Montreuil. Les interventions étaient vraiment très intéressantes et pertinentes (sauf une !) et on est tous repartis je crois avec beaucoup d'informations à digérer. La conclusion était faite par Olivier Houdé de l'Académie des Sciences, co-rédacteur du rapport "Les enfants et les écrans" et je peux vous dire que ça volait très haut !
De façon plus anecdotique, j'ai aussi découvert une excellente application, SNEAK, malheureusement uniquement disponible sous l'App Store (bouhou, et Androïd ?).
 
Elle est développée par la start-up Made in Me et je pense qu'elle permet de passer de bons moments en famille. Voire en soirée entre copains !
J'en ai bien évidemment profité pour arpenter le salon, d'abord seule puis en compagnie de ma chère Kscendre. Quel plaisir de revenir au SLPJ ! Mais j'ai été plus que raisonnable point de vue achats, juste quelques livres pour mon Gremlins.
 
 
 
Je suis aussi allée au Palais de Chaillot voir une exposition qui me faisait envie depuis longtemps : "1925, quand l'Art Déco séduit le monde". Un peu déçue à la sortie, finalement peu d'objets, beaucoup de maquettes et de photographies. Mais certaines pièces étaient de toute beauté ! Je n'ai bien évidemment pas manqué d'aller dire bonjour à la Tour Eiffel toute proche.
 
 
A l'occasion de l'aller-retour en train, je me suis plongée dans Et puis, Paulette... de Barbara Constantine, lecture en demi-teinte dont je vous parle sous peu !
Et vous, des voyages, des découvertes ces derniers temps ?
 


dimanche 24 novembre 2013

"Esprit d'hiver" de Laura Kasischke

 

Résumé : 25 décembre. Holly s'est réveillée tard en ce matin de Noël et doit donc préparer dans l'urgence le traditionnel repas qu'elle partagera avec des amis et la famille de son mari. Ce dernier a dû partir en urgence chercher ses parents à l'aéroport. Holly est donc seule avec sa fille adoptive Tatiana dans cette grande maison peu à peu isolée par la neige. Plus la journée avance et plus le comportement de l'adolescente devient étrange, perturbant et anxiogène pour sa mère. Il devient aussi évident que le blizzard ne permettra à aucun des invités de parvenir jusqu'à elles. Cette journée éprouvante pour Holly l'oblige à se plonger dans ses souvenirs et à faire le point sur sa vie en tant que femme et en tant que mère.

Avis : Il m'a fallu poser ce livre quelques jours avant de pouvoir écrire cette chronique. En effet, une fois la dernière page refermée, l'histoire, les mots, les situations, ont continué de me hanter.
Alternant sans cesse flash-backs de l'adoption de Tatiana en Russie et des moments de son enfance avec la situation présente - le jour de Noël, nous voilà plongés dans la tête d'Holly, poétesse "ratée" qui attend ses invités pour le traditionnel repas annuel.
D'emblée, l'auteur nous indique que nous serons dans un drame, voire même une tragédie grecque. Le roman s'ouvre sur cette phrase : "Quelque chose les avait suivi depuis la Russie jusque chez eux". Phrase qui constituera le refrain du livre puisqu'elle reviendra plusieurs fois dans le texte. Mais quelle est cette chose ? De son propre aveux, Holly admet que des signes avant-coureurs lui ont été envoyés : une bosse grossissant sur la main de son mari, une de leurs poules picorée à mort par les autres et d'autres petites choses encore. Mais la vie n'est-elle pas faite de ces "petits problèmes" ?
Le lecteur ne sait pas dès le départ qu'il est face à un huis-clos. C'est à mesure que la neige tombe à l'extérieur et que le paysage devient d'un blanc uniforme qu'il comprend que tout va se jouer à l'intérieur de cette maison. Personne ne pourra atteindre les deux femmes qui vont s'affronter ce jour de Noël, qui reste LA fête familiale par excellence. Pas de personnage masculin dans ce récit puisqu'Eric, le père, est parti en urgence à l'aéroport pour récupérer ses parents. Il ne sera présent qu'à deux ou trois reprises, via des conversations téléphoniques très brèves qui laisseront d'ailleurs à Holly un goût amer. Eric apparaît en revanche lorsqu'Holly évoque des épisodes de leur passé. Il m'a semblé qu'il était celui qui amenait au couple du concret et qu'il était souvent la voix de la raison. 
Le comportement étrange de Tatiana aurait tendance à rendre Holly d'autant plus sympathique aux yeux du lecteur : qui ne connait pas de couple avec adolescent dans son entourage, prisonnier du comportement changeant voire agressif de son enfant ? On est d'abord du côté d'Holly face à cette adolescente qui apparaît de plus en plus ingrate. Le point culminant étant le moment où elle hurle à sa mère "Tu me m'as même pas acheté de cadeaux de Noël" alors que plus de 2000 $ de paquets l'attendent au pied du sapin. Puis à peu, on comprend qu'Holly en fait trop. Elle qui a connu une enfance dramatique (perte d'êtres proches dans des conditions douloureuses) et une vie de femme difficile (problèmes de santé très graves) a envie de faire de la vie de sa fille un rêve américain. Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions et souvent, elle force la main de Tatiana. En projetant sur elle ce qu'elle a vécu dans son enfance, en voulant à tout prix lui rappeler ses origines russes, en se mêlant sans tact et sans pudeur de sa relation avec son petit ami Tommy. A un moment, Tatiana dit à sa mère :  "Je ne suis pas comme toi ! Pourquoi est-ce que je ferais les mêmes erreurs ?". Il m'est arrivé de ressentir un certain malaise face à des choses qu'Holly avait faites ou dîtes. Mais le comportement à la limite de la schizophrénie de l'adolescente n'incite pas non plus à prendre partie pour une des deux femmes. Nous sommes donc les simples spectateurs de ce drame intimiste.
J'ai particulièrement été glacée par les descriptions de l'orphelinat où Tatiana a été adoptée. Ce sont surtout ces passages qui m'ont hantés longtemps après avoir achevé ma lecture.
Le cadre simple et familier d'un jour de Noël rend finalement encore plus angoissantes toutes ces situations tendues et étranges entre la mère et sa fille. Un décor aussi "banal" ne doit normalement pas être le cadre d'une telle tragédie.
La dernière page est une claque pour le lecteur. Tout devient limpide mais tout devient horrible. J'ai lu depuis que ce genre de conclusion était une des constantes de l'oeuvre de l'auteure.
 
Note pour ce livre : 18/20 => un grand moment de lecture, une lecture qui ne vous lâche pas une fois la dernière page refermée.
 
Un grand grand merci à l'équipe de Price Minister-Rakuten pour la découverte de cette auteure. J'ai en effet reçu ce livre dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2013 (#MRL2013).
 
Christian Bourgeois éditeur, 275 p., 2013.

lundi 18 novembre 2013

"Petite poucette" de Michel Serres



Résumé : (4ème de couverture) Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, tout aussi décisive, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.
De l'essor des nouvelles technologies, un nouvel humain est né : Michel Serres le baptise «Petite Poucette» - clin d'oeil à la maestria avec laquelle les messages fusent de ses pouces. Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître... Débute une nouvelle ère qui verra la victoire de la multitude, anonyme, sur les élites dirigeantes, bien identifiées ; du savoir discuté sur les doctrines enseignées ; d'une société immatérielle librement connectée sur la société du spectacle à sens unique...
 
Avis : Il y a bien longtemps que je n'avais pas lu d'essai et c'est à la faveur d'un trajet en train que je me suis plongée dans cette lecture.
Pour le philosophe Michel Serres, les nouvelles technologies ont révolutionné nos sociétés occidentales et un nouveau modèle de vivre-ensemble reste à inventer. La génération née à partir de 2000 aura toujours connu Internet, le wifi, les téléphones portables, le téléchargement, Wikipédia, etc.
Quelle place donner aux relations interpersonnelles quand on passe plus de temps à dialoguer par écrans interposés qu'à discuter autour d'un café ? Quelle place donner à l'école quand ce que dit l'enseignant est à portée de tous en quelques clics sur la toile ?
C'est finalement le pouvoir qui se trouve également ébranlé. Chaque individu a désormais un espace pour exister et se faire entendre, bien au-delà des périodes électorales qui permettent de voter et donc d'exprimer un choix. L'essor des blogs en est l'exemple parfait (même si on peut aussi rajouter les chaînes Youtube, les comptes Instagram, Flickr...). L'auteur insiste sur le fait que nous sommes de plus en plus acteurs et que par là-même, il devient de plus en plus difficile de "subir". Il parle notamment du milieu professionnel.
Le chapitre sur le savoir et l'école m'a particulièrement fait réfléchir. En effet, on peut se demander quel est l'intérêt de maintenir une pédagogie frontale et descendante, où le prof dicte son savoir aux élèves. L'enseignant finalement ne fait "qu'oraliser de l'écrit" puisque tout ce qu'il dit est déjà présent dans les livres (ou sur le net, bien sûr !). Heureusement, la pédagogie a quand même fait de sérieux progrès et a intégré petit à petit travaux de groupes et autres dispositifs tans- et pluri-disciplinaires.
Là où par contre je ne suis pas d'accord avec Michel Serres, c'est qu'il part du postulat que chacun a accès au savoir et peut trouver l'information. C'est faux et ce pour deux raisons. Tout d'abord, il existe en France ce qu'on appelle la fracture numérique. Tout le monde n'a pas d'ordinateur ou d'abonnement Internet. Cette fracture a tendance à se réduire puisque Internet est désormais accessible depuis plusieurs types de supports : smartphones, tablettes, consoles de jeux, etc. Mais l'école a là un rôle à jouer en permettant à tous les élèves l'accès aux nouvelles technologies.
Deuxième point de désaccord : le philosophe part du principe que tout le monde est susceptible de trouver l'information. Mais tout le monde n'est pas susceptible d'être motivé ou d'avoir envie d'acquérir des connaissances. La curiosité intellectuelle n'est pas innée, elle dépend malheureusement souvent du milieu familial dans lequel on évolue. N'oublions pas que nous sommes à l'air de la téléréalité et autres vidéos de LOLcats, pas très enrichissant, vous en conviendrez...
Bref, une lecture qui même si elle n'apporte pas de réponse quant aux évolutions de la société de demain a le mérite d'ouvrir le débat et de poser la question.
 
Le Pommier, collection Manifestes, 82 p., 2012

samedi 9 novembre 2013

"Haunt" de Robert Kirkman et Todd McFarlane



Résumé : Daniel Kilgore, prêtre sans grande conviction, vient de perdre son frère Kurt, qu'il haïssait. Mais les choses se compliquent quand le fantôme de ce dernier vient le hanter. Les deux hommes découvrent qu'ils peuvent fusionner en une sorte d'entité ectoplasmique aux pouvoirs surnaturels. Cela tombe bien car Kurt n'avait pas une vie de tout repos : les voilà poursuivis par ses anciens ennemis et recherchés par ses anciens employeurs.
 
Avis : Je n'étais pas du tout partie à la bibliothèque pour prendre ça mais le responsable du rayon BD a su se montrer très convaicant (notons aussi qu'il a pleuré de joie quand je lui ai dit que je n'étais pas hostile aux comics). Bref, me voilà repartie avec non pas un mais 4 tomes de cette série issue de l'imagination des créateurs de Spawn (la ressemblance est frappante) et de The Walking Dead.
Une chose à savoir tout de suite, ce n'est pas un comics pour les âmes sensibles. De nombreuses scènes ultra violentes, voire gores ponctuent l'histoire. C'est d'ailleurs marqué derrière "Pour lecteurs avertis".

 
Nous voilà donc plongés dans un monde où s'affrontent une société gouvernementale ultra secrète, des assassins free-lance, des trafficants internationaux, etc, etc. Bref, que du beau monde.
La relation entre les deux frères est très intéressante puisqu'en gros, Daniel desteste son frère Kurt qu'il accuse de lui avoir volé sa femme, mais Kurt est obligé de hanter son frère qui est le seul à le voir. Disons que le couteau est sans cesse remué dans la plaie, jusqu'à ce que, bien sûr, les choses évoluent un peu et que Daniel s'apaise.
L'histoire en elle-même ne m'a pas enthousiasmée outre mesure. Même si Haunt est un personnage intéressant, la trame de fond reste assez banale (les gentils qui veulent empêcher les méchants d'avoir accès à des résultats de recherche scientifique). Les deux premiers tomes peuvent se lire comme une même histoire. Celle-ci évolue à la fin du tome 2 avec une étrange apparition qui poursuit le fantôme de Kurt. Il y a d'ailleurs 2-3 passages métaphysico-mystiques, quand Kurt se retrouve dans une sorte de néant avec une entité qui lui parle. Par contre, je n'ai pas du tout lu le tome 4 car le dessin change et que je n'ai pas aimé ce nouveau coup de crayon. Oui, j'avoue, le dessin est le critère numéro 1 quand je choisis une BD.
A noter que des croquis préliminaires sont visibles à la fin de chaque tome ainsi que certaines des couvertures américaines.

 
Point positif, beaucoup de personnages féminins pas neuneu et pas faire-valoir qui apportent vraiment quelque chose à l'histoire : Mirage, la directrice Toch, Rhodes, etc. Je passe cependant sur leurs plastiques particulièrement irréalistes (j'en ai un peu marre des héroïnes de comics qui font du 95G).
Autre point positif, les méchants : Cobra fait vraiment peur - surtout après sa reconstruction faciale et Hurg remplit bien son rôle de colosse. Et j'arrête là de dire "méchant" parce que j'ai l'impression d'être coincée dans un sketch des Inconnus.
Si la série se poursuit, je ne suis pas sûre de la continuer. J'ai bien aimé, mais sans plus.
 

Delcourt, 135 p., 2001.


lundi 28 octobre 2013

"Hanté" de James Herbert





Résumé : David Ash est appelé à se rendre à Edbrook, demeure familiale des Mariell, pour enquêter sur une série d'apparitions qui perturbent ses habitants. Armé de son équipement hightech, David sent qu'il n'aura pas besoin de rester longtemps dans cette grande maison mal entretenue. Mais les Mariell sont bien décidés à ne pas lui faciliter la tâche. Pour quelle raison l'ont-ils finalement fait venir ? Pourquoi Edbrook semble-t-elle se nourrir de l'énergie vitale de l'enquêteur ?

Avis : Voici un auteur anglais très prolifique dans les genres horreur et fantastique que je ne connaissais pas du tout. Mais c'est bien ça l'intérêt des challenges, faire des découvertes !
A la recherche d'une histoire de fantômes et de maisons hantées, j'ai arrêté mon choix sur celui-là. Le secret de Crickley Hall du même auteur me tentait bien aussi mais la longueur m'a quelque peu dissuadée de le lire pour le challenge Halloween (j'ai un rendement lecture plutôt faible ces derniers temps...).
Hanté nous emmène donc sur les traces de David Ash, être rationnel dont le travail consiste à donner des explications scientifiques pour des phénomènes inexpliqués. David est un personnage torturé, perdu entre sa volonté de prouver que les esprits frappeurs n'existent pas, mais hanté par le souvenir de sa petite soeur disparue dans des circonstances dramatiques (d'où le titre "hanté" et non pas "hantée", pour la maison). Au fil des années, il s'est forgé une carapace que ses collègues et amis ont du mal à pénétrer (je ne suis même pas sûre qu'il en ait, des amis).
Je ne vais pas vous mentir, ce livre est une déception. Pas parce qu'il est mal écrit ou l'histoire ridicule. Plutôt parce qu'il faut attendre la page 310 (sur 375) pour avoir un peu d'action et pour que les choses se précipitent. Pour une peureuse comme moi, je n'ai ressenti d'angoisse ou d'oppression à aucun moment. Aucune scène ne m'a scotchée à mon fauteuil ou ne m'a suivie une fois le livre reposé. Moi qui pensais lire une histoire qui allait me donner la chair de poule, pas du tout. Peut-être n'ai-je pas pris le bon livre de cet auteur ? La couverture laissait certes présager quelque chose du domaine de l'épouvante mais je ne me suis pas assez renseignée avant de l'acheter.
On sent bien que la famille Mariell est plus que louche et qu'ils cachent un secret bien noir entre les murs d'Edbrook. Mais on tourne vite en rond, l'intrigue n'avance pas très vite et plusieurs fois je me suis retrouvée à me dire "Venons-en au fait, je vous prie !".
Une scène cependant m'a bien plue et se détache du reste de l'histoire. David Ash et Edith Phipps, une médium, s'invitent à une séance de spiritisme dans le but de démasquer un imposteur. Cependant, leur intervention déclenche un évènement spectaculaire et très TRES bien décrit : même si la fausse médium ne communique pas avec les esprits, ils sont bien là et irrités qu'on se moque d'eux. Ils prennent donc possession du corps du charlatan pour entrer en contact avec leurs proches. La description qui suit est très impressionnante et très visuelle. J'avais littéralement l'impression d'être coincée dans ce salon avec tous ces gens et ces fantômes.
Anecdote concernant le chien qui garde Edbrook : à la lecture de sa description, je pensais être face à un  pitt bull ou un autre chien d'attaque... Et bien non, il s'agit en fait d'un bouvier bernois ! Je ne dis pas que ces chiens ne sont pas de redoutables gardiens, mais franchement, j'avais l'impression de me trouver face à une bête enragée. Du coup, ça casse un peu l'ambiance les fois où David le croise et tremble de peur.
La relation de David avec sa collègue Kate McCarrick n'apporte pas grand chose à l'histoire. Je n'ai même pas trop compris l'intérêt des passages où ils sont tous les deux. Par contre, j'ai apprécié le personnage d'Edith, la médium travaillant pour l'Institut de Recherches Métapsychiques. Elle se rapproche de l'idée que je me fais d'un médium (si je croyais à ce genre de choses, of course). J'ai regretté que son personnage n'ait pas plus d'importance dans le déroulement des évènements.
Bref, une lecture en demi-teinte : un roman qui se lit vite mais un roman qui ne fait pas peur !
 
(NB : si un participant au challenge veut le lire, je le fais voyager bien volontiers).



Milady, 377 p., 2010.

lundi 21 octobre 2013

"Le grand livre pratique de la sorcière" de Malcom Bird

 
 
Résumé : Tout tout tout, vous saurez tout sur les sorcières ! De leurs maisons à leurs hobbies en passant par leurs fêtes et leurs recettes de cuisine, découvrez le monde mystérieux - et déjanté - des sorcières.
 
Avis : Attention, livre culte ! J'ai dû l'emprunter à peu près 75 693 fois à la bibliothèque étant petite. C'est simple, je ne m'en lassais pas. Imaginez ma déception quand il y a quelques années j'ai souhaité l'acheter et que j'ai découvert qu'il était épuisé... (d'ailleurs si quelqu'un de chez Gulf Stream Junior lit ces lignes, merci de relancer l'impression). La couverture de l'époque était  cependant différente et faisait davantage penser à un grimoire.

 
 
Découpé en plusieurs chapitres présentant les différents aspects de la vie des sorcières, nous voilà totalement immergés dans leur univers frapindingue, parfois un peu "crade" mais toujours bourré d'humour. En le relisant avec mes yeux d'adultes, je me rends compte que de nombreux sous-entendus m'étaient complètement passés au-dessus. Ce qui ne fait que renforcer mon amour pour ce livre ! Il y a plusieurs niveaux de lecture ce qui fait que petits et grands peuvent facilement prendre du plaisir en le feuilletant.

 
 
Lecture que j'inscris bien évidemment dans le challenge Halloween !
 

 
Gulf stream junior, 91 p., 2005.

mercredi 16 octobre 2013

"Le cercle des confidentes : 1. Lady Megan" de Jennifer Mc Gowan



Résumé : A 17 ans, Meg fait partie d'une troupe itinérante d'acteurs. Plus douée pour le vol que pour les planches, elle profite des représentations de ses camarades pour dérober aux spectateurs leurs bourses ou leurs bijoux. Mais lorsqu'elle s'en prend aux mauvaises poches, sa vie bascule. Victime d'un chantage insoutenable, elle doit intégrer un groupe de suivantes de la Reine, suivantes un peu spéciales. Chacune de ces 5 jeunes filles possède un don particulier que la souveraine entend bien exploiter à son avantage. Pour Meg, ce sera ses talents d'improvisation bien sûr, mais aussi sa formidable mémoire auditive qui lui permet de retenir mot pour mot une conversation, même dans une langue qu'elle ne comprend pas. Sa première mission ne tarde pas à lui être confiée.
 
Avis : Petite déception en ce qui me concerne à l'issue de cette lecture. De plus, je ne suis pas sûre que le lectorat ciblé (les ados) s'y retrouve.
Evidemment, il y a un groupe de jeunes héroïnes qui n'ont pas froid aux yeux. Il y a aussi de l'Amûûûr qui fait battre les coeurs. Mais l'intrigue et le contexte historique restent finalement obscurs - je ne pense pas avoir tout compris.
L'époque élisabéthaine est finalement assez peu représentée en littérature jeunesse ce qui fait l'originalité de ce roman (enfin, de cette série puisqu'il devrait y avoir 5 tomes). Le palais de Windsor qui abritait la cour à l'époque sert de décor à cette histoire d'espionnage / d'aventure. Quelques descriptions aident le lecteur à visualiser l'édifice tel qu'il devait être à l'époque. L'auteur s'appuie également sur des personnages historiques. Outre Elisabeth Ière, nous sommes également face à Lady Knollys, sa cousine germaine, Robert Dudley qui a sans doute été l'amant de la souveraine et d'autres encore.
Le contexte géopolitique particulièrement épineux lors de l'accession d'Elisabeth Ière au trône donne lieu à une intrigue complexe mêlant espions catholiques venus d'Espagne, traître Portugais, émissaires Espagnols, Français et Ecossais et j'en passe. Tout ce petit monde se retrouve à Windsor et complote. Meg est projetée dans cet univers qu'elle ne connaît pas du tout et dont elle doit rapidement apprendre les règles. Elle ne s'en sort pas brillamment, puisque personne ne rate une occasion de lui rappeler ses origines populaires. Par exemple, elle ne sait pas lire contrairement aux dames de la cour. Je regrette le mystère autour de sa naissance et de ses parents, l'explication est complètement irréaliste. Heureusement qu'elle n'arrive que vers la fin car je pense que ça m'aurait fait renoncer.
On en apprend finalement assez peu sur Gloriana - la reine - à part qu'elle est anglicane. C'est en effet son père Henry VIII qui avait fait cessession d'avec l'église catholique. Du contexte de sa prise de pouvoir, trois fois rien. A peine sait-on qu'elle a refusé d'épouser Philippe II d'Espagne, fervant catholique. Je suppose aussi que ça aurait fait mauvais genre d'insister sur le fait qu'elle avait fait exécuter sa cousine Mary Stuart qu'elle jugait dangereuse.
Je pense que le roman aurait sincèrement gagné en épaisseur si l'auteur avait pris le temps d'aller plus en détail dans ce contexte historique passionnant plutôt que de le survoler. Cette souveraine reste l'une des plus populaires d'Angleterre, elle continue d'intriguer et de fasciner.
Une lecture en demi-teinte donc, qui m'a certes donné envie de relire mes cours de civilisation britannique mais une intrigue confuse et touffue et des héroïnes parfois peu crédibles qui gâchent un peu le résultat. Dommage, car tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un très bon roman historique teinté d'espionnage. Mais je ne suis plus ado et sans doute - sûrement même - me serais-je contentée de l'histoire si j'avais encore 14 ans.
 
Milan (collection Macadam), 429 p., 2013.

mercredi 9 octobre 2013

"The Mist" de Stephen King

 
 
Résumé : David habite avec sa femme et son fils de 5 ans au bord d'un lac dans le Maine. Une tempête s'abat sur eux et cause de gros dégâts matériels. David décide alors de partir avec son fils et son voisin au supermarché local pour acheter de quoi faire les premières réparations. Mais avant de prendre la route, il aperçoit une nappe de brouillard suspecte avançant vers eux sur le lac. Alors qu'ils sont dans le magasin, quelqu'un arrive couvert de sang et hurle que quelque chose a emporté son ami dans le brouillard. Alors que tous le regardent de travers, le brouillard s'abat à l'extérieur du bâtiment. Ceux qui sortent ne reviennent pas et des cris terrifiants se font entendre. Que faire ? Partir quand même ou rester ? Bientôt, il n'y aura plus de choix possible.
 
Avis : Dire que je connais l'oeuvre de Stephen King serait mentir. En effet, je n'ai lu que deux romans ("Salem" et "The Talisman"), et encore, "The Talisman" a été écrit à 4 mains avec Peter Straub. Autant ce dernier livre fut un grand moment de lecture - j'ai bien pleuré d'ailleurs - autant "Salem" m'avait terriblement déçue (j'ai un niveau d'exigence élevé en matière de vampires). Depuis, je tourne autour de certains titres sans oser me lancer. Je pense notamment à "Marche ou crève" qui à notre époque doit avoir une résonnance particulière (vive la télé poubelle télé réalité).
Mais revenons à "The mist". Initialement publié dans le recueil de nouvelles "Skeleton Crew" ("Brume" en français), son adaptation cinématographique en 2007 l'a propulsée sur le devant de la scène et en a fait un volume à part entière. Malgré ses 210 pages, il s'agit bien d'une nouvelle. Stephen King est en effet un habitué des livres à 700 - 1000 pages, voire des séries en plusieurs tomes.
Après avoir lu un résumé des autres nouvelles, je ne regrette pas d'avoir porté mon choix sur celle-là, beaucoup moins terrifiante que les autres. Il ne s'agit pas d'une nouvelle d'épouvante au sens strict du terme. Quelques scènes sont un peu gores, mais rien de méchant. Un seul chapitre m'a fait dresser les cheveux sur la tête - The expedition to the pharmacy, mais quel chapitre ! Il s'agit avant tout d'un roman d'ambiance puisque nous voilà face à un huis-clos. L'auteur décrit particulièrement bien tous les comportements que l'homme peut adopter lorsqu'il est confronté à un évènement incompréhensible qui le dépasse complètement. En l'occurrence, ce brouillard dans lequel se cachent des créatures insectoïdes et des tentacules.
Des groupes et des alliances se forment, des gens que l'on pensait forts mentalement perdent complètement pied ou au contraire, certains que l'on méprisait se retrouvent meneurs d'hommes.
Bien évidemment, comme nous sommes dans du Stephen King, un ver est dans le fruit. En l'occurence, la vieille Madame Carmody, propriétaire un peu mystique d'un magasin d'antiquités, qui voit dans cet évènement un châtiment divin. Son discours nauséabon sur la fin du monde gagne de plus en plus de fidèles à mesure que l'espoir diminue dans le magasin. Je vous le donne dans le mille, sa solution pour s'en sortir est un sacrifice humain. Sympa.
J'ai particulièrement apprécié la personnalité de David, le narrateur, qui se trouve coincé là avec son fils de 5 ans qu'il tente de rassurer et de protéger tant bien que mal. Il reste l'un des seuls à garder la tête sur les épaules au cours de ces trois jours d'enfermement et ce malgré les heures éprouvantes auxquelles il doit faire face. Sa femme qu'il a laissée seule dans leur maison habite chacune de ses pensées. Commentaire hautement philosophique de Monsieur quand je lui ai résumé la situation : "Comme quoi il faut toujours aller faire les courses". Au moins j'ai bien ri.
Tous les personnages qui apparaissent apportent beaucoup de richesse à l'histoire et aucun n'est caricatural. Mention spéciale à Ollie, employé du supermarché que j'aimerais beaucoup avoir comme collègue.
La fin ne m'a pas étonnée, je n'en voyais pas d'autre et elle convient parfaitement au reste de l'histoire.
Je suis ravie d'avoir retrouvé Stephen King par cette nouvelle. Je ne m'arrêterai donc pas là. Par contre, ne comptez pas sur moi pour voir le film malgré les bonnes critiques reçues. Quelques images aperçues sur Internet m'ont fait comprendre qu'il n'était pas du tout pour moi.
 
Lecture que j'inscris bien évidemment dans le Challenge Halloween (puisque je l'ai lue exprès !).
 

 

Signet, 230 p., 2007.

lundi 30 septembre 2013

Challenge Halloween chez Lou et Hilde



Cette année, c'est décidé, je participe au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou. Ce qui ne manque pas d'ironie étant donné que je suis une abominable trouillarde. Comme je suis très impressionnable, je ne cherche même pas à lire des romans d'épouvante et encore moins à regarder des films d'horreur : j'aime trop dormir la nuit. Mon pire cauchemar : les zombies, malheureusement très à la mode... J'ai été traumatisée par "La nuit des morts vivants" de George A. Romero.
Mais cette année, je me soigne ! Je compte lire 2 romans (un de Stephen King et un de James Herbert) et des albums pour enfants. Je vais aussi cuisiner, de la courge bien sûr, d'après un livre de recettes autour des cucurbitacées.
Un calendrier des évènements liés à ce challenge est disponible sur le site des deux maîtresses de cérémonie.
 
Bref, un moi d'octobre bien frissonnant en perspective !
 
Pour vous inscrire, c'est soit ici, soit .
 




 
 
 

mardi 24 septembre 2013

"Le dîner" d'Herman Koch

 
 
Résumé : Paul et Claire, parents de Michel, 15 ans, sont conviés au restaurant par le frère de Paul pour y discuter de leurs enfants respectifs. Ils viennent en effet de découvrir que ceux-ci sont responsables d'un acte inommable qui potentiellement va affecter leurs vies à tous. Mais rien ne va se passer comme prévu au cours de ce repas car la question centrale n'est jamais abordée. Comment dès lors occuper ce dîner ?
 
Avis : C'est après avoir lu plusieurs excellentes critiques dans la presse cet été que je me suis décidée à acheter ce roman. Amateurs de bluettes fleur bleue, passez votre chemin. Il s'agit d'un roman dur, très dur, violent moralement mais également jouissif de par son jusqu'au-boutissisme et sa noirceur.
Je ne dirai rien sur l'acte haineux et gratuit commis par les deux ados, disons seulement qu'il m'a glacé le sang.
Rarement j'ai vu un personnage aussi cynique que celui de Paul, le narrateur. J'ai souvent ri à ses remarques à double sens et devant sa façon d'observer tout et tout le monde et de les décortiquant dans les moindres détails. Le mépris dégouline bien souvent de ses pensées ce qui donne lieu à des phrases truculentes.
Paul fait véritablement un complexe d'infériorité face à son frère, futur Premier Ministre des Pays-Bas. Ce dernier nous est présenté comme un être sans scrupule, portant un masque en permanence pour se montrer sous son meilleur jour. Mais au fur et à mesure que le roman avance, on comprend que sa personnalité est bien plus aimable que ça.
La scène au restaurant, qui se déroule au présent, est entrecoupée de flashbacks racontés par Paul : la fois où il est allé saccager l'appart d'un voisin qui aimait bien inviter les petits garçons chez lui, sa visite dans le bureau du proviseur de son fils, son altercation avec un garagiste. Ces petits morceaux choisis renforcent la fascination et l'horreur que nous impose ce personnage.
La description du restaurant et du repas est aussi savoureuse. L'ambiance guindée de ce lieu à la mode hérisse le poil de notre protagoniste. Il finit d'ailleurs par être totalement obnubilé par l'auriculaire du chef de salle venu présenter à chacun des convives son plat et passant à quelques centimètre de chaque aliment. 
Le roman est découpé en plusieurs parties : apéritif, entrée, plat, dessert, addition. Chacune nous rapprochant un peu plus d'un véritable bouquet final.
Des deux enfants, il n'en sera finalement que peu question au cours du repas, Paul faisant tout pour ne pas aborder le sujet.
Bien sûr, la question au centre de ce livre est "Jusqu'au serais-je prêt(e) à aller pour sauver mon fils ?". Mais plus généralement, il nous interroge sur notre rapport à ceux que nous aimons. Sommes-nous capable du pire si on touche à quelqu'un qu'on aime ?
 
Attention, à partir de maintenant, il va m'être difficile de donner mon avis sans trahir quelques secrets de l'intrigue. Si vous pensez le lire, ne continuez pas ce paragraphe.
 
SPOILERS : A la moitié du livre environ, nous découvrons que Paul est atteint d'une maladie mentale grave qui ne sera jamais nommée - nous savons juste qu'elle porte un nom allemand - suffisamment grave pour que dans de tels cas et en cas de dépistage précoce, on propose aux parents une interruption médicale de grossesse. Là où mon enthousiasme est redescendu d'un cran, c'est que finalement cette information change tout de l'idée qu'on se faisait du narrateur. De salopard, il passe à malade. Et là où un salopard n'a pas d'excuse, une personne atteinte d'un trouble psychiatrique en a une. La maladie. Donc tout ce que Paul fait ou dit après la découverte de sa condition est teinté du filtre de la maladie mentale. On ne peut juste plus le détester ou le mépriser, on compatit, on l'excuse. On se dit "Oui mais comme il est malade, c'est normal qu'il réagisse comme ça". Moi j'aurais préféré un vrai personnage de salaud sociopathe comme on n'en voit jamais.
Par contre, ce sont deux autres personnages qui du coup en deviennent plus intéressants : Michel, le fils, car on apprend que cette maladie est génétique et transmise par le père. Et on sait que sa mère a fait une amniocentèse (dont on n'apprendra jamais le résultat). Du coup, la question centrale est bien évidemment : est-ce que Michel est malade ? Ce qui pourrait "justifier" ses actes. Ou bien est-ce juste un salopard ?
Mais Claire aussi, la mère donc, puisqu'on apprend qu'elle est au courant de toute l'affaire depuis le début. C'est donc elle, la vraie sociopathe prête à tout pour sauver son fils, prête à aller au bout de ses idées pour défendre sa progéniture. Cela va bien au-delà de l'amour qu'une mère porte à son fils. Et là, je dis chapeau car ça, c'est un personnage féminin de haut vol. Ce qu'elle fait dans le bar en face du restaurant restera dans les annales (les miennes en tout cas). FIN DES SPOILERS 
 
Ce genre de lecture ne croise pas tous les jours votre route alors si vous avez le coeur bien accroché, foncez !
 
Info de dernière minute : j'apprends que l'actrice Cate Blanchett a racheté les droits pour l'adaptation cinématographique du livre et qu'elle compte le réaliser.
 
10/18, 355 p., 2013.

mercredi 11 septembre 2013

Collection "Mes petits imagiers sonores" chez Gallimard Jeunesse


L'édition pour les tout petits a explosé de manière exponentielle ces dernières années, permettant aux parents de faire de très belles trouvailles et de proposer des livres de qualité à leurs enfants.
Etant férue de lecture, mon voeu le plus cher est bien évidemment que mon fils (un an) suive mon chemin et réclame qu'on lui lise des histoires.
Pour l'instant, je ne vais pas vous mentir, c'est difficile de canaliser son attention. J'y arrive quand même avec de petits albums aux histoires très courtes, comme la série des "Papa..." d'Alain Le Saux.
Mais comme on n'arrête pas le progrès, il y a maintenant des livres multimédia. Quand j'ai demandé conseil à mon libraire préféré, il m'a indiqué la collection Mes petits imagiers sonores de chez Gallimard jeunesse.
Le principe est simple : un thème, 6 images, 6 sons, 6 mots.
A chaque page, l'enfant peut appuyer sur une puce électronique qui déclenche un son correspondant au mot et donc à l'image.
 
Son plutôt réaliste. Je vous laisse d'ailleurs juger :


J'ai prudemment acheté un seul titre pour commencer, La jungle, pour voir l'effet produit. Il fut immédiat et enthousiaste. J'ai donc filé en acheter deux autres, La nature et Les instruments vol. 2. Mon fils ADORE ces livres, ne réclame qu'eux et sourit ou s'esclaffe à chaque fois qu'il appuie sur le bouton.
Revers de la médaille : dès qu'on lui présente un livre "standard", il essaie désespérément de chercher la puce électronique avec le bout de son doigt....... Sans commentaire....
 
Même si j'apprécie beaucoup cette collection, j'ai quand même une remarque à faire sur La jungle... En effet, les animaux choisis ne me paraissent pas être bien pertinents : le lion (vit dans la savane), l'éléphant (vit dans la savane), l'hippopotame (vit dans la savane). Restent le panda (jungle d'Asie), le singe et le perroquet. Donc il y a "erreur" pour 50% des animaux. Mais peut-être suis-je trop tatillonne...
 
Pour vos enfants ou pour faire un cadeau, vous êtes sûrs de faire des heureux avec cette collection qui compte d'autres titres :
 
Prix : 9,90 €, marche avec une pile (fournie avec).

samedi 24 août 2013

"Un intérêt particulier pour les morts" d'Ann Granger



Résumé : A la mort de son père, médecin de province, Elizabeth Martin doit accepter un poste de dame de compagnie à Londres auprès de la veuve de son parrain. Dans cette maison bourgeoise, elle découvre que la précédente jeune fille qui occupait le poste s'est enfuie avec un homme. Mais quand son cadavre est découvert sur un chantier de démolition et que cela n'émeut pas les foules, Elizabeth est décidée à comprendre ce qu'il lui est arrivé. Même si pour cela elle  doit braver les codes de l'establishment. Et même si pour cela elle doit aider l'inspecteur de Scotland Yard Benjamin Ross, figure de son passé.
 
Avis : Après une succession de lectures bien quelconques cet été, j'ai été ravie de me plonger dans ce roman qui m'a enthousiasmée.
La comparaison avec la série Ellison et Pitt (si je puis dire !) d'Anne Perry est assez facile à faire mais je ne m'y risquerais pas quand même dans la mesure où je n'en ai pas lu assez. Mais les similitudes m'ont l'air grandes.
Les deux personnages principaux, Elizabeth et Benjamin m'ont bien plus. On subodore qu'il va se passer quelque chose entre eux mais heureusement, point de coup de foudre ni d'effusion. Chacun garde la tête froide et sans trahir quoi que ce soit, je me suis même demandée s'il allait se passer quelque chose pour eux dans ce tome (la série en compte 4) ce qui vous montre qu'on n'est pas du tout centré sur une hypothétique histoire d'amour. Non, on enquête !
Contrairement au Mystère de Callander Square qui pour moi était plus une étude de moeurs qu'un roman policier, nous sommes ici face à une vraie intrigue. La disparition de la dame de compagnie nous fait craindre le pire pour notre héroïne : le tueur fréquente-t-il toujours la maison ? Est-il un habitué ? (ou une habituée, bien sûr !) L'auteur sème de fausses pistes un peu partout et distille le doute sur certains personnages. Jusqu'au bout j'avais la mauvaise réponse.
Elizabeth Martin, Lizzie de son petit nom, arrive donc sans le sou chez la veuve de son parrain. Fille d'un médecin de province respecté, elle a du mal à comprendre qu'on ne s'exprime pas dans les salons londoniens comme dans une salle d'attente. Bref, elle qui verbalise simplement ses idées et sa façon de penser passe pour une impertinente. La vie n'était pas toujours très drôle pour les femmes qui bien souvent étaient priées d'afficher un sourire de façade et une humeur égale en toute circonstance. Mrs Parry illustre bien cette tendance. On la prend pour une riche bourgeoise un peu écervelée alors qu'en fait c'est une femme d'affaire avisée qui a bien compris comment tout fonctionne dans cette société. Elle met d'ailleurs Lizzie en garde plusieurs fois.
La jeune fille, qui vient d'un milieu relativement modeste, éprouve tout de suite de la sympathie, du moins de l'intérêt pour le personnel de service de la maison. Elle apprend leurs noms, leurs fonctions et les ménage, là où Frank, l'homme de la maison, sait à peine qui est qui.
Quelques précisions sur l'époque sont aussi les bienvenues. Le destin des enfants placés à l'hospice, la vie des bonnes, les perspectives d'avenir pour les jeunes filles modestes, les propriétaires de taudis, les grands travaux pour la construction de la gare de St Pancras, etc. Et bien sûr, la place de la police qui éveille systématiquement la méfiance des plus pauvres et le mépris des plus riches. D'ailleurs, j'ai envie d'en apprendre plus sur les méthodes de travail de Scotland Yard à cette époque parce que ça ne devait pas être une mince affaire d'enquêter. Pas d'informatique, d'empreintes digitales et autres traces ADN. Si j'en crois Wikipédia, un fichier des empreintes n'a été instauré qu'en 1901...
Les personnages sont bien creusés, même si nous ne les voyons qu'à travers le prisme de Lizzie et de Benjamin. Chaque chapitre alterne leurs points de vue ce qui permet au rythme de ne jamais retomber.
Bref, un premier tome que j'ai vraiment aimé et dont j'ai hâte de lire la suite (qui n'est pas encore disponible en français mais çe ne m'arrêtera vraiment pas !).


 
 
10/18 Grands détectives, 378 p., juin 2013.

dimanche 4 août 2013

Sortir le nez de ses livres...


Parce que c'est l'été et qu'il faut en profiter, j'ai découvert la réserve naturelle du marais de Lavours (dans l'Ain), très beau cadre pour une balade en famille. Un sentier sur pilotis serpente à travers la végétation et des belvédères permettent d'observer la faune.








Race de vache Higland patûrant l'été autour du sentier.
 
 
 

Orchis des marais, espèce d'orchidées protégée en Rhône-Alpes.
 
 
 
 
Il n'a malheureusement pas été facile d'observer des oiseaux (on y trouve des rapaces tels le milan noir, la buse variable et le circaète Jean-le-Blanc). Avec un petit bonhomme d'un an commentant à coup de "TADADADA" bien sonores tout ce qu'il voit, difficile de passer inaperçu...

Mais comme les livres ne sont jamais loin, j'ai cependant découvert cette sortie grâce au guide P'tit crapahut de ma région qui propose tout un tas de randonnées "en famille" et donc accessibles. Il en existe bien évidemment pour d'autres coin de France. Personnellement, je le trouve bien fait.
 



Glénat, 111 p., 2012.

samedi 3 août 2013

"Les tweets sont des chats" de Bernard Pivot


 
Résumé : L'humour et la philosophie se disputent la vedette dans cet ouvrage compilant des tweets de Bernard Pivot, ardent défenseur des belles lettres et de la langue française. @bernardpivot1
 
Avis : J'ai gagné ce livre grâce à un concours organisé par les librairies Décitre sur leur compte twitter @Decitre, dédicacé par l'auteur d'un joli tracé de stylo plume.


 
 
Je savais que Bernard Pivot avait ouvert un compte mais je ne m'étais pas abonnée. Grave erreur, réparée depuis !
Pour un amoureux des mots comme Bernard Pivot, Twitter est un terrain de jeu sans fin. En effet, il faut condenser son message en 140 caractères maximum. Autant dire que la concision est de mise. Il s'amuse donc à jouer avec les expressions françaises, à pointer certains paradoxes de notre chère langue, à reprendre quelques citations célèbres.
Ce livre compile certains de ses tweets, classés par thèmes : #Musique, #Orgueil, #Couleurs, #Baisers,... reprenant le hashtag si cher à Twitter.
Tout d'abord, l'explication du titre : "J'aime les tweets parce qu'ils partent en silence, circulent en silence et arrivent en silence. Les tweets sont des chats".
 
Voici un en quelques tweets un aperçu de la pensée de M. Pivot :
Rubrique #Nouveaux verbes : "Montebourger : dire le contraire de son chef. Ex : il en a marre d'être montebourgé par tous ces petits cons !"
Rubrique #Mots de l'enfance : "Un conseil : installer un tableau sur lequel parents et enfants écrivent chaque jour les mots qui les ont intéressés, amusés..."
Rubrique #Voix : "Parfois, je n'entends plus la petite voix de ma conscience. S'est-elle perdue en route ? Non, me répond-elle, tu m'as volontairement semée".
 
J'ai lu ce livre en plusieurs fois, le prenant, le reposant, lisant quelques pages, le reprenant, etc. On peut parfaitement le lire dans n'importe quel ordre.
Beaucoup de phrases m'ont fait sourire, rire parfois et réfléchir... beaucoup. Je pense que c'est typiquement le genre d'ouvrage qu'on prend plaisir à feuilleter de temps en temps.
 
Et pour me retrouver sur Twitter @vodansletexte (où je ne participe que fort modestement à la Grande Discussion, mon compte étant avant tout un formidable outil de veille).
 
 



Albin Michel, 159 p., 2013.

samedi 27 juillet 2013

"Soudain dans la forêt profonde" d'Amos Oz


Résumé : (de l'éditeur) Un village au bout du monde, triste et gris, encerclé par des forêts épaisses et sombres. Un village maudit : toutes les bêtes, tous les oiseaux et même les poissons de la rivière l'ont déserté. Depuis, ses habitants se barricadent chez eux dès la nuit tombée, terrorisés par la créature mystérieuse nommée Nehi, et interdisent aux enfants de pénétrer dans la forêt. Mais surtout, ils gardent le silence. Personne ne veut se souvenir des animaux ni évoquer la vie d'avant. Seule Emanuela, l'institutrice du village, tente d'enseigner aux élèves à quoi ressemblaient ces animaux disparus. Deux enfants de sa classe, Matti et Maya, décident alors d'élucider le mystère et s'aventurent dans la forêt en dépit de l'interdit...
 
Avis : Achat d'impulsion lors de mon dernier passage en librairie, c'est le premier livre d'Amos Oz que je lis. Cet écrivain israëlien a reçu plusieurs prix, notamment le prix Fémina étranger et le prix de la Paix.
Ce conte très court nous invite à réfléchir sur la tolérance, la différence et l'effet de groupe.
Même quand on n'aime pas spécialement les animaux, on comprend vite qu'un monde sans eux pose problème : plus d'abeille pour butiner, plus de poisson à pêcher, plus de chien ou de chat pour tenir compagnie, plus de chevaux pour le trait, plus d'oiseaux pour pépier en bruit de fond. Une chape de plomb et de silence s'installe.
Les adultes gardent un secret honteux, celui de la raison de la disparition des animaux. On sent bien que tous préfèrent oublier le triste incident, voire même cherchent à le nier. Beaucoup sont nostalgiques de l'époque où poules, vaches, cochons peuplaient le village mais d'un commun accord, personne n'en parle. J'ai trouvée un peu "légère" la raison mais cela ne nuit pas à l'histoire.
Ode à la tolérance, quelques phrases méritant réfléxion sont disséminées à travers le texte.
 
"Or la jalousie fait mal, elle enfle et dégénère en sarcasmes : un peu comme une plaie qui s'infecte et suppure".
"Personne ne veut se dissocier du groupe ou se séparer du troupeau. Si l'on en vient à s'éloigner ne serait-ce qu'une fois ou deux, on ne vous laisse plus revenir."

Cela m'a amenée à me replonger dans quelques épisodes de mon passé scolaire, le collège étant un moment particulièrement épineux pour beaucoup de monde : obligation de rentrer dans le moule pour ne pas être pointé du doigt, obligation d'aimer la même musique ou les même émissions que tout le monde, etc. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour ceux qui avaient trouvé leur look et se démarquaient d'une façon ou d'une autre, droits dans leurs bottes.
Le fait que les personnages principaux soient des enfants permet de rendre ce conte universel (principe même du conte, je vous l'accorde). Je pense que c'est typiquement le genre de texte qu'on peut lire en famille pour en parler.
 
Comme le village n'est ni nommé, ni situé, j'inscris cette lecture dans le challenge "Les lieux Imaginaires 2013".

 

Folio, 125 p., 2012.