samedi 13 septembre 2014

Les recalés de la chronique #1

Des fois, on commence un livre, parce que tout le monde en parle ou parce qu'on l'a repéré sur un blog / en librairie / dans la presse, etc. On le commence, on doute, on doute franchement, on s'accroche quand même, on le finit et on se dit "Plus jamais, la prochaine fois, j'abandonne la lecture !". Ce fut le cas ces dernières semaines avec ces deux livres.

Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier

Immense succès de librairie, je ne présente plus ce livre que je découvre 3 ans après tout le monde. J'ai été déçue par ce roman, essentiellement pour deux raisons :
* Les femmes sont prises pour des nouilles : mon jugement est dur mais si vous analysez le comportement de l'héroïne, vous vous rendez bien compte qu'elle fait des choses complètement aberrantes, tout ça pour un type qu'elle ne connaît pas, ou à peine. Gros cliché "L'amour déplace des montagnes".
* C'est une ode à la routine. Mais non, me direz-vous, puisque Julie quitte son emploi dans une banque pour devenir vendeuse en boulangerie. Certes, mais je vous répondrai que la boulangerie en question reste dans son quartier, tenue par une boulangère qu'elle connait depuis toute petite, qu'elle ne déménage pas, ne change pas vraiment de vie, bref ne prend pas de risque.
Heureusement que sa copine Sophie est là pour apporter des répliques qui font rire.

Au douxième coup de minuit d'Eloisa James


Celui-là, vous me direz, j'aurais dû me douter du contenu vu le titre de la collection "Aventures & passions". Je ne suis pas habituée aux codes de la romance n'en ayant lu qu'une et en voilà une bien dans le ton - je suppose. Je pensais vraiment lire une réécriture de Cendrillon et ça démarre plutôt bien puisque que Kate se rend au château du prince sous une fausse identité. Mais après ça, exit Cendrillon. On tombe dans une histoire de "je t'aime mais je ne peux être avec toi" qui dure 150 pages. Seul point positif, la marraine Lady Worthe qui apporte de l'humour et de la légèreté. Quelques réflexions sur la vie de couple sont bien senties mais c'est une déception. Peut-être une très bonne romance (je n'y connais rien) mais pas une réécriture de conte de fée.

samedi 23 août 2014

"Nymphéas noirs" de Michel Bussi


Résumé : Jérôme Morval, riche habitant de Giverny, est retrouvé mort dans le ruisseau qui serpente à travers le village. Son crâne a été fracassé. Qui s'est acharné sur cet homme ? Les pistes ne manquent pas car le notable local était connu pour ses aventures extra-conjugales et trempait dans quelques affaires louches liées au monde de l'art. Le commissaire Sérénac et son adjoint Benavides sont chargés de l'enquête. Bien vite, les deux hommes sont pris comme des mouches dans une toile d'araignée car Giverny, patrie de Claude Monet, n'est pas un village comme les autres.

Avis : Michel Bussi fait parler de lui en ce moment sur la blogosphère et figure régulièrement en tête des ventes (si j'en crois les derniers classements Livres Hebdo). J'avais envie de lire un polar ET de découvrir un nouvel auteur, ce roman tombait donc à pic.
Ce n'est pas la peine de chercher qui fait quoi, l'auteur nous emmène d'une fausse piste à l'autre jusqu'à la révélation finale qui nous punaise sur place. Le mieux est de ne pas jouer au lecteur-détective mais de se laisser porter par l'histoire, les personnages et surtout, par le lieu. Je ne connais pas Giverny mais une chose est désormais sûre : il va falloir que j'y aille ! Les descriptions du village et de ses environs en font un personnage à part entière. Il a l'air absolument magnifique - une fois qu'on a poussé tous les touristes...

On en apprend également beaucoup sur la vie de Claude Monet et sur son oeuvre : toutes les anecdotes sont véridiques (d'après une note de l'auteur). Nous avons même la chance de visiter le musée de Vernon.
L'intrigue en elle-même est bien ficelée et chaque personnage sonne juste. Nous voyons l'histoire se dérouler à travers les yeux d'une vieille habitante de Giverny, qui visiblement en sait beaucoup plus que ce qu'elle laisse paraître. Mais aussi à travers ceux de Fanette, jeune écolière de 11 ans et d'un narrateur discret. L'alternance des points de vue dynamise le rythme et la lecture est particulièrement fluide. Je mets juste un bémol sur l'inspecteur Sérénac... J'aime sa personnalité et sa façon d'échanger avec son collègue mais sa prise de position radicale et bornée ne le rendent malheureusement pas crédible dans sa fonction de commissaire.
L'intrigue se déroule presque exclusivement à Giverny, ce qui transforme l'ensemble en huis-clos. Ici, tout le monde se connait et galeries d'arts côtoient écoles de peinture et autres commerces. Comme le souligne l'inspecteur Sylvio Benavides, le bras droit de Sérénac, on a l'impression d'être face à une omerta digne d'un village Corse. L'atmosphère est particulière et les locaux n'aiment pas bien parler aux "étrangers". Mais quel secret cachent-ils donc tous ?
Le monde de l'art est aussi bien présent et on se cultive au passage sur le courant impressionniste. Mais point de cours magistral, l'auteur sait distiller son savoir tout au long du texte.
Ce roman vous promet un bon moment de lecture, n'hésitez pas.

Pocket, juin 2014, 492 p.

mercredi 20 août 2014

"Le dernier évènement" de Yoo Eunsil


Résumé : Comme tous les ans depuis plusieurs années, le grand-père de Yongouk annonce qu'il va mourir. Il demande donc à son petit-fils de faire venir sa famille auprès de lui pour un dernier adieu. Mais comme il a trop crié au loup, personne ne prend au sérieux cet appel. Quand l'inévitable finit pourtant par se produire , tous les proches de Papi sont là pour procéder aux rites funéraires et se rappeler la vie du défunt. Yongouk, qui était très proche du vieil homme, découvre à cette occasion quelques secrets de famille et va vivre les 24h les plus intenses de sa vie.

Avis : Cette lecture n'avait pas très bien commencé en ce qui me concerne... Le pauvre papi que tout le monde ignore et son petit fils Yongouk que tout le monde traite comme un moins que rien... Je me disais que j'étais face à une histoire peu réjouissante. J'ai pourtant bien fait de m'accrocher car j'ai passé un très bon moment.
Le thème n'est pourtant pas très joyeux - la mort d'un aïeul et ses conséquences - mais nous voilà face à une famille qui se retrouve, voir se découvre autour de cet "évènement". Chacun a une personnalité bien affirmée ce qui donne lieu à quelques échanges cocasses. Mention spéciale à la découverte de la tenue choisie par le grand-père ! Attention passage culte ! Traitée avec légereté mais néanmoins avec pudeur, la perte d'un grand-parent est le thème central de ce roman que nous lisons à travers les yeux de Yongouk, petit-fils dévoué. Un lien particulier l'unissait avec son grand-père et ils ont toujours été très proches. D'abord parce qu'ils partageaient la même petite chambre, mais ensuite parce qu'ils partageaient nombre de petits secrets de leur existence. J'ai été touchée par la banalité mais finalement la profondeur des petits riens de la vie qui les liaient. Yongouk découvre que son grand-père qu'il chérit n'était pas un père exemplaire et qu'il a beaucoup fait souffrir sa femme et ses enfants. La question du pardon est abordée, même si Yongouk se demande pourquoi les mots gentils pour son grand-père arrivent après sa mort. Moralité : ne pas attendre que les gens ne soient plus là pour leur dire qu'on les aime et qu'on les apprécie. J'ai été particulièrement émue par cette histoire car j'ai eu la chance d'avoir des grands-parents absolument formidables et maintenant qu'ils ne sont plus là, je pense encore à eux très souvent. Je comprends tout à fait l'attachement réciproque du vieil homme et de son petit-fils.
C'est aussi l'occasion de découvrir les rites funéraires en Corée, bien loin des nôtres : le défunt choisi une tenue de son vivant pour partir dans l'au-delà, on fait des offrandes de nourriture devant son portrait, les visiteurs défilent pour lui rendre un dernier hommage et déposent de l'argent dans une urne, on leur offre un vrai festin... Sans parler de la place des personnes âgées qui n'est pas la même d'une civilisation à l'autre. En Asie, il est généralement de coutume de prendre avec soi ses parents. Plusieurs générations vivent donc sous le même toît avec ce que cela implique dans l'organisation du quotidien.
Une note de l'auteur à la fin de l'ouvrage vient éclairer la morale du texte (extrait) : "Même si nous n'avons pas tous mené une vie exemplaire, je souhaiterais que nous soyons tous acceptés par les nôtres au moment de notre mort. Je voudrais que chacun puisse comprendre, tel Yongouk qui a si bon coeur, à quel point il est dur ne pas être aimé".
Une lecture émouvante sur la famille et le deuil que je recommande chaudement.

L'école des loisirs, mars 2014, 173 p.

jeudi 14 août 2014

"Upside Down" un film de Juan Solanas

Avec : Kirsten Dunst (Eden), Jim Sturgess (Adam), Timothy Spall (Bob Boruchowitz), Blu Mankuma (Albert).

Résumé : Adam et Eden se rencontrent par hasard alors qu'ils sont enfants. Une amitié les lie puis à l'adolescence, les deux jeunes gens tombent amoureux. Mais Adam et Eden appartiennent chacun à un monde où la gravité s'oppose à celle l'autre. Ils ne pourront donc jamais se toucher : le ciel de l'un est le sol de l'autre. Un jour, ils bravent l'interdit pour se retrouver, ce qui aura des conséquences catastrophiques pour tous les deux.

Avis : J'ai vu la bande-annonce de ce film une fois ou deux alors que j'allais en voir un autre. Comme mes sorties dans les salles obscures sont plus que rares, je dois faire des choix et même si Upside Down avait l'air intéressant, je ne suis pas allée le voir. Je me suis donc rattrapée avec le DVD emprunté dans ma médiathèque préférée (je donne dans le "é").
Une seul regret : ne pas être allée le voir au cinéma tant les effets visuels et la photographie sont époustouflants. Je fais partie de ces happy few qui n'ont pas un écran plat géant, du coup ça n'a pas été spectaculaire. Mais sans ça, je pense que j'en aurais vraiment pris plein les yeux.
Le directeur de la photographie (Pierre Gill) a fait un travail remarquable et on sent que chaque image a été reprise à l'aide de filtres.
L'histoire est somme toute classique - une histoire d'amour contrarié - mais elle a une vraie dimension poétique digne d'un conte de fée (oui, j'ai un petit coeur qui bat).
Les deux acteurs principaux sont irréprochables (Jim Sturgess et Kirsten Dunst), sans parler des acteurs secondaires qui apportent une touche de comique ou de tragique au film.
Les deux mondes sont visuellement très travaillés et opposés, au niveau de décors, des couleurs, des vêtements des gens, etc. Il ne s'agit pas d'une dystopie puisqu'on n'est pas sur Terre mais dans un autre système solaire ; on retrouve quand même des éléments de ce genre que j'apprécie volontiers en livre. Les échanges la tête en bas nécessitent quelques scènes pour s'habituer mais c'est une très bonne trouvaille. La scène où Adam doit aller aux toilettes illustre bien toute l'absurdité de sa situation.
S'il n'y avait qu'une morale, ce serait : sauvons les abeilles, elles nous sauverons. Ceux qui ont vu / verront le film comprendront. :)
Aucune hésitation à avoir : s'il vous passe entre les mains, jetez-vous sur ce DVD !


Warner Bros Vidéo, 105 min, 2013.



samedi 9 août 2014

"La vie sexuelle des super-héros" de Marco Mancassola



Résumé : Je vous mets la 4ème de couverture car elle ne reflète pas la réalité du livre 
À New York, au début du vingt et unième siècle, les super-héros sont fatigués : Superman, Batman et les autres ont raccroché les gants. Ils sont devenus des hommes et des femmes d'affaires à succès, des vedettes des médias et du spectacle. Dès lors, qui peut bien vouloir les éliminer ? Car après Robin, l'ancien amant de Batman, Mister Fantastic et Mystique reçoivent des lettres de menace et semblent visés dans leur vie sexuelle.
Le détective Dennis De Villa mène l'enquête, tandis que son frère Bruce, journaliste, couvre les événements...
MON résumé : A New-York, des super-héros vieillissants reçoivent des lettres simplement marquées "Adieu cher(e) XXX". Aucun ne prend au sérieux ces avertissements mais s'interroge néanmoins sur sa vie et son parcours. Mister Fantastic, l'homme caoutchouc, qui a pourtant été toute sa vie d'une rigueur et d'une discrétion exemplaire tombe sous le charme d'une jeune femme 30 ans plus jeune. Bruce Wayne, égocentrique et égocentré, reçoit une jeune fille pour une partie de jambe en l'air. Mystique, vedette de télévision, s'interroge sur sa condition qui crée une barrière entre elle et les autres jusqu'au moment où elle va pourtant laisser quelqu'un s'approcher.

Avis : J'avais repéré ce livre et finalement il m'a été offert par une amie. Comme annoncé plus haut, la 4ème de couverture induit en erreur. On a l'impression d'être face à un roman policier alors que pas du tout. Mais alors pas du tout. Je ne sais pas trop dans quelle catégorie caser ce livre. Il n'est ni fantastique, ni policier donc. Ni philosophique, ni érotique, ni, ni, ni. Ce n'est pas grave en soi de ne pas pouvoir le classer mais c'est surtout que j'ai du mal à comprendre l'intérêt de ce livre. Oui, je suis rude. A part peut-être choquer les fans de super-héros en rendant ces derniers normaux et "humains". J'avoue m'être insurgée à la lecture du chapitre sur Batman. C'est LE super-héros que j'aime, même si n'a pas de super pouvoirs. Je suis désolée mais non, Batman n'a pas d'aventure avec Robin. C'est non. A la rigueur, il vit une histoire contrariée avec Selina Kyle, alias Catwoman, mais c'est tout ! Pas la peine de chercher des sous-entendus, il n'y en a pas. Et je ne vous parle pas de sa fin tragique imaginée par Marco Mancassola, elle est abjecte et graveleuse. J'en frissonne encore. (Je ne spoile pas car on apprend dès le départ qu'il a été assassiné.)
On est face à trois anciens super-héros (Mister Fantastic, Batman et Mystique) aux vies et aux moeurs bien différentes. Tout ce que les gens et le public retiendront, c'est donc leur vie sexuelle. Pour Bruce Wayne, elle tient une place prépondérante puisqu'il enchaîne les rencontres d'un soir, pour Mystique elle est pourtant inexistante et pour Mister Fantastic, elle n'a rien d'extraordinaire (quoi que). Est-ce un pamphlet pour dénoncer que le sexe fait tourner le monde ? Aucune idée.
Quant aux deux frères De Villa, malgré leur présence au résumé, leurs personnages sont inexistants jusqu'au milieu du roman. Quelques réflexions sur la différence sont cependant bien trouvées mais c'est bien tout. On lit au dos que ce roman est jubilatoire, j'ai bien du mal à voir en quoi. Bref, grosse déception.
J'ai hâte de tomber sur un livre réjouissant et qui me plaît car là j'enchaîne un peu les lectures à côté de la plaque...



Folio, 2013, 593 p.

samedi 2 août 2014

"Dolto, l'art d'être parents" d'Elisabeth Brami et Patrick Delaroche



Résumé : Plaidoyer en faveur des thèses de Françoise Dolto, voici un ouvrage qui s'attache à redorer le blason de la plus célèbre défenseuse de la cause des enfants. De plus en plus critiquée, Françoise Dolto aurait perdu de son aura en France. Elisabeth Brami et Patrick Delaroche (respectivement pschologue clinicienne et pédopsychiatre) veulent rétablir certaines vérités sur les théories développées par la psychanalyste. Découpé en 10 chapitres, les auteurs survolent rapidement les points qu'elle a particulièrement développés au cours de sa longue carrière pour qu'ils soient interprétés correctement : la personne de l'enfant, comment on écoute un enfant, parler à l'enfant, le mythe de l'enfant-roi, l'autorité, de l'erreur au sadisme, la loi et l'école, l'autonomie, "l'enfantement social".

Avis : Ce livre est arrivé entre mes mains assorti d'une jolie dédicace de la part d'Elisabeth Brami, auteure jeunesse prolifique que j'apprécie énormément. J'ignorais qu'elle était psychologue et disciple de Françoise Dolto. Ce livre est une défense farouche de ses thèses, car visiblement, elle est attaquée de toute part, par ses pairs et dans les médias. Ses théories sont remises en cause ainsi que son modèle éducatif.
Autant être claire dès le départ, je n'ai rien lu de Françoise Dolto et je ne suis pas du tout sensibilisée à son discours. J'ai mis un point d'honneur avant, pendant et après ma grossesse à ne rien lire sur l'éducation pour ne pas m'embarrasser d'idées. Chaque enfant est unique et chaque parent aussi. Même si des évidences universelles en matière d'éducation existent, chacun fait quand même ce qu'il peut.
Du coup, je suis passée à côté de cette lecture, le message ne m'a pas touchée 1. parce que comme dit plus tôt, je ne connais pas la pensée de Françoise Dolto 2. j'ai aussi eu un peu de mal avec certaines idées développées dans cet ouvrage.
Les auteurs rappellent bien qu'il ne faut pas interpréter au pied de la lettre les discours de la psychanalyste et c'est plus un esprit d'éducation qu'il faut respecter. Mais bon, lire par exemple qu'il ne faut pas dire "papa" ou "maman" en parlant de l'autre parent mais "ton papa" ou "ta maman", moi ça me fait un peu rire. C'est sans doute anecdotique mais plusieurs exemples similaires parsèment le livre.
Dans les grandes lignes, on comprend que Françoise Dolto a révolutionné la pédo-psychiatrie et a sans doute sauvé la mise à de nombreux parents. Je n'en doute pas, d'autant plus qu'avant elle, en gros, les enfants n'étaient pas spécialement considérés comme dignes d'attention. Maintenant, je pense que cette lecture qui vise avant tout à défendre les thèse de F. Dolto s'adresse à des personnes connaissant ses écrits ou à des parents intéressés par des lectures sur le développement de l'enfant. Ce qui n'est pas mon cas, ni pour l'un, ni pour l'autre (sauf en ce qui concerne les neurosciences !). Oui, mère indigne. Parfaitement. J'assume.



Albin Michel, mars 2014, 212 p.

mardi 22 juillet 2014

"ça" de Stephen King


Résumé : Vous n'aimez pas les clowns ? Vous avez bien raison ! A Derry, petite ville du Maine, des disparitions d'enfants ont lieu par dizaines. Parfois, on retrouve leur cadavres et souvent, ils sont mutilés. Un clown étrange les aborde, avec des ballons de toutes les couleurs. Bill vient de perdre tragiquement son petit frère et se trouve confronté à des évènements angoissants et inexpliqués. Au cours de l'été 1958, il réalise qu'il n'est pas le seul à voir des choses horribles. D'autres gamins sont eux aussi face à une terreur sans nom. Pour venger Georgie ainsi que pour tous les autres disparus, sept enfants vont se lier et se battre contre Ca. Ca, le mal absolu, protéiforme, qui a élu domicile à Derry et qui ne compte pas s'en laisser chasser.

Avis : Roman culte s'il en est , je me suis attaquée à ce double pavé frissonnante par avance. J'avais notamment en tête quelques images tirées du téléfilm du début des années 90. Si quelques moments de terreur m'ont fait renoncer à me lever une nuit pour boire, je suis globalement déçue de ma lecture.
Divisé en deux tomes, très TRES longs (750 et 630 pages respectivement), Stephen King utilise un procédé narratif particulièrement habile pour nous entraîner à la suite de la bande des sept gamins. Nous suivons en effet leurs aventures, à la fois en 1958 lorsqu'ils ont 11 - 12 ans et en 1985, une fois adultes quand ils reviennent à Derry. Le parallèle entre les deux époques est plus qu'évident. Dans le deuxième tome notamment, il arrive qu'un chapitre commence en 1958 et se termine en 1985. On veut évidemment savoir ce qui est arrivé à chacun (première rencontre avec Ca) et comment ils l'ont repoussé une première fois. Mais on attend également avec impatience la confrontation ultime en 1985.
Là où j'ai bien accroché au 1er tome (malgré des longueurs), le tome 2 m'a ennuyée. Je l'ai lu uniquement pour savoir qui allait mourir et comment - quelle justification horrible ;) ! L'explication cosmogonique sur le pourquoi du comment de Ca m'a laissée perplexe et la manie de Stephen King de rentrer dans des détails à n'en plus finir sur un personnage secondaire qui va mourir 2 pages plus loin ont freiné mon enthousiasme.
Cependant, je conçois tout à fait que ce roman soit une oeuvre majeure et qu'il ait parlé à des générations successives. Son atout numéro un : rapeller que l'enfance est un moment magique, où tout est possible du moment qu'on y croit (le pire comme le meilleur). Bien évidemment, une touche de morale pointe son nez : à plusieurs on est plus forts, l'amitié et l'amour sauveront le monde, même le dernier des losers a quelque chose à apporter... Mais celà est distillé subtilement tout au long du texte. Il s'agit d'un roman d'initiation, où sept enfants vont basculer dans l'âge adulte, perdre leurs illusions sur l'enfance et sur leurs parents. Quelques passages très durs montrent des adultes de Derry laissant des enfants se faire tabasser et / ou enlever sans lever le petit doigt.
Concernant l'horreur, on est bien servi dans la première partie : décapitation, démembrement et autres arrachages de membres en tout genre, cadavres à moitié mangés, etc. Bref, du gore, sachant que le clown maléfique s'attaque en priorité aux enfants. Mention spéciale au petit de 2 ans 1/2 retrouvé explosé dans ses toilettes par sa mère... Vous voilà prévenus.
Quelques passages m'ont sincèrement fait dresser les cheveux sur la tête. Je pense notamment à celui où Stan entre dans le château d'eau ou encore quand Georgie imagine ce qui l'attend dans sa cave avant d'y descendre. C'est là où Stephen King est très fort : il arrive à faire ressurgir chez les adultes des peurs qu'ils pensaient bien enfouies. C'est le cas pour moi : j'ai longtemps eu peur du noir et aller seule à la cave était un vrai cauchemar. Du coup, ça m'a rappelé certains épisodes pénibles de mon enfance.
Mais globalement, ce roman est beaucoup trop long. Les passages de terreur se noient dans le reste. Je suis contente de l'avoir lu mais cette lecture ne m'a enthousiasmée outre mesure. On m'a chaudement recommandé The Shining, à voir....
Note sur l'édition : j'aime beaucoup cette couverture pour une édition récente, toute en sobriété. On remarque la taille du nom de l'auteur : on voit tout de suite que le seul nom de Stephen King fait vendre... Le titre apparaît à peine !




Le livre de poche, 799 p. + 638 p., 2013.