vendredi 19 décembre 2014

"Au bois dormant" de Christine Féret-Fleury


Résumé : Ariane n'a pas une vie comme les autres. A presque 16 ans, elle déménage sans cesse, n'a pas d'amis, pas d'attaches. Un mystère plane sur sa famille que ses parents lui cachent farouchement. C'est pas hasard qu'elle découvre que lorsqu'elle est née, son père et sa mère on reçu une lettre leur annonçant que le jour de ses 16 ans, elle devra mourir. Elle est en effet la prochaine victime du tueur en série Le Rouet qui s'en prend à des jeunes filles lui ressemblant. Ariane décide de fuir et d'affronter seule son destin.

Pourquoi ce livre : Prêté par une collègue, j'avais envie de lire une réécriture de conte de fée digne de ce nom.
 
Avis : Heureuse surprise que ce roman ! Je me méfie un peu de la collection BlackMoon car c'est quitte ou double : je tombe sur de très bonnes choses et sur d'autres avec lesquelles je n'accroche pas du tout.
Je voulais lire une réécriture de conte de fée qui ne soit pas mièvre ou gnangnan et cette histoire a tout à fait comblé mes attentes.  Pas d'histoire d'amour, pas de robe de princesse ou autre élément trop girly, on est dans du policier / psychologique (notez que je n'ai rien contre le girly ou les robes de princesse, tout dépend de mon état d'esprit du moment).
La transposition à notre époque fonctionne à merveille et on suit avec angoisse les journées d'Ariane, qui lutte pour sa survie. Elle trouve du réconfort auprès de 4 inconnues qui lui ouvrent les bras et lui offrent l'hospitalité. On y croit moyennement vu l'époque individualiste dans laquelle nous sommes (malheureusement) mais passons ! On a du mal à imaginer l'enfance qu'elle a vécu, complètement cloîtrée par ses parents, obligée de déménager au moindre soupçon, ne se liant avec personne et surtout, ne se créant aucune attache, aucun lien. Sa fuite est en quelque sorte une libération, même si elle la condamne à affronter seule le Rouet.
Jude campe un policier en proie au doute, rongé par ses démons. J'aurais aimé voir d'avantage sa soeur et pas sûre que le personnage de Yoko qui gravite autour de lui soit très pertinent. Cependant, les réflexions sonnent justes et on attend fébrilement les avancées de l'enquête.
Tous les éléments du conte originel sont présents mais complètement remaniés : le rouet devient le Rouet, surnom d'un tueur en série, le prince devient policier, les marraines deviennent des inconnues qui tendent la main, etc.
L'ensemble est très bien écrit et surtout, crédible. La fin glace le sang, avec un côté macabre digne d'un film d'épouvante. D'ailleurs, en parlant de film, je pense que ce livre pourrait donner une très bonne adaptation.
Je recommande pour une lecture détente de saison.

Hachette Livre, juin 2014, 336 p. (collection Blackmoon)

mardi 9 décembre 2014

Attendre Noël avec des livres pour les plus petits




Cette année, c'est le 1er Noël où mon fils de 2 ans va un peu comprendre ce qui se passe. Les fêtes de fin d'année ne sont pas ma période préférée mais quand on a un enfant, on essaie de se remotiver un peu.
Pas de calendrier Kinder ou Milka au programme mais quelques lectures sympathiques qui collent bien à la saison. Cette sélection représente bien évidemment une infime partie de la production éditoriale jeunesse de plus en plus foisonnante d'année en année (jusqu'à l'opportunisme parfois car la qualité des histoires n'est pas toujours au-rendez-vous).
Voici donc quelques achats qui font l'objet d'une lecture quasi quotidienne depuis leur arrivée dans la maison.

La moufle (Didier Jeunesse)
Conte traditionnel, c'est surtout son grand format qui m'a séduit. Les illustrations de Cécile Hudrisier sont comme toujours très belles et très colorées (je suis fan de son travail), le texte est très sympathique à lire car on peut jouer sur la voix des animaux. C'est un peu long alors attention si vous avez un enfant qui a du mal à se concentrer.


Oui-Oui fête Noël (Nathan jeunesse)
Oui-Oui prépare sa maison pour récevoir le Père Noël et demande de l'aide à ses amis. Rien de révolutionnaire dans l'histoire mais c'est un format vite lu, il y a pas mal de rimes dans le texte et on retrouve les indispensables de Noël :  sapin, cadeaux, traineau, bonhomme de neige... 

Petit Ours Brun attend le Père Noël (Bayard jeunesse)
Autre personnage incontournable pour les plus petits, Petits Ours Brun lutte ici contre le sommeil pour attendre le passage du Père Noël avec sa cousine. Bien évidemment, ils vont s'endormir avant l'heure. Même format de poche que Oui-Oui, vite lu donc.

Peppa's Christmas wish (Scholastic)
Il est très difficile de trouver en France du "matériel" Peppa Pig, personnage que j'ai découvert par hasard en Angleterre et qui est maintenant dans les Zouzou de France 5. Du coup, j'achète les livres sur une librairie en ligne (et non, pas Amazon). Il y a deux histoires dans le même livre : dans la première, le Père Noël a oublié le cadeau de Peppa dans son traineau. Dans la deuxième, Peppa et son frère George font un bonhomme de neige. Je regrette juste la qualité du livre : les pages sont plus proches du magazine qu'autre chose.

Le sapin de Noël de Trotro (Gallimard)
L'âne Trotro décore le sapin de Noël avec ses parents. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne sera pas traditionnel. Les dessins peuvent rebuter certains, moi je trouve ce personnage très sympa. La forme du livre est aussi un vrai plus. Les pages sont en carton, ce qui évite leur massacre par les plus petits.

Le Père Noël (Usborne)
Le Père Noël entame sa tournée de distribution de cadeaux. Il y a un son à chaque page ce qui rend l'ensemble interactif. C'est un peu gadget et le volume sonore est un peu trop élevé à mon goût mais ça plaît à mon fils, ce qui est le but. Les pages brillent beaucoup grâce à des inserts argentés.

Et vous, c'est quoi vos lectures de saison ?





mercredi 3 décembre 2014

"Le cercle des femmes" de Sophie Brocas


Résumé : Suite au décès d'Alice son arrière grand-mère, Lia, une étudiante de 20 ans, vient passer quelques jours avec sa mère, sa grand-mère et la meilleure amie de son aïeule dans la maison de cette dernière. Il faut en effet la débarrasser. Alors qu'elle range des affaires dans une chambre, la jeune femme découvre une boîte renfermant le journal d'Alice, tenu 60 ans plus tôt. Un terrible secret de famille est alors mis à jour, qui va insidieusement faire éclater ce cercle de femmes.

Pourquoi ce livre : C'est celui que j'ai choisi parmi la sélection des Matchs de la Rentrée littéraire sur le blog de PriceMinister - Rakuten.

Avis : Un secret de famille n'est pas spécialement le genre de thème que j'affectionne, aussi je me suis dit que c'était l'occasion rêvée de sortir de mes habitudes. Il s'agit du premier roman de Sophie Brocas, qui d'après la 4ème de couverture "travaille au service de l’État" (je suppose que c'est le terme politiquement correct pour dire "fonctionnaire"............ bref).
L'histoire se déroule principalement à travers le personnage de Lia, l'arrière-petite fille de la défunte, âgée de 20 ans au début du roman. C'est elle qui fait la découverte du journal d'Alice, son aïeule.
La première remarque que je ferai est que ces femmes ne sont pas très attachantes. La raison principale est qu'à part Lia, aucune ne se remet en cause suite au séisme de départ. Passé le choc, tout revient comme avant : chassez le naturel, il revient au galop. J'ai du mal à croire que Sol, la grand-mère de 60 ans, est trop vieille pour s'interroger sur ses modes de fonctionnement avec les hommes. Je fais partie de ces gens qui pensent qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Les ravages de l'éducation et surtout des non-dits sont très bien amenés à travers le texte. On voit parfaitement le mécanisme implacable qui a fait qu'Alice a sans le vouloir condamné par avance la vie affective de sa fille, de sa petite-fille et de son arrière petite-fille.
Ce roman est un roman de femmes, les hommes qui ont pourtant un rôle central sont laissés à la marge. Je n'ai d'ailleurs compris l'intérêt du personnage de Marcel, ami d'Alice dans ses vieux jours, qui n'apporte rien à l'histoire. Pierre, l'arrière-grand-père, bénéficie d'un portait sans fioriture et apparaît dans toute sa lâcheté et sa liberté. J'aurais aimé que son histoire pendant la guerre ait plus de poid dans son attitude. On parle de quelqu'un qui a été fait prisonnier de guerre pour résistance, ne me faites pas croire que cela n'impacte pas un minimum sa façon d'être !
Le message est cependant très positif et peut trouver un écho en chacun de nous : faire la paix avec son histoire, vivre sa vie comme on l'entend et pas à travers celle de quelqu'un d'autre. Crever l'abscès aussi, tant qu'il est encore temps.
Le style est fluide, écrit au présent, ce qui n'alourdit pas le rythme. Chaque chapitre est consacré à l'histoire / au point de vue d'un personnage, le tout sur quelques années.
Ce premier roman est prometteur, Sophie Brocas ne cède pas à la facilité, cependant plus de psychologie n'aurait pas nuit à l'ensemble.

Pour les besoins des matchs, je mets la note de 3,5/5 à cette lecture.

Vous pouvez retrouvez la fiche du livre ici.

Julliard, 2014, 194 p.



jeudi 20 novembre 2014

"Eat Pray Love" d'Elizabeth Gilbert


Résumé : Suite à un divorce difficile ayant épuisé ses forces vitales, Elizabeth Gilbert fait le choix de reprendre sa vie en main et de se donner une année pour se retrouver. Elle part d'abord pour 4 mois à Rome pour étudier l'italien, puis 4 mois dans l'ashram de son gourou en Inde pour méditer et faire l’expérience de Dieu (!) et enfin 4 mois à Bali car elle a fait la promesse à un vieux guérisseur de revenir le voir. Ce tour du monde lui permettra de renouer avec ses désirs profonds et surtout de faire des rencontres qui la changeront à jamais.

Pourquoi ce livre : J'ai vu l'adaptation ciné qui m'a enthousiasmée, et du coup, j'ai enchaîné sur le roman.

Avis : Je suis assez admirative devant le parcours d'Elizabeth Gilbert. Avoir le courage de dire non ou stop, chercher la paix intérieure et apprendre à mieux se connaître sont à notre époque des "luxes" que peu de gens mettent au coeur de leur existence. Et elle, elle l'a fait. D'accord, son travail d'écrivain / journaliste lui permet une certaine liberté (et confort financier). Mais c'est également la volonté de reprendre sa vie en main, peu importe ce qu'en pense les autres et les sacrifices que cela demande. Quand elle part en Italie, c'est pour le simple plaisir d'apprendre à parler la langue. Et cela suscite l'incompréhension de certains proches. Aussi, elle s'interroge "Why must everything always have a practical application ? (...) Is this lifetime supposed to be only about duty ? In this dark period of loss, did I need any justification for learning Italian other than it was the only thing I could imagine bringing me any pleasure right now ?" ("Pourquoi est-ce que tout doit toujours avoir une application concrète ? (...) Est-ce que cette vie ne doit être consacrée qu'au devoir ? Dans cette sombre période de perte, avais-je besoin de me justifier de vouloir apprendre l'Italien alors que c'était la seule chose dont je m'imaginais pouvoir retirer du plaisir ?").

Elizabeth Gilbert est aussi dans une démarche que je qualifierais de mystique, sans connotation de ma part. C'est quelqu'un qui a une vie spirituelle très riche et qui cherche à tout prix à se rapprocher de Dieu au sens large. Elle ne croit pas en un Dieu mais en une présence divine en chacun de nous, qui explique le beau et la bienveillance. J'aime assez son approche des religions, expliquant qu'il n'y a rien de mal à piocher à droite à à gauche des choses qui marchent pour soi (et donc des choses qui permettent d'être une meilleure personne).
J'ai pris un très grand plaisir à suivre son parcours et sa transformation. Elle fait au cours de cette année de très belles rencontres qui vont la porter : Giulio, Richard du Texas, Felipe bien sûr, Wayan, Ketut.

Une remarque sur le style : je le trouve "bavard". Elizabeth Gilbert nous informe plusieurs fois dans son texte que c'est une grande parleuse, capable de tchatcher n'importe qui et cela se sent dans sa façon d'écrire. Par exemple, il lui arrive de reformuler dans trois phrases successives la même idée. Elle a aussi tendance à vouloir faire de l'humour à toutes les phrases (notamment au début de son récit) et j'ai dû un peu m'accrocher.

Je vous laisse avec la bande-annonce du film (avec Julia Roberts, Javier Bardem et James Franco):

Cette lecture m'a donné l'idée d'un challenge lecture que je me lancerai en 2015, à suivre donc !


Bloomsbury, 348 p., 2007.

mercredi 5 novembre 2014

"Outlander", la série avec du kilt dedans



Cela faisait un certain temps que je croisais des captures d'écrans sur des blogs que j'aime mettant en scène des highlanders tout de tartan vêtus. Ma curiosité piquée, j'ai découvert après quelques recherches qu'il s'agissait de la série Outlander de la chaîne Starz, tirée d'une série de romans multigenres écrits par Diana Gabaldon (historique / fantastique / aventure / romance  / rien que ça ! ). Le titre en français pour les livres est Le chardon et le tartan.
Ne connaissant pas les acteurs et n'ayant que de vagues souvenirs de mes cours de civilisations anglaise concernant cette époque, c'est donc sans a priori que j'ai regardé cette première saison.


Le pitch : Claire Randall retrouve son mari après 5 ans de séparation. Et pour cause, elle était infirmière sur le front anglais pendant la Seconde Guerre mondiale, lui au MI-6. Ils décident de s'offrir une deuxième lune de miel en Ecosse, à Inverness, car M. Randall, historien, part sur les traces de ses ancêtres. Lorsque Claire se rend seule sur le site d'un cercle druidique de pierres, elle est projetée dans le passé, en 1743. Commence alors une course pour la survie et pour retourner dans son présent.

Les moins : 
http://instagram.com/outlander_starz
* La vie quotidienne. Une jeune femme de 1945 se retrouve projetée en 1743 dans les Highlands et elle a l'air de s'adapter à cette vie comme un pied à une charentaise moelleuse. Helloooo !! Pas d'électricité, pas de médecine moderne (pour elle qui est infirmière), pas de cosmétique, pas de radio, pas de chocolat (argh !), etc. Elle se retrouve à partir pendant plusieurs semaines à dos de cheval en compagnie de 10 hommes mais rien ne nous est dit sur ses problèmes au quotidien. Ne serait-ce que l'hygiène... Bonjour les sanitaires, la douche ou le brossage de dents. C'est très basique tout ça me direz-vous et ça ne fait pas avancer l'histoire mais en même temps, cela rendrait l'ensemble un peu plus crédible et culturellement intéressant. Oui, je sais, je parle de crédibilité et de culture dans une série où il est question de voyage dans le temps. Bon ok, on nous dit qu'elle a été élevée à la dure...
* Le jeu de l'actrice principale. Caitriona Balfe est certes très très belle, mais je trouve personnellement que son jeu n'est pas nuancé. Ça gâche l'intensité de certaines scènes.
* La voix off parfois trop présente.
 
http://www.outlandertvnews.com/2014/07/new-photo-of-the-mackenzie-clan-including-jamie-and-dougal/
Les plus :  
* L'Ecosse, of course ! Les paysages sont absolument somptueux et les décors en général sont particulièrement soignés. La production a fait les choses en grand et cela est plus qu’appréciable.
http://instagram.com/outlander_starz

* L'accent. OMG ! Cet accent... Roulement des "r" "I ken" au lieu de "I know", des "Laird", "lass" en veux-tu en voilà, etc, mes oreilles se régalent. Une fois habituées, bien sûr. 
* La romance qui passe au deuxième plan. Rien de trop cul-cul, ce que je redoutais. Bien sûr, il y a de l'électricité dans l'air mais ça ne dégouline pas à tous les plans.
* Les personnages écossais, notamment celui de Dougal MacKenzie, qui est un vrai dur à cuire avec des idées bien arrêtées. Jamie est là bien évidemment pour des considérations esthétiques mais pas que, heureusement. Il sait faire autre chose que se balader torse nu. Les autres Highlanders de la bande apportent régulièrement une touche comique.

* L'arrière-plan historique. Les Écossais ont voté contre l'indépendance de leur pays cet été mais ils ont toujours été très fiers de leur héritage culturel et méfiants des Anglais, les Sassenach comme ils disent. Les tuniques rouges du roi d'Angleterre sont chargées de faire régner l'ordre et d'étouffer toute révolte, ce qui donne lieu à de très fortes tensions. Comment exclure un outlander de la conversation le plus simplement du monde ? parler en gaélique. Claire, qui est anglaise et donc suspecte, se retrouve régulièrement isolée car elle n'en comprend pas un traître mot. Le clan MacKenzie récolte de l'argent pour financer une révolte jacobine qui ne va pas bien se passer. Mais ça, c'est pour dans 3 ans, en 1746 avec la terrible bataille de Culloden qui sonna la fin de la vie telle qu'on la connaissait dans les Highlands (interdiction de porter le  tartan, fin des clans, etc). Le système de clans reste assez survolé car même si on voit comment les MacKenzie fonctionnent, on ne sait rien de leurs relations avec les autres clans. En tout cas pour l'instant, à l'issue des 8 premiers épisodes.


Une série divertissante qui bénéficie d'une très bonne production. A regarder en VO, sinon rien !

vendredi 31 octobre 2014

"Lilith" d'Alex Douglas



Résumé : William Clayborne est professeur des universités, scientifique jusqu'au bout des ongles et... coureur de jupons. Alors qu'il se rend à vélo chez sa maîtresse du moment, il est victime d'un terrible accident de la route qui le laisse cassé à l'hôpital. Là, une magnifique femme vient lui rendre visite. William redoute et pourtant attend avec impatience sa venue. Mais qui est-elle ? Et pourquoi s'affaiblit-il de jour en jour ?

Pourquoi ce livre : parce que c'est une lecture toute trouvée pour le challenge Halloween et que je poursuis ma déocuverte de cette collection en anglais facile.

Avis : Ce roman court aborde le mythe de Lilith dont je ne connaissais pas grand chose, sauf le nom. Mon ami Wikipédia m'apprend que les succubes la servent. Les succubes sont des démons prenant la forme de femmes pour séduire les hommes pendant leur sommeil. Leur arme est donc leur pouvoir de séduction et le désir qu'elles provoquent chez l'homme. J'ai juste du mal à comprendre leur mode d'action. Ici, Lilith capte l'énergie vitale de William et l'affaiblit de jour en jour. Mais visiblement, les succubes dévorent aussi leurs victime. J'avoue ne pas avoir creusé plus en avant cette histoire de succube, si vous avez plus de connaissances, je suis preneuse....
On en apprend quand même un peu plus sur la mythologie autour de Lilith à la lecture de ce texte car la femme de William a entamé une thèse de théologie comparée.
Je regrette que le tableau qui sert de point de focalisation à William n'existe en fait pas. Herbert Dsahwood n'est pas un peintre de l'époque des pré-Raphaélites. En tout cas, je n'ai rien trouvé sur lui. C'est bien dommage, j'aurais apprécié d'avoir une peinture sur laquelle m'appuyer à la lecture de ce texte. Le tableau décrit ressemble cependant furieusement à celui-là :
Il s'agit de Lilith peint en 1887 par John Collier. (plus d'infos là)
Je ne suis pas sûre d'apprécier la morale de l'histoire, plus que simplette : attention, messieurs qui trompez vos femmes. L'adultère ne vous menera qu'à votre perte ! Vous serez punis de vos écarts de conduite car c'est moralement condamnable. Bof. Un peu trop manicchéen à mon goût. Monsieur dirait : "Et quid des femmes adultères ? On leur envoie un incube à elles aussi ?". (Incube, je viens d'apprendre, est le pendant masculin des succubes. Je case mes nouveaux mots).
Quelques réflexions sur le pouvoir de la foi et la religion sont cependant bien senties et relèvent un peu l'ensemble. Mais globalement, cette lecture ne présente pas un intérêt débordant.

Didier, collection Paper Planes, 2010, 110 p. Livre audio téléchargeable : http://www.paperplanes.fr/la-collection/lilith/

mardi 28 octobre 2014

"The Exsanguinist" de R. N. Morris


Résumé : Londres, 1914. Un serial killer, surnommé l'Exsanguinist par la presse, sème sur sa route des cadavres de jeunes hommes à la gorge tranchée. L'inspecteur Silas Quinn de Scotland Yard enquête et tous les indices le mènent à un club pour gentlemen. Dans cette atmosphère feutrée où règne la bienséance, saura-t-il démasquer le tueur impitoyable ?

Pourquoi ce livre : Une collègue m'a donné quelques titres de cette collection en VO et j'ai flashé sur le titre et le résumé.

Avis : L'atmosphère générale est assez pesante : un serial killer qui vide le sang de ses victimes, un chasseur de vampires en provenance de Hongrie, un Londres qu'on ne voit que la nuit, un gentlemen's club pour les moins fréquentables... La narration est intéressante car chaque chapitre respecte une unité de temps et de lieu (sauf le dernier où ça bouge un peu). On est proche de la sensation de huis-clos.
Le plus intéressant est que les personnages sont très difficiles à cerner. Dans ce groupe d'hommes membres du Panther's club, chacun a un passé trouble lié à une mort sordide ou inexpliquée. Et qui est ce Silas Quinn, qui avoue sans vergogne avoir essayé de tuer un colocataire ? La menace est-elle surnaturelle ou non ? Est-on dans du policier ou du fantastique ? Je ne peux malheureusement pas en dire trop le texte en lui-même étant déjà extrêmement court. L'auteur nous emmène sur de fausses pistes jusqu'au chapitre final, celui de la révélation, bien glauque soit dit en passant.
Il s'agit également d'un hommage à Oscar Wilde, écrivain de génie (oui, je suis très très objective !) dont la carrière et la vie furent détruites en pleine gloire suite à un scandale révélant son homosexualité. De Profondis, qu'il écrivit en prison, sert d'ailleurs de moteur à l'intrigue. 
C'est le premier livre de cette collection que je lis, elle est visiblement destinée aux lycéens qui apprennent l'anglais. Je ne l'ai pas spécialement trouvée facile d'accès. Mais une bonne initiative à noter : le livre audio est téléchargeable gratuitement sur le site quand on a fait l'acquisition de la version papier. Bonne idée pour travailler l'oreille !
Une lecture prenante et un anglais fort agréable.


Didier, collection Paper Planes, 201, 87 p.