mercredi 26 août 2015

"La liste" de Siobhan Vivian



Résumé : C'est le dernier lundi de septembre au lycée de Mount Washington, ce qui veut dire que "la liste" est parue. Affichée dans tout l'établissement, elle désigne 8 filles, 2 par niveau, la "moche" et la "belle". Pour Danielle, Abby, Candace, Lauren, Sarah, Bridget, Jennifer et Margo qui y voient leur nom, le temps s'arrête. Elles se préparent à vivre la semaine la plus difficile de leur existence.

Pourquoi ce livre : à la recherche d'une lecture légère pour tourner la page de Assassin's apprentice, je l'ai pris à la BM sur la table des nouveautés.

Avis : Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu de la littérature ado, le moment était venu. J'ai entendu parler de ce livre à la fois sur la blogosphère et dans la presse professionnelle, du coup je n'ai pas hésité quand je l'ai vu. Je ne m'attendais à rien de grandiose, mais contre toute attente, j'ai été très agréablement surprise.  Bien sûr, les filles de la liste ont toutes un côté un peu cliché, mais on l'oublie vite passé les premiers chapitres.
En effet, leur psychologie et celle de leur entourage est bien développée, leur évolution sur la semaine est tout à fait crédible. J'ai d'ailleurs vraiment aimé la narration, un chapitre par fille avec un découpage par jour de la semaine, du lundi - découverte de la liste en arrivant au lycée, au samedi - bal de la rentrée. Chacune prend une claque, qu'elle soit positive ou pas. On comprend vite qu'être nommée "belle" n'est pas forcément un cadeau et que la catégorie "moche" est plus fourre-tout qu'autre chose. Le choc est cependant très rude pour certaines, qui s'enfoncent avant de remonter... plus ou moins. Des thèmes chers aux romans ados sont abordés : la pression du groupe, l'image de soi, le rapport à la nourriture, le respect de soi et des autres, les relations avec la famille...
On voit ainsi une jeune fille timide jusqu'alors effacée devenir malgré elle la nouvelle coqueluche parce qu'elle est "belle" sur la liste. Une autre retomber dans les travers de l'anorexie, persuadée que sa bonne place est dû au fait qu'elle a perdu beaucoup de poids. Une autre un peu garçon manqué qui sera rejetée par son copain qui n'assume pas son statut de "moche". Tout ça est très bien amené.
Je regrette juste que les adultes n'aient pas un rôle plus présent, ils sont plus là en toile de fond alors qu'ils pourraient jouer un grand rôle.
Le décor est très US, avec sa high school, son équipe de football américain et de pom-pom girls, son bal. Il serait tout à fait transposable en France mais pour moi, ce genre de débilité (la liste) se ferait plus dans un collège que dans un lycée. Même si on à tous connu des "cas" capables de sortir ce genre de document au lycée, on s'est calmé un minimum et on a - un peu - mûri. Enfin j'aime à le croire...
La page se tourne le samedi soir avec la révélation de qui est l'auteur de la liste et pourquoi les filles y figurent. Ça ne m'aurait pas gênée de suivre leur évolution sur une année scolaire puisque tout se déroule en septembre. 
A noter donc, si le thème vous intéresse !


Nathan, 2013, 405 p.

vendredi 21 août 2015

"Assassin's apprentice" de Robin Hobb




Résumé : Fitz est le fils bâtard du Prince Chivalry, élevé par le responsable des écuries royales. Craint ou haï par tous, il grandit dans une solitude certaine. Le roi Shrewd (Rusé) décide cependant de s'arroger ses services en tant qu'assassin. En effet, le royaume des Six Duchés est confronté à une menace terrible venue d'outre-mer et un garçon de sang royal pourrait être un atout majeur dans la lutte contre les pillages sauvages.

Pourquoi ce livre : Déniché dans la bibliothèque parentale alors que j'étais à la recherche de fantasy pour les vacances.

Avis : J'ai mis longtemps à rédiger cet avis, parce que je voulais vraiment prendre le temps de rendre justice à ce roman absolument magistral que tout amateur de fantasy devrait lire. A chaque fois que je l'ai sorti dans un lieu public, des gens sont venus me voir en me disant "Ah, vous lisez ça, c'est quel tome ?, vous verrez c'est vraiment bien, il y a une suite, je les ai tous lus..." Impressionnant !
La première chose qui frappe, c'est la qualité de l'écriture. C'est extrêmement bien écrit, littéraire sans être aride ou obscur, d'une richesse incroyable. Je ne sais pas ce que donne la traduction mais je me suis absolument régalée en VO. 
Ici, pas de dragons, d'elfes ou autres créature merveilleuse. Des éléments surnaturels sont distillés ça et là mais il ne s'agit pas d'un roman d'aventure "fantasiesque" (même si Fitz, le héro, a sa part de voyage et de rebondissements). L'univers créé par Robin Hobb est cependant dense et ses descriptions m'ont fait voyager, notamment celles de la ville de Buckkeep grâce auxquelles j'ai pu sentir l'air iodé du grand large plus d'une fois.
Impossible de ne pas vous parler de mon coup de coup absolu pour le (anti-) héro, Fitz, plus communément appelé "the Boy" (le garçon). Bâtard princier bien embarrassant pour tout le monde, il sera élevé et éduqué tant bien que mal par ceux à qui on l'a confié. Solitaire par la force des choses, la solitude qui l'entoure est assourdissante. De part sa position, personne ne peut s'attacher à lui ou le favoriser. Quelques personnages lui tendront cependant la main pour le plus grand bonheur de la lectrice que je suis. Je ne vous narre pas les épreuves qu'il doit endurer mais disons que d'autres auraient claqué la porte depuis bien longtemps. Ça commence à 6 ans quand son grand-père maternel le rammène au château de son père pour l'y laisser définitivement "Je paie pour lui depuis 6 ans, à l'autre maintenant de prendre ses responsabilités". Sympa.
Fitz se révèle particulièrement doué pour certaines tâches qu'on lui confie, notamment quand il s'agit de s'occuper d'animaux. Il possède en effet un don maudit très particulier, celui de communiquer avec eux et de ressentir leurs émotions. Il s'essaie aussi à une sorte de télépathie, the Skill, utilisée par les puissants pour communiquer des informations confidentielles à travers tout le royaume. L'apprentissage de cette technique sera pour lui un véritable calvaire. J'ai souffert avec lui !
La galerie de personnages qui l'entoure est elle-aussi très étoffée, avec mon deuxième coup de cœur pour Burrich, stablemaster de son état (responsable des écuries royales), qui l'a pris sous son aile bien malgré lui lors de son arrivée au château. Personnage bourru - sans mauvais jeu de mot avec son nom - il noue avec l'enfant une relation compliquée, très bien décrite mais aussi très belle.
Je pourrais aussi parler de Patience, Molly, Verity, Regal, Chade et Lady Thyme, mais cette chronique serait bien trop longue...
L'intrigue se met en place dans ce premier tome (il s'agit à la base d'une trilogie, The Farseer) et j'ai hâte d'en apprendre plus sur ces mystérieux bateaux rouges qui ravagent les cotes.
Il s'agit pour moi d'un énorme coup de cœur, je ne saurais que trop vous le conseiller. Si vous n'en lisez qu'un en fantasy cette année, que ce soit celui-là !! J'ai d'ailleurs du mal à m'en remettre...


Bantam books, 1996, 433 p. (traduit en français chez J'ai Lu)

lundi 10 août 2015

"Le festin d'Alice" de Colin Thibert




Résumé : La police parisienne fait une descente dans un appartement ravioli, les voisins n'en pouvant plus de ces odeurs immondes empestant les cages d'escaliers. Dépêchée sur les lieux pour faire des prélèvements, Alice, jeune et splendide inspectrice de la DGCCRF (répression des fraudes et de la concurrence...) découvre dans un frigo des documents qu'elle n'aurait pas dû trouver. Sa trouvaille va déclencher une série d'évènements en cascade et lui faire prendre conscience que parfois, il est beaucoup plus payant d'être malhonnête. (qu'elle croit !)

Pourquoi ce livre : Dans ma PAL depuis un siècle au moins. Pendant l'été, je "déstocke" un peu...

Avis : Nous voilà plongé dans une sombre affaire de mafia chinoise sur fond d'appartement ravioli. Ceux qui n'apprécient pas spécialement les nems et autres "canards aux cinq parfums" ne risquent pas d'être plus motivés à la fin de la lecture. En effet, dans les remerciements liminaires, on voit que l'auteur s'est renseigné sur des pratiques de... cannibalisme ! Je vous laisse imaginer la suite. ^^
L'organisation de cette mafia est basée sur le jeu de mahjong, avec le mystérieux Hiver en haut de la pyramide. On comprend que son activité est absolument tentaculaire et dépasse les frontières françaises. Ce roman offre une place de choix à la communauté chinoise de Paris, avec ses clandestins et ses histoires individuelles parfois sordides ou déchirantes mais aussi sa solidarité.
Les chapitres se basent sur une alternance des points de vue entre les différents personnages. Il y en a beaucoup, mais on ne s'y perd pas. Chacun a sa place, même si elle n'occupe que quelques paragraphes (exemple du tueur à gage en provenance de Hong Kong). Cela rend l'ensemble vivant et enlevé, même si la psychologie n'est pas spécialement des plus fouillée.
Je n'ai de personnage coup de cœur, ils ont tous un côté un peu minable, loseur. Mais ça les rend plus réalistes !
Il y a un très bon rythme, on a envie de savoir la suite. Cette histoire se lit vite, le style n'est pas spécialement exigeant ou littéraire mais l'ensemble est très bien écrit. Il y a aussi pas mal d'humour, même si ce n'est pas un livre "comique".
Une découverte sympa, je suis contente !


Fayard, Fayard Noir, 2009

lundi 3 août 2015

"Train perdu, wagon mort" de Jean-Bernard Pouy




Résumé : Un train couchette s'arrête en pleine nuit, en rase campagne. Les occupants du wagon de queue ne tardent pas à réaliser qu'ils ont été détachés du reste du train et qu'ils sont donc seuls au milieu de nulle part. L'attente pour les secours commence mais quand ces derniers tardent à venir, certains passagers commencent à céder à l'angoisse. D'autres décident de partir à pied le long des rails pour rallier la prochaine gare. Pendant ce temps, des avions de chasse sillonnent le ciel...

Pourquoi ce livre : Depuis un moment dans ma PAL...

Avis : Ce livre commence doucement, dans une atmosphère un peu "bon enfant". Les passagers prennent leur mal en patience. Puis petit à petit, des éléments angoissants viennent refroidir l'ambiance et faire comprendre que la situation est sans doute beaucoup plus compliquée que prévu.
On glisse alors subtilement dans le survival.
Pays fictif choisi comme décor, la Zoldavie a un nom qui sonne comme un pays de l'Est. François, le narrateur, est professeur de géopolitique et il sait que sa position sur la scène internationale ne présente pas de conflit particuliers. Mais en même temps, pourquoi est-il chargé d'amener à d'obscurs personnages des documents top secrets ? Les passagers du train sont-ils bien tous là par hasard ?
Beaucoup de choses sont ébauchées, créent un climat particulier par petites touches mais ne permettent pas du tout d'avoir une vue d'ensemble de la situation. De toute façon, comme dans tout bon survival, les téléphones ne passent évidemment pas donc personne ne peut se renseigner.
La résistance s'organise, avec son meneur, ses dissensions, ses arrangements que créent la promiscuité. Un groupe se forme mais ne peut rester uni face à l'inconnu : certains décident de partir. Le décor du wagon de train fini par apporter une petite touche incongrue à l'ensemble, tout seul sur ces rails perdus dans la campagne.
J'ai beaucoup aimé la narration, du point de vue de François donc, qui reste quand même calme malgré quelques accès de panique fort justifiés. Il n'y a pas de temps mort, même si ce n'est pas non plus un roman d'"action". Ce que tente le groupe est crédible, on n'est pas dans la science-fiction et cela renforce vraiment le sentiment de réalité et donc de malaise parfois pour le lecteur.
Petit bémol, la fin "en eau de boudin", qui n'apporte pas de réponse et qui du coup a généré pas mal de frustration de mon côté.
Une lecture rapide et divertissante que je vous recommande !

Points roman noir, 2008, 160 p.

vendredi 24 juillet 2015

"The Rosie Project" de Graeme Simsion






Résumé : Don est un brillant professeur de génétique. Un peu étrange, à la marge, il décide qu'il est temps de trouver une femme et crée le questionnaire pointu "The Wife Project" pour sélectionner des candidatures potentielles. Sa route va alors croiser celle de Rosie qui va bouleverser à jamais son existence. Et pourtant, elle ne répond à AUCUN de ses critères... (et non, ne vous laissez pas avoir, ce n'est pas une comédie romantique).

Pourquoi ce livre : J’ai lu sur plusieurs sites anglais que ce livre avait été élu « Paperback of 2014 » et qu'il figurait régulièrement sur des listes de lectures feel-good. Mes vacances approchant, j’avais envie de lire un truc léger, je me suis donc laissé tenter.

Avis : Pour faire bref, j’ai agonisé. Littéralement. Je suis quand même arrivée au bout de ce roman mais je me demande encore où j’ai pu trouver la force mentale de le faire. Rien ne m’a séduit. Rien.
Les personnages pour commencer… Don est pourtant un héros atypique puisqu’ on devine rapidement que quelque chose ne tourne pas rond chez lui. Manie des listes, emploi du temps à la minute près, aucun sens de l’humour, relationnel compliqué, mais en même temps, brillant scientifique. On finit par deviner qu’il est atteint du syndrome d’Asperger. J’avais été absolument emballée par  Le bizarre incident du chien pendant la nuit qui traitait un peu du même thème donc c’est plutôt curieuse que j’ai commencé à tourner les pages. C’est en effet Don le narrateur. Mais là, catastrophe. Aucune finesse dans l’histoire. Don n’est juste pas attachant.
Et c’est pareil pour tous les autres : Rosie, qui donne son titre au roman, dont la personnalité m’a donné de l’urticaire. Gene, le seul ami de Don, cliché au possible. Seule Claudia, la femme de Gene, arrive à tirer son épingle du jeu. Sachant qu’elle n’apparaît que brièvement et 3-4 fois, pas plus, autant vous dire que j’ai trouvé le temps long….
Le projet Rosie, quant à lui (qui consiste pour Rosie à découvrir à l’aide tests génétiques qui est son père biologique parmi 100 candidats potentiels) donne lieu à des situations tellement ridicules que je ne m’y suis pas intéressée. Je n’ai ni compati avec les problèmes existentiels de la jeune femme, ni adhéré aux méthodes choisies. Et même temps, au bout du 2ème test, j’en ai eu marre et le résultat m’indifférait complètement. Alors quand il arrive enfin, à la dernière page, on se dit juste "Ah ouais, c'est lui. Bof".
Bref, une lecture plus que décevante (encore une autre). Je ne me ferai plus avoir par la pub, ça c’est clair. En attendant, FUYEZ !

 Penguin Books Ltd, 2014, 352 p.

jeudi 25 juin 2015

"Throne of glass" de Sarah J. Maas




Résumé : Celaena Sardothien, assassin de son état, se retrouve enfermée dans les mines de sel suite à une trahison. C'est là que le fils du roi d'Adarlan vient la chercher pour lui proposer un marché qu'elle ne peut refuser. Soit elle devient son champion dans une compétition organisée par le roi soit elle reste là, à croupir. La jeune fille de 18 ans accepte pour regagner sa liberté. Mais arrivée au château, il semblerait que quelqu'un cherche à éliminer les concurrents plus rapidement que prévu.
 
Pourquoi ce livre : Une envie de fantasy.

Avis : L’univers créé par Sarah J. Maas est intéressant, avec un roi assoiffé de conquêtes qui extermine sans remord ou réduit en esclavage les peuples voisins. La magie sous-jacente attise la curiosité puisqu’elle est interdite. J’aurais aimé en apprendre plus sur ces Wyrdmarks et leurs pouvoirs. Qui s’en servait ? Dans quel but ? De ça, il n’est pas trop question malheureusement.
Les épreuves sont aussi rapidement expédiées, sans parler des autres concurrents dont on n’apprend presque rien. Ça aurait valu le coup de détailler un peu plus et de rajouter quelques pages.
Pour le reste, je ne suis pas du tout rentrée dans l’histoire. Principal grief, la galerie de personnages clichés : le beau prince charmant, le (re)beau capitaine de la garde, le méchant roi, le méchant tout court tout musclé, l’intrigante à la cour, la princesse ennemie, etc, etc. Ça sentait le réchauffé à plein nez.
Parlons de Celaena maintenant… A 18 ans, elle a déjà vécu 100 vies, elle a perdu ses parents dans des circonstances qu’on devine dramatiques, elle a tué un nombre incalculable de gens de toutes les manières possibles, elle s’est retrouvée au bagne pendant un an dans des conditions atroces et la première chose à laquelle elle pense quand elle arrive au château, c’est à toutes les robes qu’elle va pouvoir porter. J’ai eu envie de déchirer le livre en deux. Sa psychologie est complètement incompréhensible, alternant des attitudes de vierge effarouchée et des penchants meurtriers. Rarement héroïne m’aura autant laissée de marbre. Mais bien sûr, qu’est-ce qu’elle est beeeeeeeeeeeeeeeeeeeelle…..
Je vous passe le triangle amoureux, qui n’apporte strictement rien à l’histoire et qui m’a donné des démangeaisons.
Vous l’aurez compris, c’est une grosse déception et je passe mon tour pour la suite. Mieux vaut à mon humble avis se jeter sur la série L'assassin Royal de Robin Hobb.

Bloomsbury, 2012, 404 p. 

samedi 20 juin 2015

"Le chat qui venait du ciel" de Takashi Hiraide


Résumé : Banlieue de Tokyo. Le narrateur est sa femme voient leurs vies se transformer subtilement quand le chat des voisins prend l’habitude de venir chez eux. Cette présence féline va prendre de plus en plus de place dans leur quotidien, alors que l’animal mystérieux garde ses distances. Il les invite à découvrir la nature luxuriante du jardin qui jouxte leur pavillon et à prendre le temps de regarder l’impact des saisons.

Pourquoi ce livre : j’avais lu un très bel avis, je ne sais juste plus où…

Avis : J’ai un chat et pourtant, à la base, c’est un animal que je crains. Trop indépendant, trop imprévisible, pas assez câlin. Sans parler des griffes…. Mais mon côté Brigitte Bardot m’en a fait adopter un et j’avoue avoir été embobinée en beauté à la SPA par cette boule de poils maigrichonne. C’est notamment une présence qu’on sent même si on ne la voit pas.
Dans cette histoire, il apparaît et disparaît à sa guise, s’invitant chez les protagonistes quand bon lui semble. Le chat de ce roman est effectivement très indépendant et refuse catégoriquement d’être caressé ou porté. Comment nouer un lien fort avec un tel animal me direz vous ? Et bien, par sa simple présence justement. Ce félin incarne plus l’âme du jardin qu’autre chose et le couple de traducteurs / écrivains le voit comme beaucoup plus qu’un simple animal domestique. « Chibi restait imperturbable. Sur son visage impassible, on lisait sont désintérêt pour le monde des humains, seuls les étoiles et le monde animal et végétal pouvaient l’intéresser ».

Ce roman est aussi une ode à la nature, aux saisons, au calme que peut procurer l’observation d’un jardin et de la faune qui y vit. Le chat invite les occupants de la maison à sortir, à le suivre et à regarder autour d’eux : les fleurs, les insectes, la mare, etc. Cela a  quelque chose de très reposant. Les descriptions de la maison principale sont aussi très poétiques et donnent envie de se promener dans ce pavillon de style traditionnel. J’adore les pièces qu’on mesure en tatami !

"Chibi" en japonais veut dire soit bébé, soit enfant (soit la version junior d’un personnage dans un manga). Mais visiblement ce terme veut aussi dire « vilain » ou « avorton »… A mon avis c’est plutôt cette deuxième définition qui lui a valu son surnom.

Parfois une simple présence peut tout changer. Je ne révèle pas le dernier tiers de l’ouvrage, disons simplement que la nature se réinvente sans cesse.

Ce livre n’est pas un coup de cœur mais une il s’agit d’une lecture agréable chez un éditeur que j’apprécie énormément.

Picquier Poche, 2006, 130 p.