vendredi 24 avril 2015

Les recalés de la chronique #2

Trois livres lus cette semaine auxquels je ne consacrerai pas un "vrai" article.


Faut-il interdire les écrans aux enfants ? Bernard Stiegler et Serge Tisseron (Mordicus, 2010, 69 p.)
Livre qui ouvre la réflexion sur le rôle des écrans dans notre société, que ce soit l'ordinateur, la télé, les jeux vidéos et sur leur influence. Le propos est alarmiste chez Stiegler qui tire à boulets rouge sur la télévision, l'accusant de bêtifier les foules et de créer une dépendance. Serge Tisseron est plus modéré et conseille un accompagnement des parents. J'ai été saisie par certains propos qui m'ont interrogés sur mes pratiques. Autant je me passe de télévision, autant je suis accro à mon portable et à Internet. Sachant que les enfants imitent leurs parents, il me faudra être vigilante ! Une lecture rapide qui fait réfléchir. Je recommande plutôt dans la même veine 3-6-9-12 Apprivoiser les écrans et grandir de Serge Tisseron également.


Fight For Love T1 de Katy Evans (Hugo roman, 2014, 352 p.)
Offert par Monsieur qui retentait le ticket gagnant de Beautiful Bastard. Et bien c'est loupé ! Même si a priori le contexte pouvait me séduire - les combats de boxe underground - les personnages m'ont semblé creux et leur coup de foudre complètement irréaliste. Il y a des pages entières de "il est sauvage, je l'aime, c'est mon lion, je suis attirée je n'y peux rien". Bref, je l'ai fini mais sans enthousiasme. Vous pensez bien que les tomes 2, 3 et 4 (et oui, 4 tomes déjà) resteront sagement en magasin.


Beautiful Secret de Christina Lauren (Hugo roman, 2015, 400 p.)
Acheté par moi pour ma liseuse sur le Bookeen Store à l'occasion d'un concours qu'ils organisaient, je voulais voir si la série Beautiful s'émoussait. Ce titre n'a pas l'originalité du premier et les personnages sont moins séduisants, notamment Niall qui a une prise de position sur le sexe peu crédible (en tout cas en contradiction avec ses envies). Néanmoins, c'était une lecture sympathique sans prise de tête. Mais qui ne vaut pas les 14€ que j'y ai mis...

jeudi 16 avril 2015

"Fangirl" de Rainbow Rowell




Résumé : Cath et sa sœur jumelle Wren s'apprêtent à commencer leur 1ère année à l'université. Alors que Wren est enthousiaste à l'idée de prendre son envol et de participer à toutes les soirées étudiantes, Cath se prépare mentalement à vivre un enfer : trop de gens, trop de gens et... trop gens. Elle n'aspire qu'à écrire ses fanfictions de Simon Snow sur Internet et à passer ses soirées en compagnie (virtuelle) d'autres intégristes de la série. Mais grâce à quelques rencontres décisives, la jeune fille va insuffler un peu de fantaisie dans sa vie.

Pourquoi ce livre : Parce que j'en ai lu beaucoup de bien et que je l'ai récupéré sur ma liseuse.

Avis : Je me suis lancée dans cette lecture sans trop savoir à quoi m'attendre mais ayant en tête des commentaires positifs glanés sur la blogosphère. Je pensais surtout qu'il s'agissait d'une bluette pour ado. J'avais tout à fait tort. Ce livre est une très bonne surprise et je me suis prise à le bouquiner au petit-déjeuner, pendant mes pauses, etc, parce que j'avais envie de connaître la suite des aventures de Cath.
A priori, c'était un peu mal parti entre ce roman et moi. Il est en effet question de fanfiction sur Internet, univers que je ne connais pas du tout et qui ne m'intéresse pas plus que ça. C'est devenu un phénomène éditorial à part entière (hello, Cinquante Nuances) mais je n'ai jamais mis les pieds (la souris ?) sur un forum spécialisé ou sur le site Wattpad par exemple.
En plus, le Simon Snow dont il est question est bien évidemment un hommage à Harry Potter. Il faut savoir qu'Harry Potter n'est pas ma série de prédilection (hurlements outragés de l'assistance). Oui, je sais, je mets une cagoule quand je sors. BREF ! Chaque chapitre de Fangirl commence soit par un extrait de Simon Snow, soit par un extrait d'une nouvelle écrite par Cath. Et bien sûr, il y a un rapport avec ce qui va suivre. On voit aussi le plaisir immense que prend la jeune femme à écrire et à se perdre dans l'univers de quelqu'un d'autre.
Mais j'ai tenu bon et bien m'en a pris. Surtout parce que Cath est une héroïne qui fait du bien. Elle n'est pas à l'aise avec les autres, limite sociopathe d'ailleurs, mais elle est pleine d'humour et de répartie et surtout, elle repousse l'air de rien ses limites. Elle préfère rester dans sa chambre plutôt que de sortir et écumer les soirées, elle ne boit pas, ne fume pas, se fout un peu de son apparence, à un côté geek bien développé, cherche à se fondre dans la masse. Très sympa je vous dis ^^ ! Ses échanges avec sa colocataire m'ont souvent fait glousser.
Ses relations avec sa sœur et son père sont très bien développées et cette famille brinquebalante s'aime et se soutient malgré les épreuves. Je regrette que le roman n'aborde pas le point de vue de Wren, notamment dans sa relation avec leur mère parce qu'elle méritait quand même plus que ce qu'on en voit.
Bien sûr, nous avons un personnage masculin qui rôde dans l'ombre, avec Lévi, meilleur ami de la colocataire. Il me semblait un peu trop parfait pour être honnête mais Rainbow Rowell a su le rendre normal et donc d'autant plus sympathique. Soyons honnête, il y a un passage à vide au milieu du roman où j'ai cru qu'on allait basculer dans la romance pure, mais ça ne dure pas trop longtemps et l'histoire retrouve son rythme. On n'est pas dans du ultra-romantique non plus, restons calme.
Si vous avez envie d'une héroïne particulièrement attachante, d'une histoire positive sans être mièvre (et si vous aimez la fanfiction), ce livre est fait pour vous !


Castelmore, 2015, 288 p.

samedi 11 avril 2015

"Coeur cerise" de Cathy Cassidy


Résumé : Cherry Costello rêve de s'intégrer dans son collège et d'avoir des amis. Mais à force de rêver sa vie plus que de la vivre, la jeune fille s'est isolée de ses camarades. Quand son père lui annonce vouloir vivre sur la côté anglaise avec sa nouvelle amie et ses 4 filles, l'adolescente espère un nouveau départ. Mais même si son nouvel environnement apparaît idyllique, tout le monde ne va pas leur réserver le meilleur accueil.

Pourquoi ce livre : Une des séries best-sellers du secteur jeunesse en ce moment, j'étais curieuse.

Avis : A priori, ce n'est plus tellement le genre de lectures vers lesquelles je me tourne spontanément. Fut un temps, pour des raisons professionnelles, où je lisais quasi non-stop de la LJ et de la littérature "young adult". Cette époque est un peu passée mais je me tiens toujours au courant de l'actualité éditoriale. Je connaissais cette série, j'en avais lu le plus grand bien, du coup je n'ai pas hésité quand je l'ai vue sur la table des nouveautés à la BM.
Verdict : les préoccupations des héroïnes de 13 ans dont beaucoup trop éloignées de mon univers pour qu'elles m'enthousiasment. En revanche, si j'étais au collège, je pense que je me serais jetée avidement sur la série "Les filles au chocolat". Le décor fait rêver : un énorme cottage sur la côte anglaise avec un jardin magnifique dans lequel coule un ruisseau, un gros chien, une roulotte comme chambre, etc.
La couverture laisse sous-entendre une histoire bien nunuche mais j'ai trouvé que ce n'était pas du tout le cas. Les deux thèmes principaux sont plutôt sérieux puisqu'il est question ici de famille recomposée (avec tous les problèmes que cela peut comporter) et de ce qu'on est amené à faire pour être accepté dans un groupe.
La jeune fille qui donne son titre au livre, Cherry Costello, s'est toujours sentie à la marge et on comprend pourquoi au fil des pages : métis (sa mère était japonaise), parents un peu bohèmes, disparition de sa mère à l'âge de 4 ans, l'adolescente s'est très tôt réfugiée dans une existence qu'elle s'est inventée. Du coup ses histoires abracadabrantes, ce que les autres appellent des mensonges, l'ont isolées. Son nouveau départ avec son père est pour elle une chance de recommencer à zéro mais à peine arrivée, elle se laisse à nouveau aller, au risque de s'isoler encore.
Le personnage de Honey est en revanche un peu difficile à avaler. Trop de méchanceté tue la méchanceté. On comprend tout à fait pourquoi elle en arrive à se comporter comme une harpie avec les nouveaux arrivés mais en même temps, j'ai vraiment eu envie de lui mettre une bonne claque pour la calmer. Elle en devient un peu cliché. J'ai discuté après cette lecture avec une copine qui a été belle-mère de deux filles et elle m'a raconté quelques épisodes bien houleux. Après coup, je pense donc que la relation Honey - Cherry sonne juste. En tout cas pour ceux qui l'auraient vécue.
Bien évidemment, il est aussi question d'amûûûr ! Je dirais que c'est totalement prévisible (notez mon enthousiasme communicatif).
Ce livre séduira sans nul doute sa cible, les jeunes filles pré-adolescentes, pas sûre qu'il fasse mouche pour les autres. Je suis contente d'avoir lu ce 1er tome et je comprends l'attrait que peut avoir la série mais j'arrête là !

Nathan, 2013, 277 p.

mercredi 1 avril 2015

"Un crocodile sur un banc de sable" d'Elisabeth Peters




Résumé : Amelia Peabody, riche héritière anglaise, décide d'aller visiter l'égypte et ses mystères. Lors d'une escale à Rome, elle prend sous son aile une jeune lady anglaise rejetée par son grand-père. Elles embarquent toutes deux pour le pays des pharaons et descendent le Nil jusqu'à un site de fouilles tenu par les frère Emerson. Découvrant l'un deux en mauvaise santé, les deux femmes décident de rester quelques temps sur place. Mais des évènements troublant viennent perturber leurs plans.

Pourquoi ce livre : Repéré sur le site de Soukee, j'avais envie de chaleur et d’Égypte.

Avis : J'avoue qu'en ouvrant le livre, c'est une toute autre idée que j'avais en tête. Disons que j'avais envie d'un croisement entre Indiana Jones et La Momie, saupoudré d'un peu d’égyptologie. L'intrigue est ici "old school", ce qui pour moi veut dire qu'elle se déroule lentement, amenant le lecteur de façon très très progressive jusqu'au dénouement. Bref, pas du tout ce à quoi je m'attendais. Passé le court moment de déception, je me suis plongée avec plaisir dans la suite de l'aventure.
On est ici au tournant du XXème siècle, alors que l'Angleterre et la France se disputent les principales fouilles en Égypte. La population a conscience des richesses que recèle le pays et commence à tirer partie du "tourisme" qui se développe. Le contraste est frappant entre les riches étrangers plus ou moins oisifs en quête de mystère louant des bateaux pour descendre le Nil et les Egyptiens, qui pour la majorité semblent vivre dans le dénuement le plus total. Certaines répliques montrent le mépris total que manifestent certains Anglais pour leurs personnels.
Pour ce qui est du contexte des fouilles, je regrette que l'auteur, égyptologue de profession, n'ait pas glissé ça et là quelques éléments de culture, histoire d'instruire un peu son lecteur. Le site choisi par les frère Emerson est dédié à Amon Ra, certes, mais j'aurais bien aimé une petite leçon sur les dieux et la mythologie égyptienne, ou même une description d'une cérémonie d’embaumement. Tant pis ! Je me suis donc contentée de la description de pièces rares trouvées sur site.
L'intrigue en elle-même est surtout un prétexte pour mettre en avant la personnalité des protagonistes. Son avancée est lente et ne m'a pas enthousiasmée outre mesure. Je n'attendais pas la fin avec  angoisse. C'est plutôt les prises de position des personnages qui apportent de l'intérêt, l'histoire se déroulant pour une bonne partie sur le site de fouilles où finalement, le groupe d'Anglais évolue en vase clos.
Les personnages justement valent à eux seuls la lecture du livre. Amelia est une femme anticonformiste, vieille fille pour l'époque (30 et quelques et non mariée, diantre !), sûre d'elle et de ses choix, fine analyste de la psychologie humaine, douée d'un sens certains de la répartie et avant tout altruiste. Elle se prend de passion pour l'égyptologie, au risque de subir le mépris des soit-disant gentlemen dont c'est le domaine. Sa relation avec Evelyn est aussi très touchante. Il s'agit vraiment d'une héroïne attachante et non conventionnelle. Nous avons là une très bonne étude de mœurs sur la place de la femme.
Bien sûr, on adore détester Radcliff Emerson dont les premiers qualificatifs qui me viennent à l'esprit sont "mufle" et "goujat". Et pourtant, au fil des pages, on le découvre attentif aux autres et très fin analyste des situations. Ses prises de bec avec Amelia sont inénarrables et dynamisent vraiment l'ensemble.
Ayant fait le deuil d'une aventure haletante, je lirai la suite avec plaisir. Sachant que la série compte tout de même... 19 volumes !

Le livre de poche, 1999, 313 p.