samedi 21 février 2015

"Le chapelet de jade" de Boris Akounine



Résumé : Un antiquaire découpé en morceaux, un moine vidé de son sang… Du Far West au Japon, Fandorine, Sherlock Holmes russe aux allures de dandy, pourchasse les criminels. Il est secondé dans ses missions très spéciales par le truculent Massa, virtuose des arts martiaux. À travers ces nouvelles, Akounine nous plonge dans l’univers des maîtres du roman à énigme, comme Robert Van Gulik (je fais ma paresseuse et vous mets la 4ème de couverture...).

Pourquoi ce livre : Parce que je lis religieusement cette série.

Avis : Plus la peine de le dire, je suis fan devant l'Eternel d'Eraste Pétrovitch Fandorine. La série publiée chez 10/18 m'a procuré de très très bons moments de lectures. J'attendais frétiquement la sortie de chaque tome que je dévorais en quelques heures, me maudissant de ne pas prendre plus le temps de les savourer. Aussi, quand Points a édité deux recueils de nouvelles mettant en scène mon Russe préféré, je n'ai pas hésité. La prisonnière de la tour m'avait laissé un sentiment mitigé, c'est aussi le cas avec ce tome.
Je fais deux reproches à ce livre. Le premier, c'est sortir Eraste Pétrovitch de son environnement naturel, soit la Russie. Ce livre nous entraîne au Japon et au Far Ouest (si si) et j'avoue que l'on s'y perd. Autant les deux premières histoires - courtes - sont percutantes, autant la dernière, qui occupe la majeure partie de l'ouvrage, tourne un peu au ridicule. On a l'impression d'être dans un mauvais western. Même si les capacités de déduction de Fandorine sont mises à rude épreuve, je n'ai trouvé qu'un maigre intérêt dans la résolution de l'affaire.
Le deuxième : changer le mode narratif. Ce qui faisait le charme de la série débutée avec Azazel, c'est que chaque tome était vu à travers les yeux d'un personnage et jamais Fandorine. Là, ça fait deux tomes traités à la troisième personne du singulier. On perd du mordant et du mystère autour du personnage. Et pourquoi vouloir jeter Eraste Pétrovitch dans les bras d'une jouvencelle ? Son statut de "célibataire" qui ne cherche pas le contact fait aussi partie de l'homme, suite à ce qui lui est arrivé dans le tome 1. Bref, je suis déçue.
Point positif tout de même, le fidèle Massa que me fait toujours autant sourire.
Il me reste un tome à lire qui se déroule au Japon, L'attrapeur de libellules. Je suis un peu moralement obligée de le lire mais j'espère de tout coeur qu'il ne sera pas dans la veine des deux précédents. A suivre, donc !

Points, 2013, 344 p.



vendredi 13 février 2015

"D tome 3 : Moniseur Caulard" d'Ayrolles, Maïorana et Leprévost


Résumé : Lord Faureston hors d'état de nuire, la femme du discret Mr Jones est ainsi vengée. Mais Londres n'est pas pour autant débarrassée des vampires puisque Lady D'Angerès rôde toujours. Elle est déterminée à tuer son ancien protecteur, Dracula lui-même mais a besoin pour cela de s'attacher les services d'un homme tel que l'explorateur Richard Drake.

Pourquoi ce livre : parce qu'enthousiasmée par cette série, je ne pouvais faire l'économie du dernier tome.

Avis : Cette série est incontournable pour 3 raisons : * les dessins / les couleurs qui subliment vraiment le texte. Il y a un vrai travail du coloriste.
* L'ambiance. On n'est pas dans du vampire nunuche, on est dans du vampire qui égorge et qui se fait décapiter. Il y a du sang, des morts, de la violence, mais tout est justifié. Le Londres victorien, sombre, enfumé, industriel, porte l'intrigue à merveille.


* Le scénario, très riche, qui nous fait voyager des Carpates aux confins de l'Empire Britannique. Ce tome n'y coupe pas, nous avons des retours sur l'expédition de Richard en Afrique. Peut-être êtes vous plus doués que moi et avez-vous vu immédiatement l’anagramme dans le titre..... Au moins, on sait à qui on a à faire dans ce tome. J'ai apprécié que Catherine gagne en témérité et ne soit plus la simple belle éplorée des deux premiers tomes. On a trois personnages féminins très forts - dont une vampire, Lady d'Angerès croisée précédemment.
Et cette fin.... Cette fin mes amis ! Inattendue, grandiose, sublimant tout le reste et ouvrant tout un tas de possibilités ! Je n'ai rien vu venir et elle m'a scotchée. J'adore. J'adhère. Je recommande.

Delcourt, 2014, 63 p.

vendredi 6 février 2015

"La curiosité est un péché mortel" d'Ann Granger




Résumé : Londres, 1864. Lizzie Martins se rend dans le Hampshire pour servir de dame de compagnie à une jeune femme venant de perdre son bébé. Très vite, elle comprend que la situation qu'on lui a exposée est beaucoup plus sombre et compliquée. L'atmosphère étouffante qui règne dans sa maison d'accueil prend une tournure dramatique quand un homme est retrouvé assassiné dans le jardin.

Pourquoi ce livre : Parce que j'avais beaucoup aimé le tome précédent.

Avis : Je ne m'étais pas précipitée à la sortie de ce tome, préférant attendre mon heure plutôt que de le voir traîner dans ma PAL. A l'occasion d'un transit en gare et la perspective d'un trajet de plusieurs heures, je n'ai pas résisté. Je ne regrette pas cette lecture, cependant je suis moins enthousiasmée que par Un intérêt particulier pour les morts.
L'auteure choisit de poursuivre avec l'alternance des points de vue, pas à chaque chapitre cependant car Lizzie et Ben passent un certain temps séparés : lui à Londres, elle à New Forest, sur la côte anglaise. Ce procédé fonctionne toujours aussi bien même si j'ai trouvé Benjamin un peu moins percutant cette fois-ci.
Comme la majeure partie de l'intrigue se déroule à la campagne, il n'y a pas de description de la vie londonienne qui faisait le charme du premier. Une incursion dans le quartier populaire de Whitechapel vers la fin m'a cependant réjouit. Enfin, si on excepte le contexte de la visite dont je ne dirai rien pour ne pas trahir le dénouement.
Plusieurs pistes sont explorées : la folie, la perte d'un enfant, le poids du silence et la place des conventions sociales. J'ai trouvé quand même qu'il y avait une certaine dispersion qui donnait à l'ensemble un côté confus / brouillon.
Lizzie et Benjamin sont toujours aussi sympathiques mais un tantinet immatures quand ils se retrouvent. On a envie de les secouer par les épaules et de leur dire "Bon allez, on y va ! Arrêter de tourner autour du pot". Ça sent l’opportunisme de l'auteure qui fait traîner leur histoire pour "appâter" le lecteur.
La galerie de personnages est intéressante mais je n'ai pas accroché à l'ensemble. Aucun n'est très énigmatique et leur psychologie n'est vue qu'à travers le filtre de Lizzie ou Ben qui ne sont pas psychologues ou psychiatres. Du coup, l'étude de leurs caractères reste superficielle.
J'ai donc trouvé qu'il y avait une "baisse de régime" avec ce tome, vivement que la suite sorte pour que je puisse me faire un avis définitif.

10/18, collection Grand Détectives, 2014, 356 p.

dimanche 25 janvier 2015

"Confessions d'un automate mangeur d'opium" de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit




Résumé : Paris, tournant du XIXème siècle. Margaret, jeune actrice montante, perd sa meilleure amie dans un accident d'aéronef. Pour la police, il s'agit d'un suicide. Persuadée que la vérité est tout autre, Margo demande l'aide de son frère Théo. Les voilà partis sur les traces d'automates de maison plus sophistiqués qu'il n'y paraît.

Pourquoi ce livre : Dans ma PAL depuis plus de 2 ans, j'ai décidé que la plaisanterie avait assez duré.

Avis : Je suis une fan inconditionnelle de steampunk, j'adore ce genre et son esthétique. C'est la raison pour laquelle ce titre avait rejoint mes rayonnages. Ca, et les critiques positives lues un peu partout.
Des auteurs, je ne connais pas grand chose, à part que Fabrice Colin a écrit il y a une dizaine d'année le livre SF pour ados Projet oXatan qui a eu beaucoup de succès.
Je le dis tout de suite, j'ai été relativement déçue par cette lecture. Je commence par les points positifs, parce qu'il y en a quand même !
Tout d'abord, le choix d'alterner les points de vue à chaque chapitre : tantôt c'est dans la tête de Théophraste que nous sommes (j'adore ce prénom !), tantôt dans celle de sa soeur Margaret. Ce procédé me plaît toujours autant, cela permet de dynamiser le récit.
Il y a beaucoup de personnages secondaires mais ils sont toujours bien amenés et malgré la foule de noms qui se succèdent, on sait toujours qui est qui. Pas besoin de faire de la gymnastique intellectuelle pour se souvenir de l'histoire de chacun.
Le Paris steampunk est aussi bien décrit, avec un décor fidèle au genre : aérocars, aéronefs, automates dans les maisons, ambiance XIXème, etc.
Pour le négatif, je serais tentée de de commencer par le plus pénible : les personnages principaux. Ni Margaret, ni Théophraste, n'ont soulevé une once de sympathie chez moi. Margo apparaît comme une actrice gâtée et capricieuse qui n'en fait qu'à sa tête, se montrant particulièrement manipulatrice dans certaines situations (je n'ai pas compris son amitié que je qualifie de toxique avec son amie Laurena...). Théo m'a un peu plus séduite, notamment parce qu'il est aliéniste (terme d'époque pour psychiatre) et qu'il a mis en place un asile sous forme de panoptique, qui est une forme d'architecture carcérale issu de l'esprit d'un philosophe du XVIIIème, Jeremy Bentham. Et comme j'avais lu des choses sur ce sujet ailleurs, ça m'a intéressée. C'est un système qui donne l'impression au prisonnier d'être surveillé en permanence. 


Ceci dit, leur relation m'a elle aussi fait hausser les sourcils : on ne sait pas grand chose de leur passé commun (en ont-ils seulement un ?) et ils se donnent du "Ma chérie" / "Mon chéri" à tout bout de champ ce qui m'a profondément agacée. Désolée, mais malgré nos très bonnes relations, je n'appelle pas mon frangin "chéri" !
Le fond de l'histoire est résolument steampunk, et heureusement j'ai envie de dire, avec des automates qui deviennent doués de pensée (hello, I, robot...). Mais malheureusement, les auteurs ont choisi de mêler la petite histoire à la grande, faisant intervenir les colonies en Asie du Sud-Est et la reine Victoria. Une explication ésotérique non-aboutie s'en suit.
Bref, même si le style rend cette lecture plaisante, ni l'histoire, ni les personnages principaux n'ont su me séduire. Dommage !


Motifs, 2007, 424 p.

dimanche 11 janvier 2015

"L'art d'avoir toujours raison (sans peine)" de Nicolas Tenaillon (illustré par Mahler)



Résumé : Tout à la fois guide de survie en milieu hostile (à l’Assemblée ou en réunion), traité de l’art de la guerre (dans les dîners en ville) et manuel pour comprendre les médias, voilà un livre salutaire pour affronter la mauvaise foi (des autres). Le philosophe Arthur Schopenhauer avait en son temps proposé des stratagèmes pour mettre un adversaire KO dans un débat, Nicolas Tenaillon renouvelle la pensée retorse de son illustre prédécesseur, en y adjoignant autant de parades. Indispensable aux duellistes... et à ceux qui aiment pratiquer la philosophie en s’amusant. (4ème de couverture)

Pourquoi ce livre : j'ai aperçu la publicité dans les pages de Philosophie Magazine que j'achète quelque fois quand je prends le train et l'idée m'a séduite.

Avis : J'ai une lecture relativement critique de la presse et des médias et même si j'estime ne pas avoir la culture générale nécessaire pour affronter tout le monde, je ne redoute pas les débats. L'important, c'est d'écouter l'autre, d'avancer ses arguments, de rester calme et courtois et de savoir se retirer quand l'autre s'enferme dans son discours.
Ecrit par le philosophe Schopenhauer en 1830, L'art d'avoir toujours raison est ici remis au goût du jour par Nicolas Tenaillon, prof de philo en prépa et journaliste à Philosophie magazine. L'idée, c'est d'analyser les 40 stratagèmes rhétoriques permettant de clouer le bec à son adversaire et d'expliquer comment s'en servir. Mais là où je trouve ce livre très intéressant, c'est qu'il donne des conseils sur comment faire pour reprendre la main dans un débat quand c'est votre adversaire qui justement utilise un de ces stratagèmes. Son objectif n'est pas de nous transformer en tribun hors pair, mais plutôt de nous donner les clés des discours des autres.
Les références à des philosophes sont nombreuses et enrichissent le texte : les oeuvres d'Aristote, Descartes, Rousseau, Platon, Voltaire nous aident à nous armer face aux sophistes en tout genre et autres amateurs de langue de bois. Il s'agit d'un ouvrage de vulgarisation donc point de phrases alambiquées ou pédantes, ce que je redoutais. Rien de pire que de relire trois fois un passage parce qu'on n'a pas compris... (dans le genre, je vous recommande La pensée et le mouvant de Bergson qui reste un épisode douloureux issu de mes années détudes).
Nous avons ainsi : Flattez, Jouez les incompris, Répétez-vous, Pratiquez la rupture de ton, Utilisez le silence, etc. Chaque stratagème ne fait pas l'objet de plus d'une double page.
J'ai déjà eu le plaisir non dissimulé de m'en servir face à un collègue particulièrement redoutable car bavard et ayant un avis (changeant) sur tout. Il a eu le malheur de sortir une phrase du genre "Plus de la moitié des Français pensent que blablabla" ce à quoi j'ai répondu par un judicieux "Certes, mais quelle est ta source pour ce chiffre ? Sois précis." Et là, déconfiture. (Stratagème 12 : Evoquez les statistiques et sa parade, exigez leurs sources). Je vous rassure, on s'apprécie quand même ! ;o)
Je vous recommande chaudement cette lecture divertissante qui permet en plus de gagner un peu de confiance en soi. Et je pense sincèrement qu'après l'avoir refermé, on est encore plus attentif à ce que disent les autres (ne serait-ce que pour guetter leurs stratagèmes !).



Philo éditions, octobre 2014, 155 p.

dimanche 4 janvier 2015

Challenge livresque pour 2015

Sur ma lancée du Challenge Myself de l'année dernière - lire autre chose que de la fiction - je vais poursuivre en 2015 avec un défi de mon invention : le challenge Positive Attitude.

Sans tomber dans les bons sentiments cul-cul la praline ou le mystique, j'ai envie de placer cette nouvelle année sous le signe de l'amélioration personnelle et de la bienveillance.
Je n'exclus aucun genre, même si j'ai déjà une mini-liste de lectures qui ne comporte pas de fiction :
- Plaidoyer pour l'altruisme. La force de la bienveillance de Matthieu Ricard ;
- Le Prix du bonheur : leçons d'une science nouvelle de Richard Layard ;
- Out of our minds : learning to be creative de Sir Ken Robinson (non traduit en français) ;
- Méditer, jour après jour de Christophe André ;
- de la philo et de la psycho.

Certains sont des achats récents, d'autres trônent dans ma PAL depuis des lustres et je prévois aussi quelques achats.

Pour accompagner le tout, j'ai créé un logo figurant Ganesh. Pourquoi avoir choisi un dieu du panthéon indien ? Parce que depuis toute petite, je vois ses statues ramenées d'Inde par mes parents, notamment celle en santal qui sent très très bon *^^*. Que c'est le dieu "qui supprime les obstacles. Il est aussi le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir" (définition Wikipédia). Mais c'est aussi le dieu de la bonne fortune et de la protection du foyer. 
Bref, du positif !



jeudi 1 janvier 2015

Bonne et heureuse année !




Je vous souhaite à tous une excellente et heureuse année 2015, que vous soyez habitués du blog ou visiteur de passage.

Que 2015 vous apporte découvertes, surprises, petits bonheurs du quotidien et réussite dans vos projets personnels.