mercredi 15 février 2017

"Eva" de Simon Liberati




Résumé : "Un soir de l'hiver 1979, quelque part dans Paris, j'ai croisé une femme de treize ans dont la réputation était alors « terrible ». Vingt-cinq ans plus tard, elle m'inspira mon premier roman sans que je ne sache plus rien d'elle qu'une photo de paparazzi. Bien plus tard encore, c'est elle qui me retrouva à un détour de ma vie où je m'étais égaré. C'est elle la petite fée surgie de l'arrière monde qui m'a sauvé du labyrinthe et redonné une dernière fois l'élan d'aimer. Par extraordinaire elle s'appelle Eva, ce livre est son éloge. S. L." (4ème de couverture)

Pourquoi ce livre : repéré à sa sortie à cause de la très belle jeune femme sur la couverture, je l'ai mis de côté dans ma tête en attendant le bon moment.

Avis : Roman atypique et inclassable, Eva est une ode à l'amour. Il ne s'agit pas tout à fait d'une biographie, notamment parce que la vie d'Eva Ionesco n'est dévoilée au lecteur que par touches successives, partant d'anecdotes. Ensuite, parce que Simon Liberati y insère des passages sur sa propre vie et son état d'esprit. L'auteur s'obstine à nous montrer que ces deux-là étaient fait pour se rencontrer et s'aimer. Ils se sont en effet croisés à de nombreuses reprises à la fin des années 70 dans le milieu de la nuit parisienne avant de se retrouver 25 ans plus tard.
Nous voilà plongés dans un portrait de femme, qui témoigne d'un amour absolu et d'une adoration sans borne de l'auteur pour celle qui désormais est son épouse, sa muse et sa rédemptrice.
Toutes les facettes de sa personnalité, les plus belles comme les moins reluisantes nous sont dévoilées, même si cette femme est visiblement très pudique, ne revenant que difficilement sur son passé et les épreuves qu'elle a traversé.
Si le nom d'Eva Ionesco ne vous dit rien, tapez-le sous un moteur de recherche d'images et vous comprendrez. Enfant, elle a servi de modèle à sa mère pour des photographies en noir et blanc, de plus en plus érotiques et de plus en plus "perverses". Sa mère l'a même "prêtée" à d'autres artistes pour des séances. Son innocence lui a été volée horriblement tôt. 
Eva a la rage de vaincre et de vivre malgré tout, c'est une guerrière qui veut s'en sortir et trace sont chemin. Cependant, elle reste d'une fragilité désarmante aux yeux de son amant.
Certains passages m'ont fait frémir, je pense notamment à l'évocation d'expositions dans des galeries de photos mettant en scène des enfants dans des jeux érotiques. On dirait "pédophiles" maintenant mais à l'époque, ces galeries avaient pignon sur rue.
J'ai vraiment apprécié cette lecture qui rend compte de la relation privilégiée et exclusive qu'entretient un artiste et sa muse. L'ensemble est habilement construit et nous livre un magnifique portrait.
Un petit bémol cependant : le style, très particulier de l'auteur, qui ne plaira pas à tout le monde (et que j'ai mis un moment à intégrer) : phrases alambiquées et références littéraires élitistes ponctuent le texte. Mais que cela ne vous empêche pas de le lire !

Stock roman, août 2015, 277 p.


mercredi 8 février 2017

"Retour sur terre" de Mélanie Rose



Résumé : Michaela, 25 ans, s'élance en parachute. Il est 15 heures et un vent violent se lève. Quand elle atterrit, quelques minutes plus tard, la nuit est tombée et l'aérodrome est complètement désert. Ses affaires, sa voiture, tout a disparu. Alors qu'elle tente de passer des coups de téléphone depuis un pub voisin, la jeune femme découvre sa photo sur des avis de recherche. Elle a visiblement disparu... depuis plus de 6 ans ! Que s'est-il passé lors de ce fameux saut ? Peut-elle reprendre une vie normale ?

Pourquoi ce livre : offert par une tante (qui ne l'a pas lu), il tombait à pic pour le challenge des 12 thèmes de février. [Pour rappel : « Cœurs sur toi » février, c'est le mois des amoureux. Si on lisait une romance ? Époque, lieux, vous avez l'embarras du choix ! !]

Avis :  Attention, cette critique contient des spoilers. Vous voilà prévenus.
Tout avait bien commencé entre moi et ce livre, je vous assure ! Quand j'ai lu le résumé, je me suis dit "Ça a l'air sympa, dans le genre léger". Sur la 4ème de couverture, on peut lire "Fidèle à ses intrigues extraordinaires, Mélanie Rose tisse ici une nouvelle comédie romantique pleine de charme et de suspense". Effectivement, même si le pitch de départ m'a semblé un poil réchauffé, j'ai enchaîné les pages en me demandant sérieusement ce qui avait bien pu se produire lors de ce fameux saut en parachute. Les personnages secondaires formaient avec Michaela un bon ensemble. Et puis... et puis. Entamé dans le train où j'alternais lecture et contemplation des paysages suisses, j'ai fini ce livre tranquillement chez moi, c'est-à-dire bien concentrée sur ce qui était écrit. Et là, déconfiture. Tout m'a paru d'un vide sidéral avec un net penchant pour le cliché. Adolescente gothique en manque d'attention. Check ! Beau gosse qu'on sort d'un chapeau mais attention, le coup de foudre explique tout. Check ! Maladie grave. Check ! Triangle amoureux. Check ! Je vous passe le personnage de Simone, la sœur de Matt (le beau-gosse pré-cité), scientifique qui travaille pour un laboratoire top secret du gouvernement et qui étudie les gravitons (issus de la théorie des quanta). Si !! Véridique !
D'explications, tu n'en auras pas cher lecteur, puisque visiblement pour Mélanie Rose, ce n'est pas du tout le fond du problème. Non, je t'assure, on s'en moque de ces 6 années passées à la trappe qui occupent pourtant le cœur de l'intrigue.
Je vais vous dire ce que j'en pense : arrivée à 380 pages et pressée par son éditeur de lui rendre quelque chose, l'auteur a bâclé la fin, ne sachant pas du tout comment finir son manuscrit. J'ai l'ai fermé d'un geste rageur et je me suis empressée de noyer ma déception dans les Tirlibibi.
Comédie romantique complètement fade, ce livre ne me laissera aucun souvenir.






Archipoche, octobre 2016, 433 p.

samedi 28 janvier 2017

"Le mystère Sherlock" de J.M. Erre



Résumé : L'hôtel Baker Street, en Suisse, accueille un colloque d'un genre bien particulier. Dix universitaires, tous spécialistes de Sherlock Holmes et de l'oeuvre de Conan Doyle sont réunis à l'initiative du Professeur Bobo qui doit désigner parmi eux l'heureux détenteur de la nouvelle chaire d'holmésologie de la Sorbonne. Mais une avalanche vient isoler l'hôtel du reste du monde, laissant nos invités confinés entre quatre murs. L'ambiance se dégrade fortement lorsqu'ils commencent à tomber comme des mouches.

Pourquoi ce livre : Parce que j'avais envie de découvrir cet auteur depuis un moment et que le titre tombait à point pour le challenge des douze thèmes.

Avis : La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que sous des abords complètement loufoques, il s'agit d'une oeuvre très bien construite, hommage assumé à Conan Doyle bien sûr mais également à Agatha Christie et à ses "10 petits nègres". L'ensemble est ainsi très bien documenté, sans tomber pour autant dans le cours magistral sur le personnage de Sherlock Holmes. L'écriture est très dynamique, alternant les points de vues entre quelques personnages. Il n'y a aucun temps mort ! (sans mauvais jeu de mots)
Tous les personnages sont d'ailleurs attachants et valent le détour, ce qui est plutôt rare quand ils se font nombreux. Tous sont siffonnés à leur manière, confondant fiction et réalité, étant intimement persuadés que Sherlock Holmes a bel et bien existé. Sans parler des coups tous plus bas les uns que les autres qu'ils s'échangent. Les prises de bec entre Eva et Dolorès sont ainsi absolument inénarrables. Bien sûr, on reste quand même entre gens bien éduqués, entre universitaires beaux penseurs et beaux parleurs. Mais quand le vernis se fissure, bonjour l'ambiance !
La situation globale pourrait paraître glauque mais l'humour est omniprésent et je me suis même surprise à glousser plusieurs fois.
J'ai un peu du mal à qualifier le genre de ce roman, si tant est que ce soit utile. On est à la croisée du policier puisque les cadavres s'accumulent et qu'un ou deux moments de vraie tension ponctuent le texte. Mais le ton décalé et loufoque en ferait plutôt une satire. Bref, un mélange des genres bien réussi.
J'ai passé un excellent moment de lecture avec cette histoire, je vous la recommande chaudement !



Participation du mois de janvier au challenge des douze thèmes !







Buchet et Chastel, 2012, 236 p. (existe en poche chez Pocket)

dimanche 22 janvier 2017

"Les Falsificateurs" d'Antoine Bello



Résumé : Sliv Dartunghuver, jeune Islandais fraîchement diplômé en géographie se fait engager par un cabinet de conseils en travaux publics. Mais son supérieur le recrute pour une autre mission autrement plus énigmatique : réécrire un compte-rendu en en changeant des éléments, modifiant donc la vérité. Sliv fait ainsi ses premiers pas comme agent de falsification au sein du CFR, organisation mystérieuse et tentaculaire jouant avec la vérité, réécrivant l'histoire quand cela l'arrange et créant également des informations de toute pièce. Le jeune homme, pris dans une fuite en avant, tente de trouver sa voie et la raison d'être du CFR.

Pourquoi ce livre : deux collègues m'en ont parlé avec des trémolos dans la voix, je n'ai donc pas résisté.

Avis : Voici une oeuvre que chaque citoyen devrait lire. Au-delà de l'aspect romanesque de l'histoire, nous sommes face à une réflexion qui nous concerne tous : peut-on croire ce que les médias nous montrent ? Les politiques prennent-ils des décisions éclairées ? Qui manipule quoi et comment ? Alors bien sûr, ce serait pécher par excès de naïveté que de penser que la presse, la télévision, ne sont pas orientés, mais avec Les Falsificateurs, nous passons au niveau supérieur.
Nous suivons les pensées de Sliv, fraîchement diplômé qui se fait recruter par son supérieur pour intégrer le CFR. Poussé par la curiosité, le goût du jeu et une imagination débordante, Sliv met les mains dans quelque chose qui le dépasse complètement. Ce personnage est extrêmement attachant et aussi très humain, se posant des questions que n'importe quel homme sain d'esprit se poserait aussi. Je me le représente un peu sous les traits de l'acteur Patrick J. Adams de la série Suits (ne me demandez pas pourquoi !).
Le style est très fluide, un peu proche d'un journal de bord. Du coup les pages s'enchaînent facilement pour le plus grand plaisir du lecteur.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste et offrent une très belle galerie : Gunnar, son chef, Youssef et Magawati, ses amis, la glaciale Lena Thorsen, sa concurrente, Yakoub Koyoulfaz, membre des opérations spéciales, renforcent l'ensemble.
On voyage aussi beaucoup puisqu'au gré de ses mutations, Sliv est embarqué en Islande, à Cordoba puis à Krasnoïark (Sibérie !!).
Le roman interroge sur le pourquoi du CFR mais finalement assez peu sur l'impact que ses activités peuvent avoir sur les simples gens. Qui du coup croient n'importe quoi ! Je me suis complètement laissée entraîner par l'intrigue. La période à laquelle elle se déroule est aussi très riche puisqu'il s'agit du début - milieu des années 90, juste après la chute du mur de Berlin. Le CFR aurait ainsi réécrit quelques unes des plus belles pages de l'Histoire : je vous laisse découvrir lesquelles !
Je n'ai pas compris pourquoi le CFR ne prenait pas en compte les talents naturels de ses agents. Sliv n'est pas du tout doué pour la falsification. Pourquoi le laisser 2 ans sur un tel poste sachant que l'erreur peut être au bout du chemin ? Pourquoi ne pas tirer parti de son talent pour l'écriture de scénarii ? En tout cas, j'ai été fascinée par le travail de tous ces agents, l'inventivité déployée pour réécrire / écrire par petite touche l'histoire mondiale.
Le pire dans tout ça c'est que cette fiction est tout à fait crédible (en tout cas plus que ces histoires d'Illuminati....). Je suis déjà hyper sensibilisée à l'éducation aux médias et à la fiabilité de l'info, cette histoire n'a fait qu'enfoncer le clou.
J'ai hâte de lire la suite (c'est une trilogie) pour en apprendre plus sur le CFR et suivre avec délectation les tribulations de Sliv.
Je vous recommande chaudement ce roman qui va vous happer ! J'ai pour ma part commencer à l'offrir à tout mon entourage.



Folio Gallimard, 2008, 588 p.

mercredi 18 janvier 2017

Le Challenge des 12 thèmes

Bon, j'avais dit que je ne ferai pas de challenge et puis... et puis j'en ai vu passer un qui m'a fait de l'oeil.


Initié par A-Little-Bit-Dramatic et repéré chez Jelydragon, j'ai été séduite par ce challenge suffisamment large pour ne pas me sentir enfermée. Il prend fin le 31 décembre et aura le mérite de me faire piocher dans ma PAL.


 J'ai déjà quelques titres à l'esprit, à voir si je ne change pas d'avis au dernier moment. *^^*




Janvier : Thème « Un plaid, une cheminée, un chocolat chaud » → une lecture qui sent bon le feu de cheminée et qu'on a envie de lire en se blottissant chaudement avec un plaid et une boisson chaude.

Février : Thème « Cœurs sur toi » → février, c'est le mois des amoureux. Si on lisait une romance ? Epoque, lieux, vous avez l'embarras du choix ! !


Mars : Thème « My tailor is rich » → un livre dont l'action se passe en Angleterre.

Avril : Thème « Plume d'oie et cire à cacheter » → un classique de la littérature, française ou internationale.

Mai : Thème « Têtes couronnées » → un roman ou une biographie dont le personnage central est un roi ou une reine.

Juin : Thème « Du Saint-Laurent au Rio Grande » → un livre dont l'action se passe en Amérique.

Juillet : Thème « Lecture sur le sable » → un livre idéal pour la plage, que vous soyez en vacances ou non.

Août : Thème « Empreintes » → ce mois-ci, je vous propose de lire un roman policier. On en a tous dans notre PAL ! ! Encore une fois, le choix de l'époque, du lieu, des personnages, est libre.

Septembre : Thème « Grande Découverte » → ce mois-ci, nous lirons un livre d'un auteur dont on découvre l'oeuvre.

Octobre : Thème « Rose » → parce que c'est Octobre Rose, nous lirons donc un livre dont la couverture sera rose ou possédera des touches de rose. 

Novembre : Thème « Thé matcha et poivre du Sichuan » → un livre dont l'action se passe en Asie, tous pays confondus.

Décembre : Thème « Noël et ses merveilles » → un livre dont le thème central est...Noël, bien évidemment !


samedi 7 janvier 2017

Pas motivée pour chroniquer.... #5

J'ai lu pas mal de choses pendant les vacances mais rien qui ne me donne envie de développer quoi ce soit.... Je fais juste un mini point sur deux ouvrages.

Les quatre accords Toltèques de Don Miguel Ruiz (Poche Jouvence)
Classique des livres de développement personnel, on en avait parlé lors de la formation sur la communication non violente que j'ai suivie. Une collègue me l'a prêté donc j'ai enfin lu cette référence vendue à plus d'un million d'exemplaires. Les 4 accords en eux-mêmes sont très intéressants : 1) que votre parole soit impeccable 2) ne faites pas de suppositions 3) quoi qu'il arrive n'en faites pas une affaire personnelle 4) faites toujours de votre mieux. Les respecter est l'un de mes objectifs 2017 (soyons fou !!!). En revanche, l'introduction et les autres chapitres partent dans du mystique - l'auteur est chamane - et ce n'est pas du tout ma tasse de thé. J'ai lu le reste en diagonal, complètement dubitative. Concentrez-vous sur les 4 accords, c'est bien suffisant !

Monkey Business Trio T1 : Playing Dirty de C. L. Parker (Le livre de poche)
Offert par Monsieur à Noël comme blague (bonjour l'ouverture du paquet devant la belle-famille...), je me suis dit que ce serait la lecture récréative par excellence en cette période hivernale. L'univers ne m'intéresse pas pour 2 sous puisqu'il s'agit du milieu des agents sportifs aux USA... Mais le jeu du "je te hais mais je te cherche" m'a bien divertie. Attention, moi qui ne suis une habituée de ce genre de lectures, j'ai trouvé certains passages extrêmement hot, voire carrément cochons (je dois être une petite nature...). Lecture anecdotique à ne pas mettre entre toutes les mains, donc.

dimanche 1 janvier 2017

Bonne année 2017



Une année en chasse une autre et nous voilà déjà en 2017...
Je vous souhaite à tous qui tombez sur cette page - par hasard ou pas - une heureuse année, pleine de petits bonheurs et de grandes joies.
Fidèle à moi-même, aucune résolution littéraire ! La vie est trop courte pour s'imposer quoi que ce soit. :o)


(Si vous ne connaissez pas, rendez-vous d'urgence sur le compte instagram @TheYellowHairedGirl, à mourir de rire)