mercredi 10 février 2016

"Le Poison d'amour" d'Eric-Emmanuel Schmitt




Résumé : Quatre amies se retrouvent à la rentrée en classe de première. A travers leurs entrées de journaux intimes, nous sommes confrontés à leurs doutes, leurs envies, leurs désirs d'amour. En parallèle se monte au lycée une pièce de Shakespeare dans laquelle chacune aura un rôle.

Pourquoi ce livre : Le diptyque qu'il forme avec L’élixir d'amour m'intriguait et j'avoue que la très jolie couverture a fini de me convaincre.

Avis : Petit conseil si cette lecture vous intéresse, ne lisez pas la 4ème de couverture qui en dit BEAUCOUP trop...
Nous suivons donc les pensées de 4 élèves de classe de première, Colombe, Raphaëlle, Anouchka et Julia, liées par une amitié très forte. Très vite cependant cette affection qui les unit va se fissurer et chacune va évoluer au détriment de cette amitié.
L'adolescence est le moment où l'on a besoin du groupe mais aussi celui où l'on se cherche, ce qui ne peut se faire que tout seul. Tout cela est extrêmement bien décrit et même si le langage reste un peu trop châtié pour des lycéennes du XXIème siècle, j'ai trouvé que l'ensemble de leurs pensées sonnait juste.
Extrait du journal d'Anouchka : "Dans chaque personne familière se tapit un étranger prêt à bondir. (...) J'appréhende ce qui va un jour sortir de moi. (...) J'espérais qu'en murissant je deviendrais moi-même. Mais si je devenais une autre ?".
Bien évidemment, comme souvent à cet âge, ce sont des histoires de cœur qui vont faire changer l'ordre des choses. Chacune va ainsi se découvrir, pas toujours en accord avec ses copines, mais soucieuse de préserver les apparences.
Le dénouement est malheureusement sans surprise pour ceux qui auront lu le résumé (j'en bouillonne encore de rage) mais c'est finalement une fin crédible suite à toutes ces réflexions et tout ce qui se passe pour les adolescentes.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture très rapide, qui m'a enfin réconciliée avec l'auteur. Oscar et la Dame rose m'avait coupé toute envie de continuer de lire son œuvre alors que j'avais pourtant énormément apprécié L'évangile selon Pilate.
J'ai acheté la 2ème partie qui attend son heure bien sagement sur ma bibliothèque.


Le livre de poche, décembre 2015, 162 p.

lundi 1 février 2016

"La mer en hiver" de Susanna Kearsley



Résumé : Carrie McClelland s'inspire d'un fait historique pour écrire son nouveau roman : le débarquement avorté du roi Jacques en Ecosse qui devait lui permettre de réclamer sa couronne. Alors qu'elle s'installe au plus près d'un des hauts lieux du complot jacobite, le château de Slains, la jeune femme constate qu'elle est envahie de souvenirs aussi précis qu'inattendus. Une certaines Sophia s'impose à elle depuis le XVIIIème siècle et lui dicte ses mots. Carrie comprend qu'elle doit se laisser porter par l'histoire, la sienne avant tout.

Pourquoi ce livre : Repéré depuis un moment dans le catalogue des éditions Charleston, je me lui suis fait offrir à Noël.

Avis : Moitié romance, moitié cours d'histoire, un poil fantastique, je suis bien en peine de cataloguer ce roman. Une chose est sûre, il nous fait voyager en Écosse, sur la côte Nord-Est plus précisément, au château de Slains, où se déroule 90% de l'histoire.
Les descriptions du paysage sont de toute beauté, qu'il s'agisse du présent ou du passé.



La précision de l'ensemble nous transporte vraiment sur ces plages battues par le vent ainsi que sur les collines environnantes. Tous les lieux cités existent vraiment et même si l'auteur s'est accordé des libertés avec l'histoire, elle a tenu à rendre son récit aussi fidèle que possible aux évènements du début du XVIIIème siècle.
Le procédé qui permet à Carrie d'écrire son livre m'a paru un peu grossier sur le coup (au sens de gros) mais on finit par s'y faire et rapidement cela n'a plus spécialement d'importance. Je me suis déconnectée de ça pour me concentrer sur l'aspect historique que je ne connaissais pas du tout.
L'ouvrage est bien documenté et arrive à nous donner une bonne leçon d'histoire de l’Écosse sans être aride ou rébarbatif. On apprend ainsi énormément de choses sur la tentative avortée de retour du roi Jacques, de sa protection - somme toute relative - du roi de France, son exil avec sa cour à Saint-Germain, des complots ourdis par les nobles jacobites restés au pays, des espions au service de la reine Anne d'Angleterre, etc.
Si les histoires d'amour vous hérissent le poil, passez votre chemin car vous en aurez deux pour le prix d'une : une en 1708 et l'autre au présent. J'avoue que cette dernière est d'ailleurs plus crédible.
En effet, si on s'attache rapidement et facilement au personnage de Sophia, je n'ai rien perçu chez cette jeune femme susceptible de déclencher les passions chez deux hommes, qui ne sont pas des jouvenceaux prépubères mais des soldats avec de la bouteille. Même si elle est très intelligente et fine observatrice, j'ai eu du mal à comprendre d'où venait l'aura qu'elle pouvait dégager. Mais bon, l'amour et ses mystères sans doute. Je dois manquer curellement de romantisme en ce moment. *^^*
Les personnages qui peuplent le roman ont tous leur importance, avec bien sûr la comtesse d'Erroll en premier plan, qui accueille Sophia un peu comme sa fille et lui accorde sa confiance. En même temps, il est difficile de recevoir des conspirateurs d'Ecosse et de France sans que cela se remarque un minimum ! Petit bémol sur le personnage de Billy Wick, le jardinier, anormalement cliché alors que tous les autres sont nuancés et crédibles. Je suppose qu'il fallait un vrai méchant pour les besoins de l'intrigue....
Je ne ferai aucune allusion à Diana Gabaldon et sa série La rose et le tartan auquel ce livre a été souvent comparé pour la simple et bonne raison que je ne l'ai pas lu. Je serais bien en peine de vous dire s'il y a des ressemblances ou pas.
Vous aimez l'Ecosse, les paysages battus par le vent, les histoires d'amour intemporelles et l'Histoire, ce roman est fait pour vous !

Editions Charleston, 2015, 448 p.

dimanche 24 janvier 2016

"The light fantastic" de Terry Pratchett



Résumé : Rincewind et Twoflower sont sauvés in extremis d'une chute hors du Disque-Monde. Mais ceci n'est pas évidemment pas dû au hasard et voilà nos deux anti-héros missionnés pour éviter une catastrophe. En effet, la tortue A'Tuin fait route vers une mystérieuse étoile rouge qui grossit de jour en jour et menace le fragile équilibre du monde.

Pourquoi ce livre : J'ai lu le premier tome des chroniques de Discworld dans le cadre du challenge geek l'année dernière (dans ma PAL depuis... 20 ans) et j'avais envie de lire la suite.

Avis : Ce deuxième tome est tout à fait dans l'esprit du premier : déjanté, décalé, plein d'humour, sans temps mort.
Un bémol, la trame principale reste assez fine et du coup, j'ai parfois eu l'impression de lire une succession de scènes sans trop de lien, avec comme seul but de nous faire visiter tout un tas d'endroits différents (ce qui reste un but tout à fait honorable). L'ensemble m'a donc paru un peu décousu.
On passe d'une maison en pain d'épice au fin fond d'un bois à une montagne habitée par des trolls en passant par un magasin magique avant de revenir à Ankh-Morpork
Finalement, l'histoire la plus suivie reste celle du magicien Trymon à l'ambition démesurée qui cherche à s'emparer de l'Octavo, recueil qui contient les 8 sorts fondamentaux du Discworld. Enfin, 7 sorts puisque le 8ème s'est logé il y a des années dans la tête de Rincewind. L'alternance des passages permet de suivre l'action de deux endroits différents ce qui enrichit énormément la narration.
Je crois que mes deux personnages préférés sont Death et The Luggage. La Mort, parce qu'elle est représentée à l'ancienne, avec son capuchon et sa faux, qu'elle parle en majuscule et qu'elle a un sens de l'humour corrosif que j'adore. Le bagage ensuite (je ne connais pas son appellation en français), d'une fidélité sans faille, croisement d'un patou et d'un crocodile, qui l'air de rien occupe une place centrale et bien souvent, sauve la mise de Rincewind et Twoflower, son propriétaire.
Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris au pourquoi du comment de l'étoile rouge mais cela n'a pas d'importance et et ne m'a pas empêchée d'apprécier ma lecture. J'aimerais maintenant en apprendre un peu plus sur les 8 sorts qui sont inscrits dans l'Octavo ainsi que sur l'Université.
Je ne vais pas me lancer dans le tome 3 tout de suite mais je le garde dans un coin de ma tête (d'autant plus que le tome 4 s'intitule... Death. Youpi !).
Si vous voulez vous lancer dans un univers devenu classique, n'hésitez pas à lire Terry Pratchett. Mais bien sûr, commencez par le tome 1 !

Corgi books, 2015, 284 p.

samedi 16 janvier 2016

"Une maison pour quatre" de Gilles Bizouerne et Elodie Balandras (ill.)



Une fois n'est pas coutume, voici aujourd'hui un superbe album des éditions Syros dans la collection "Paroles de conteurs".
Quatre animaux décident de se construire une maison mais la cohabitation s'avère plus compliquée que prévue, chacun ayant ses manies.
La chute m'a fortement rappelé La Moufle, grand classique du genre.
Les dessins sont très beaux, très colorés, chaque animal est bien représenté (sauf le hibou à qui il manque des aigrettes....).

Et surtout, c'est un album à lire à haute voix, pour le plus grand plaisir des petits - et moins petits ! Mon fils de 3 ans et des poussières adore, ils ne s'en lasse pas. Des changements dans la typographie peuvent aider ceux qui sont moins à l'aise avec cet exercice à placer leur voix : ainsi, certains passages sont écrits soit en majuscule, soit plus gros.
J'ai un faible pour le hibou, sachant que mon gremlins a une peluche de cet animal. Du coup on peut lui dire "Tu vois, quand tu dors, Hibou veille sur toi et sur ta chambre" (très pratique en période de cauchemars, croyez-moi). Et oui, dans cette histoire, Hibou ne dort pas la nuit - normal !, ce qui va entraîner une réaction en chaîne fort malheureuse pour les quatre compères. 


Un album très coloré, une histoire bien drôle, c'est un coup de cœur pour moi !

Je m'en vais regarder de près les autres albums de cette collection, on y retrouve notamment une pointure du conte, Muriel Bloch. Et certains titres sont accompagnés d'un CD audio, ce qui n'est pas le cas de celui-ci.
J'ai découvert en début d'ouvrages que les éditions Syros possédaient une chaîne Youtube. Elle n'est malheureusement pas bien alimentée..... A suivre.

Syros, coll. Paroles de conteurs, 2015, 28 p.

mardi 5 janvier 2016

"Les Assassins" de R.J. Ellory


Résumé : (4ème de couverture) Sur dix-huit mille meurtres par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet que les quatre meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funèbre hommage ?

Pourquoi ce livre : Choisi dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire organisés depuis 3 ans par le site PriceMinister.

Avis : Les serial killers et moi, ce n'est pas une grande histoire d'amour. J'ai lu il y a fort longtemps Whoever fights monsters sur les débuts du profilage et sur la traque des tueurs en série aux US et j'avoue avoir ressenti une certaine fascination malsaine mâtinée de dégoût pour cet univers bien glauque. Difficile de se sentir connectée devant les horreurs que sont capables d'accomplir ces malades. Car oui, il s'agit bien de gens malades.
Les Assassins rend compte de cette étrange et dérangeante attraction que de tels crimes peuvent susciter chez certains. L'ouvrage est extrêmement bien documenté, l'auteur signale à toutes fins utiles que ses références sont véridiques, attestées et vérifiées. Bien malheureusement. Car voici un sombre tableau de l'âme humaine qui nous est présenté. Nous découvrons ainsi que des gens absolument passionnés par les meurtres en série collectionnent plus ou moins légalement des photos de scènes de crimes, des objets ayant appartenu aux tueurs, entretiennent des correspondances avec ceux qui sont encore vivant derrière des barreaux, etc. J'ai envie de dire : chacun ses loisirs. Mais cela traduit quand même un certain malaise dans nos sociétés modernes.
L'histoire en elle-même est très accrocheuse : un "Commémorateur" se met en tête de reproduire les meurtres de certains des tueurs en série les plus célèbres des États-Unis. Aucune ressemblance donc entre les scènes de crime, les modes opératoires, les victimes (si ce n'est leur relatif jeune âge). La police est complètement dépassée et doit une lueur d'espoir à l’énigmatique John Costello, documentaliste / enquêteur pour un journal et spécialiste des serial killers.
Ce personnage est extrêmement intéressant car très intriguant. Nous ne voyons pas les choses de son point de vue mais de celui de l'inspecteur Ray Irving ce qui fait que jusqu'au bout, son implication dans l'affaire est particulièrement obscure. A-t-il un lien avec tout ce qui se passe ? Pourquoi aide-t-il la police ? N'est-il pas le mieux placé pour agir à sa guise ? Je ne dévoilerai bien évidemment rien de la fin (le pauvre lecteur comprend ce qui se passe dans les toutes dernières pages) mais disons qu'elle a été à la hauteur de mes espérances.
Si vous cherchez du sensationnel et du gore, passez votre chemin. Ce n'est pas le parti pris de R.J. Ellory qui se concentre plus sur la traque, le lien entre passé et présent que sur le rendu spectaculaire de certains meurtres. Des moments de tension très forte ponctuent le texte et ne laissent pas de répit. J'avoue m'être prise totalement au jeu et d'avoir tourné les pages avec appréhension. Mais ce qui glace bien évidemment le sang, c'est de ce dire que de tels meurtres ont bien eu lieu.
On apprend également qu'il est assez difficile de comptabiliser les crimes de chacun dans la mesure où régulièrement, des policiers zélés essaient de clore des affaires en rajoutant quelques cadavres sur le dos des tueurs. Ou bien alors soit ceux-ci se vantent au-delà de leur exploits, soit se taisent sur bien d'autres.
Pour la petite anecdote, le haut du pavé est apparemment détenu par un cannibale russe qui comptabilise plus de 150 victimes. Bon appétit bien sûr ! (et je ne parle pas des disparus de Juarez...). 

Une lecture prenante, une intrigue bien ficelée pour un univers dérangeant mais fascinant. Je recommande !

Merci au site Price Minister pour cette lecture !
 


Editions Sonatines, 2015, 567 p.

vendredi 1 janvier 2016

2016, nous y voilà !


Même pas le temps de dire ouf que le 1er janvier pointe le bout de son nez ! Mais où est passée l'année 2015 ???

Je vous souhaite à tous de très bons moments - de lecture ou pas - et plein de bonnes choses pour les 366 jours à venir (et oui, année bissextile oblige).

Aucune résolution livresque pour moi, 2016 promet d'être bien remplie avec l'arrivée d'un 2ème Gremlins à la maison. Je préfère prendre la vie comme elle vient et ne pas me mettre d'objectifs, aussi ludiques soient-ils !

PROFITEZ ! PROFITEZ ! PROFITEZ !

lundi 28 décembre 2015

"Surprises de Noël" d'Andreï Kourkov




Résumé : Trois nouvelles se passant l'hiver, vers Noël, dans l'Ukraine post-URSS et en pleine Révolution Orange, trois histoires burlesques et / ou farfelues.

Pourquoi ce livre : Vu le titre, je me suis dit que c'était le moment idéal pour le lire. Sachant que je ne connaissais pas l'auteur non plus.

Avis : Achat d'impulsion en librairie d'un auteur ukrainien que je n'avais jamais lu, cette courte lecture m'a occupée 1h entre deux expéditions pour finir mes courses de Noël.
Nous découvrons un pays qui se réveille après la chute de l'URSS, avec un fonctionnement à inventer, où l'armée exerce une certaine pression en arrière plan mais où les gens sont aussi un peu groggy. Maintenant qu'on est un pays indépendant, qu'en faire ? Une des nouvelles met carrément en scène la Révolution Orange avec une abracadabrante histoire de prisonnier politique qui fait pousser des champignons dans sa cellule.
Dans ce très court recueil, l'humour cache parfois un regard un peu amer sur ce pays qui se cherche (la couverture reflète ainsi très bien le ton général). La corruption semble par exemple un fait établi sans lequel il ne peut pas se passer grand chose.
Sur trois nouvelles, il y en a une seule qui m'a laissée un peu indifférente. Celle de la nuit de Noël "tourisme extrême" étant ma préférée.
Il s'agit sans doute d'une bonne entrée pour découvrir l'auteur, ceux le connaissant déjà peuvent attendre Noël 2016 !


Editions Liana Levi, collection Piccolo, 2015, 62p.