jeudi 7 juillet 2016

"La fille du train" de Paula Hawkins



Résumé : Rachel prend le même train de banlieue tous les jours et s'amuse à inventer la vie des personnes qu'elle aperçoit depuis son wagon. Alcoolique, elle est à la dérive depuis que son ex-mari a refait sa vie. Alors qu'un énième trajet est en cours, la jeune femme remarque dans un jardin un élément nouveau qui va la bouleverser et la convaincre de se mêler de la vie des autres. Car Rachel veut se rendre utile. Elle veut approcher ces gens dont l'existence fictive la fait rêver. Mais lorsqu'une disparition est signalée, Rachel, dont les souvenirs sont plus que flous, n'est pas le témoin idéal.

Pourquoi ce livre : repéré il y a des lustres, la chronique élogieuse de Soukee a achevé de me convaincre.

Avis : Voici un thriller psychologique qui vaut pour sa belle brochette de personnages féminins.
Allez savoir pourquoi, j'ai eu rapidement l'intuition du pourquoi du comment mais cela n'a pas nuit à ma lecture. Car ce qui est très TRES fort, c'est le déroulé de l'intrigue, la manière dont sont amenés les éléments. Plus le dénouement approche et plus on tourne les pages compulsivement. L'alternance des points de vue permet de varier le rythme et la prise du lecteur sur l'histoire.
On ressent de la pitié pour Rachel, alcoolique au bord du gouffre, qui a perdu pied pour une raison triste à pleurer qui touche beaucoup de monde. On voit bien les ravages que l'alcool peut faire en peu de temps sur quelqu'un et l'impact que cela peut avoir sur son entourage. On arrive presque à comprendre comment elle a pu en arriver là. Son petit côté bon samaritain qui veut se racheter irrite un peu mais on sent vite qu'il s'agit surtout d'une curiosité malsaine pour tout ce qui concerne son ex-mari et son ancienne rue.
Megan, la voisine, est presque la plus intéressante de par des interrogations et bien sûr le lourd (et affreux !) sercret qu'elle porte en elle. Oh my god, j'en frémis encore ! On la devine à l'étroit et au bord de l'implosion. La dernière du trio, Anna, est celle qui m'a le moins séduite mais elle a quand même un rôle central puisqu'elle a "volé" le mari de Rachel et suscite chez la jeune femme des sentiments violents.
Paula Hawkins distille des éléments au compte-goutte et le lecteur ne peut se fier à aucune des trois narratrices car elles ne peuvent être objectives. On a envie de croire Rachel mais son attitude à la limite du harcèlement et ses trous noirs nous rappellent que ce personnage est loin d'être fiable.
Les personnages masculins sont en arrière plan, pas toujours très nets d'ailleurs. L'expression qui me vient à l'esprit est que chaque protagoniste "suinte" (faute de trouver autre chose pour décrire le fait qu'ils ont tous quelque chose à cacher, un secret plus ou moins inavouable).
L'ambiance est vite étouffante, on se retrouve coincé dans une des maisons, dans la minuscule chambre de Rachel ou dans un wagon bondé. L'effet est saisissant !
Un très bon thriller, parfait pour cet été !


Black Swan, 2015, 408 p.

mercredi 22 juin 2016

"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows



Résumé : 1946, alors que les Britanniques soignent les blessures de guerre, Juliet Ashton, écrivain en manque d'inspiration, entreprend une correspondance avec les membres attachants d'un cercle de Guernesey. De confidences en confidences, la page d'un nouveau roman vient de s'ouvrir pour la jeune femme, peut-être aussi celle d'une nouvelle vie… (4ème de couverture)

Pourquoi ce livre : Cela faisait des lustres que j'avais envie de le lire et voilà qu'une copine me l'offre.



Avis : Je ne suis généralement pas fan des histoires qui se déroulent pendant l'une des deux Guerres Mondiales. Ce ne sont pas des périodes que j'affectionne particulièrement et la raison en est simple : j'ai été obligée de regarder pendant des années TOUS les samedis soirs l'émission "Histoire Parallèle" sur Arte. D'où le ras-le-bol absolu. Je ne lis donc absolument plus rien sur le sujet car j'estime avoir eu plus que la dose légale. Bref. Maintenant, le livre.
Il a beaucoup fait parler de lui - en bien - lors de sa sortie et le succès a été immédiat. Une chose est sûre, ce succès est largement mérité. Même si l'après-guerre et ses privations ne laissent pas supposer que ce sera le cas, cette histoire possède envers et contre tout un énorme côté feel-good, du genre qui réchauffe le coeur.
Je ne connaissais pas grand chose sur l'île de Guernesey, à part que c'est un paradis fiscal (non, je n'ai pas de compte là-bas). Suite à ma lecture, j'ai fait le tour des sites Internet de tourisme pour avoir plus de précisions et mettre des images sur les endroits cités. Bien sûr, je n'ai désormais qu'une envie : y aller !
Ce roman épistolaire nous en apprend énormément sur le quotidien des habitants durant l'occupation allemande. Et oui, ils sont venus jusque là et ont d'ailleurs parsemé l'île et ses plages de bunkers et de mines....  Sans nous donner une grande leçon d'histoire, nous partageons les petites joies et les grands moments de désespoir d'une poignée d'habitants. Leurs privations, leurs satisfactions personnelles (bien souvent aux dépens de l'occupant), leur courage et leur altruisme : le manque de nourriture, la maladie et la saleté, les enfants qu'on envoie en 24h en Angleterre, etc. Il s'agit vraiment de tranches de vie, d'anacdotes qui l'air de rien nous permettent de retracer le fil de la grande Histoire. J'ai appris beaucoup de choses et je m'en réjouis !
L'échange de lettres permet d'alterner les points de vue et donne beaucoup de rythme à l'ensemble. Tous les personnages m'ont touchée, je serais bien en peine de vous dire lequel mérite plus d'attention.... Juliet, Amelia, Dawsey, Isola, Eben, Sidney et tous les autres vous feront passer un excellent moment de lecture. Si vous ne l'avez pas lu, n'hésitez même pas, foncez !


Nil éditions, collection 10/18, 2009, 410 p.

dimanche 5 juin 2016

"Le secret du mari" de Liane Moriarty



Résumé : Banlieue Nord de Sidney. Cecilia est une femme au foyer hyper active, reine dans l'art de l'organisation, gérant le quotiden de ses trois filles avec brio. Alors qu'elle cherche un livre au grenier, elle découvre par hasard une enveloppe avec l'inscription "Pour ma femme Cecilia, à n'ouvrir que dans l'éventualité de mon décès". Poussée par la curiosité, elle l'ouvre et découvre le terrible secret que cache son mari John-Paul. Que faire ? Dire la vérité et détruire sa famille ou sauver les apparences mais se laisser ronger à petit feu ?



Pourquoi ce livre : le résumé m'a plu alors que je faisais mes "courses" sur Book Depository.



Avis : J'ai beaucoup aimé cette lecture qui m'a fait enchaîner les pages sans m'en rendre compte.
L'histoire se déroule sur une semaine, chaque jour étant vécu du point de vue de trois protagonistes.
Il y a Rachel, qui a perdu sa fille de 17 ans dans des circonstances dramatiques. Tess dont le couple bat de l'aile et qui décide de s'installer à Sidney chez sa mère pour quelques temps, avec son fils Liam sous le bras. Et Cecilia, par qui le "malheur" arrive.
Cette dernière n'est pas le genre de personnage que j'affectionne le plus, ayant du mal à ressentir de l'empathie pour la ménagère clichée de moins de 50 ans. J'ai eu peur au début d'être face à la femme au foyer parfaite au point d'en être totalement irritante. Mais ce qui lui arrive est d'autant plus intéressant qu'il met à mal son univers si solidement construit. 
Les trois femmes vivent des situations très différentes mais au fil de la semaine, leurs trajectoires vont s'entrecroiser et l'ensemble est plutôt finement amené. Au début, on ne voit pas trop où Liane Moriarty veut en venir mais petit à petit, une toile liant les personnages les uns aux autres se dessine.
Il s'agit d'un roman "féminin", tous les 1er rôles sont tenus par des femmes. Les hommes ne sont présents qu'en arrière plan et apparaissent plutôt faibles ou lâches.
L'histoire amène de très bonnes réflexions sur les choix de vie que l'on fait plus ou moins malgré soi, les dernières pages sont ainsi particulièrement bien trouvées. Sur la vie de couple aussi bien sûr, ainsi que sur le poids des apparences. Une trajectoire rectiligne peut virer du tout au tout suite à un évènement anodin. Une journée qui commence comme toutes les autres peut finir dans le drame. Arrivent alors les questions universelles : si j'étais arrivée plus tôt ? si je n'avais pas répondu au téléphone ? si j'avais osé lui parler ?...


Une lecture prenante qui m'a tenue en haleine jusqu'à la fin !


Penguin books, 2013, 421 p. (traduit en français chez Le livre de Poche)





mercredi 25 mai 2016

"The Queen of the Tearling" d'Erika Johansen



Résumé : A 19 ans, Kelsea accède au trône de Tearling. Elevée dans le plus grand secret pour la protéger de tentatives d'assassinat, la jeune femme découvre la réalité d'un pays au bord du gouffre : corruption et misère. Les alliés se font rares et personne visiblement ne l'attendait... vivante en tout cas... La menace d'une invasion par le pays voisin de Mortmesme se profile, Kelsea doit donc prendre des décisions radicales qui vont changer l'avenir de son royaume.

Pourquoi ce livre : très bien vendu par Les Femmes Qui Lisent Sont Dangereuses !

Avis : Les critiques en font un croisement entre Game of Thrones et Hunger Games. Mouais... On vit dans une époque où il faut forcément tout comparer et ça m'énerve ! Je n'ai pas spécialement aimé Hunger Games mais j'ai littéralement dévoré ce roman. Oui, on a une héroïne forte ("ballsy" diraient nos amis anglo-saxons avec poésie). Certes, c'est un peu fantastico - moyenageux. Mais les comparaisons s'arrêtent là. Erika Johansen a su créer un univers qui n'appartient qu'à elle.
J'ai été plus que ravie de lire les aventures de Kelsea, qui ne s'en laisse pas conter malgré son ignorance quasi-totale du monde dans lequelle elle atterrit. Ses parents adoptifs l'ont élevée dans le but d'en faire une future reine et on peut dire que leur mission est accomplie. Loin de se complaire dans le luxe, la volupté et les intrigues de cours, la jeune femme prend des décisions radicales, n'hésite pas à apprendre à manier les armes et à partir au front quand il le faut.
J'ai particulièrement apprécié l'insistance avec laquelle on nous explique qu'elle a un physique quelconque : ça change des créatures de rêve avec une crinière digne d'une pub pour shampoing !!!
Côté famille, Kelsea n'est pas gâtée.... confiée à un an à un couple qui s'occupe d'elle dans le plus grand secret, sa mère (la reine donc) n'avait visiblement pas une once de réflexion sur la tenue d'un royaume et son oncle ne vaut guère mieux.
A noter : Kelsea est une grande amoureuse des livres. Je me serais prsonnellement passée des références à des livres connus mais c'est du détail. Et oui, car l'époque à laquelle se déroule l'histoire n'est pas très claire. On nous parle de l'épisode de The Crossing, mais qu'est-ce que c'est ? L'ambiance est médiévale mais il y a des références à des choses connues (Europe, Amériques et les livres, donc). Si j'ai bien compris, on est dans le futur....
http://yaseriesinsiders.com/post/135085418256/clarkegrifin-books-read-in-2015-the-queen-of
La magie / le fantastique sont présents par l'intermédiaire de deux colliers aux pouvoirs assez obscurs. J'ai hâte d'en savoir plus d'ailleurs sur leur provenance. Sans oublier une créature maléfique convoquée par la Reine Rouge.
L'autre atout du roman, c'est elle, une méchante bien méchante. Mais vraiment méchante. Du style à couper la langue et les cordes vocales d'un esclave parce qu'il fait trop bruit. Ou encore à sacrifier un enfant pour faire une incantation. Les passages qui la mettent en scène restent rares mais sont toujours percutants pour le lecteur.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Les relations que la jeune reine noue avec ses gardes sont très bien vues : elle doit s'imposer et effacer l'ombre de sa mère. Kelsea n'est pas prise au sérieux car elle possède trois handicaps aux yeux de ces messieurs : jeune + femme + mère indigne. Elle doit donc prouver sa légitimité en permanence. Je confesse avoir un petit faible pour The Mace / Lazarus (je vois bien Richard Amritage dans le rôle, au hasard, hein !).
Il n'y a pas de romantisme pour un sou malgré le coup de foudre de notre héroïne pour The Fetch, personnage mystérieux mi-prince des voleurs, mi-vengeur masqué. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne dégouline pas. Quelques passages sont même franchement violents et cruels.
A la fin de ce tome, des questions restent en suspens : qui est le père de Kelsea ? quelle est la véritable identité de la Reine Rouge ?
Bref, je compte lire la suite dans la foulée, j'ai vraiment été séduite (pitié, ne tuez pas Lazarus, pitié, faites qu'il ne soit pas le père caché de Kelsea).
NB : j'adore la couverture qui résume très bien l'ambiance.


Bantam books, 2015, 511 p.

lundi 16 mai 2016

"Une chanson d'ours" de Benjamin Chaud


Résumé : Papa Ours et Petit Ours s'apprêtent à hiberner. Alors qu'ils s'endorment, Petit Ours entend le bruit d'une abeille et se met en tête de la suivre. Et oui, qui dit abeille, dit miel ! Le voilà parti à travers la forêt, puis la ville, puis l'opéra. Papa Ours doit donc retrouver son petit. Mais il y a foule, il s'agit donc d'ouvrir l’œil.

Pourquoi ce livre : Repéré lors d'une exposition sur l'auteur à la BM que je fréquente.

Avis : Attention, gros GROS coup de cœur pour cet album et pour tous ceux de la série de Petit Ours et de Papa Ours.
Chaque double-page renferme une foule de détails et on découvre de nouveaux éléments au fil des lectures. Il y en a pour les petits et pour les grands, l'auteur n'hésitant pas à cacher des références pour les parents. Ainsi, à l'opéra, les Beatles côtoient le chanteur M (et j'en oublie sans doute !).
Les graphismes sont très beaux et leur minutie témoignent d'un travail de titan. J'ai pu voir les esquisses originales car elles étaient présentées à l'exposition, c'était vraiment impressionnant.
Le rond vert, c'est juste pour vous aider ! :o)
 La première image qui m'est venue à l'esprit en voyant les planches, c'est Où est Charlie ?. Le principe est un peu le même mais la comparaison s'arrête là.
Petit ours et son papa sont deux personnages très attachants. Dans cet opus, petit ours court après une abeille et découvre la grande ville. C'est aussi l'occasion de parler spectacle (et métiers du spectacle !), musique classique, orchestre et opéra bien sûr avec les plus jeunes.
Le titre est un clin d’œil à la chanson "Une chanson douce" d'Henri Salvador (que me chantait d'ailleurs ma maman !!!).
Le grand format est très sympathique également et permet une lecture à deux sans problème.

J'achèterai les autres tomes pour le prochain anniversaire de mon gremlins et je suis sûre que je vais aussi les offrir pour les enfants des copains - copines.
A noter, des produits dérivés existent depuis peu : un puzzle de 24 pièces (double face) ainsi qu'un jeu de memory.
A partir de 3 ans.


Hélium éditions, 2011 (réédition 2015), 15,90€, 22 p.

lundi 2 mai 2016

"Sauver sa peau" de Lisa Gardner





Résumé : A Boston, Annabelle a posé ses valises depuis quelques années. La jeune femme a passé sa vie à fuir de ville en ville avec ses parents sous des identités toujours différentes. La découverte d'une cache souterraine contenant les cadavres de six fillettes va l'obliger à sortir de son anonymat. En effet, l'un des corps porte un médaillon au nom d'Annabelle, médaillon qu'elle avait trouvé devant sa porte à l'âge de sept ans.

Pourquoi ce livre : repéré sur le site d'Ismérie.

Avis : Autant le dire tout de suite, j'ai lu ce thriller en 2 jours. Après un démarrage un peu lent, j'ai été littéralement happée par l'intrigue. Pourtant, ça n'avait pas bien commencé... Il faut dire que les histoires de meurtres d'enfants et moi, ça fait deux. Déjà, avant d'en avoir, ça me filait le bourdon, mais depuis que j'ai deux gremlins à la maison, je supporte encore moins : trop glauque, trop stressant. Bref ! J'ai pris sur moi et j'ai bien fait.
Nous sommes face à deux narrateurs : Annabelle Granger dont nous partageons les pensées et un narrateur à la 3ème personne.
Annabelle est un personnage très fort, qui a vécu jusqu'à présent une existence chaotique, baladée de ville en ville et d'identité en identité par ses parents. Le déracinement a été permanent. Son père l'a inscrite très tôt à des cours de self-défense, boxe, kick-boxing, etc pour la préparer à une menace extérieure. Mais quelle menace ? Il a fait d'elle une guerrière, mais une guerrière à la solitude écrasante. La jeune femme a passé sa vie à fuir, mais elle ne sait pas quoi. Cette incertitude hante une bonne partie de ses réflexions. Elle est d'ailleurs beaucoup plus fragile qu'il n'y parait et s'autorise à craquer à plusieurs reprises même si cela lui coûte. Je pense que vu les révélations qui se déploient au fil des pages, beaucoup seraient devenus zinzins pour moins. J'ai beaucoup aimé les pistes qui se multiplient et les soupçons pesant sur certains personnages qu'on croyait pourtant blanchis.
Je n'ai en revanche par accroché avec le personnage de l'enquêtrice D.D. Warren. En effet, je ne l'ai pas trouvé spécialement charismatique même si c'est une forte personnalité. Je ne suis donc pas sûre que de lire un autre tome de la série. Mais c'est surtout son collègue Bobby Dodge, ancien tireur d'élite, qui est au premier plan dans ce roman aux côté d'Annabelle. Lui est plus sympathique.
Ce qui est très bien décrit est le travail minutieux, tentaculaire et lent de l'enquête. On se rend bien compte que le manque de moyens et de personnels font que le temps n'est pas forcément du côté de la police. D'ailleurs, les inspecteurs enchaînent les journées et les nuits pratiquement sans moments de repos (ce qui d'ailleurs va avoir quelques conséquences...).
Le décor de l'hôpital psychiatrique abandonné et de son immense parc contribue bien évidemment au climat d'angoisse : le lieu en lui-même, mais également les histoires / légendes urbaines qui l'entourent (disparitions d'animaux, fantômes, lueurs et bruits étranges, etc).
L'ambiance est de toute façon assez pesante car le noyau dur de l'histoire concerne tout de même la disparition de 6 fillettes dont les corps sont retrouvés dans une mise en scène macabre. Quelques passages sont vraiment poignants, notamment quand on s'intéresse aux familles qui recherchent depuis des années leurs enfants disparues ou lorsqu'on réfléchit d'un peu trop près au calvaire qu'elles ont dû endurer.....
Aucune de mes théories ne s'est révélée vraie (sauf une !!) et Lisa Granger a l'art de distiller des fausses pistes pour entraîner son lecteur dans une impasse. Je tournais les pages avec appréhension !
Si vous êtes fan de thriller et que vous ne redoutez pas quelques passages sordides, jetez-vous sur ce roman !

Le livre de poche, juin 2015, 499 p.

vendredi 22 avril 2016

"Le Club Vesuvius" de Mark Gatiss




Résumé : Londres, début du XXème siècle. Lucifer Box, dandy assumé, est portraitiste de son état. Mais derrière sa nonchalance se cache un espion hors pair au service de sa majesté. Son supérieur le charge d'enquêter sur le décès récent de deux scientifiques spécialisés en vulcanologie. Plus Box se plonge sur ces disparitions, plus le mystère s'épaissit : que s'est-il passé du côté de Naples ? qui en veut à son ami Christopher Miracle ? et surtout, qui cherche à l'éliminer, lui ?

Pourquoi ce livre : parce que je le voyais partout, en librairie, sur les blogs, dans la presse... Oui, je suis victime de la pub.

Avis : J'ai mis un peu de temps à rentrer dans l'histoire. Mon début de lecture a été plus que décousu car j'ai actuellement à la maison un nourrisson de deux mois.... Du coup, je me suis retrouvée à lire parfois 2 chapitres à 2h du matin, 3 pages à 11h le lendemain, ce qui a un peu nuit à mon appréciation globale. Dans un premier temps, Lucifer Box n'a pas retenu mon attention plus que ça, je le trouvais un peu "too much" dans les premières pages. Un peu trop dandy, à vouloir un peu trop placer un bon mot, etc. Mais quand l'action a commencé à s'emballer, j'ai été séduite. Il s'est révélé être un personnage plus complexe qu'il n'y paraît, dans une époque fort peu clémente avec ses semblables (ça n'a pas trop changé malheureusement). J'ai bien évidemment apprécié son humour, très pince-sans-rire et certaines de ses réparties sont hilarantes. 
J'ai lu ce livre en VO et je vous le déconseille fortement si votre niveau dans la langue est moyen ou si vous débutez la lecture en anglais. Beaucoup de jeux de mots, d'expressions idiomatiques voir inventées pourraient vous gâcher le plaisir (ex. : "This was rummer than a baba"). J'ignore d'ailleurs ce que peut donner la traduction !
Mark Gatiss emprunte beaucoup à d'autres univers et les références à James Bond et Oscar Wilde sont évidentes. Le parallèle avec l'espion préféré de sa Majesté peut être fait tout le long du texte. L'auteur assume complètement ses emprunts comme j'ai pu le lire dans une interview publiée sur le site du quotidien The Guardian (http://www.theguardian.com/books/2007/jun/24/fiction.features).
A noter, les noms à coucher dehors des personnages :  Lucifer Box, bien sûr, mais aussi Charlie Jackpot, Christopher Miracle, Midsomer Knight et j'en passe. Ça fait très 007 : Moneypenny, Domino, Requin, etc. 
Il y a même une petite touche de Steampunk dans la dernière partie avec un décor digne d'un film des années 60.
Le décor participe grandement à l'intrigue, avec Naples, Pompéi et le Vésuve comme parties intégrantes de l'histoire. Ça tombe bien, je venais de prendre à la BM le navet cinématographique éponyme de 2014 avec Kit Harington (Jon Snow pour les intimes).
Bref, une lecture divertissante mais qui reste quand même un peu anecdotique en ce qui me concerne.

Pocket Books, 2005, 239 p. (traduit en français chez Bragelonne)