mardi 22 juillet 2014

"ça" de Stephen King


Résumé : Vous n'aimez pas les clowns ? Vous avez bien raison ! A Derry, petite ville du Maine, des disparitions d'enfants ont lieu par dizaines. Parfois, on retrouve leur cadavres et souvent, ils sont mutilés. Un clown étrange les aborde, avec des ballons de toutes les couleurs. Bill vient de perdre tragiquement son petit frère et se trouve confronté à des évènements angoissants et inexpliqués. Au cours de l'été 1958, il réalise qu'il n'est pas le seul à voir des choses horribles. D'autres gamins sont eux aussi face à une terreur sans nom. Pour venger Georgie ainsi que pour tous les autres disparus, sept enfants vont se lier et se battre contre Ca. Ca, le mal absolu, protéiforme, qui a élu domicile à Derry et qui ne compte pas s'en laisser chasser.

Avis : Roman culte s'il en est , je me suis attaquée à ce double pavé frissonnante par avance. J'avais notamment en tête quelques images tirées du téléfilm du début des années 90. Si quelques moments de terreur m'ont fait renoncer à me lever une nuit pour boire, je suis globalement déçue de ma lecture.
Divisé en deux tomes, très TRES longs (750 et 630 pages respectivement), Stephen King utilise un procédé narratif particulièrement habile pour nous entraîner à la suite de la bande des sept gamins. Nous suivons en effet leurs aventures, à la fois en 1958 lorsqu'ils ont 11 - 12 ans et en 1985, une fois adultes quand ils reviennent à Derry. Le parallèle entre les deux époques est plus qu'évident. Dans le deuxième tome notamment, il arrive qu'un chapitre commence en 1958 et se termine en 1985. On veut évidemment savoir ce qui est arrivé à chacun (première rencontre avec Ca) et comment ils l'ont repoussé une première fois. Mais on attend également avec impatience la confrontation ultime en 1985.
Là où j'ai bien accroché au 1er tome (malgré des longueurs), le tome 2 m'a ennuyée. Je l'ai lu uniquement pour savoir qui allait mourir et comment - quelle justification horrible ;) ! L'explication cosmogonique sur le pourquoi du comment de Ca m'a laissée perplexe et la manie de Stephen King de rentrer dans des détails à n'en plus finir sur un personnage secondaire qui va mourir 2 pages plus loin ont freiné mon enthousiasme.
Cependant, je conçois tout à fait que ce roman soit une oeuvre majeure et qu'il ait parlé à des générations successives. Son atout numéro un : rapeller que l'enfance est un moment magique, où tout est possible du moment qu'on y croit (le pire comme le meilleur). Bien évidemment, une touche de morale pointe son nez : à plusieurs on est plus forts, l'amitié et l'amour sauveront le monde, même le dernier des losers a quelque chose à apporter... Mais celà est distillé subtilement tout au long du texte. Il s'agit d'un roman d'initiation, où sept enfants vont basculer dans l'âge adulte, perdre leurs illusions sur l'enfance et sur leurs parents. Quelques passages très durs montrent des adultes de Derry laissant des enfants se faire tabasser et / ou enlever sans lever le petit doigt.
Concernant l'horreur, on est bien servi dans la première partie : décapitation, démembrement et autres arrachages de membres en tout genre, cadavres à moitié mangés, etc. Bref, du gore, sachant que le clown maléfique s'attaque en priorité aux enfants. Mention spéciale au petit de 2 ans 1/2 retrouvé explosé dans ses toilettes par sa mère... Vous voilà prévenus.
Quelques passages m'ont sincèrement fait dresser les cheveux sur la tête. Je pense notamment à celui où Stan entre dans le château d'eau ou encore quand Georgie imagine ce qui l'attend dans sa cave avant d'y descendre. C'est là où Stephen King est très fort : il arrive à faire ressurgir chez les adultes des peurs qu'ils pensaient bien enfouies. C'est le cas pour moi : j'ai longtemps eu peur du noir et aller seule à la cave était un vrai cauchemar. Du coup, ça m'a rappelé certains épisodes pénibles de mon enfance.
Mais globalement, ce roman est beaucoup trop long. Les passages de terreur se noient dans le reste. Je suis contente de l'avoir lu mais cette lecture ne m'a enthousiasmée outre mesure. On m'a chaudement recommandé The Shining, à voir....
Note sur l'édition : j'aime beaucoup cette couverture pour une édition récente, toute en sobriété. On remarque la taille du nom de l'auteur : on voit tout de suite que le seul nom de Stephen King fait vendre... Le titre apparaît à peine !




Le livre de poche, 799 p. + 638 p., 2013.

mardi 17 juin 2014

"Wormworld" de Daniel Lieske


Résumé : Jonas passe ses vacances d'été dans la ferme de sa grand-mère. A cause de ses mauvais résultats scolaires, son père l'oblige à travailler à l'intérieur des après-midi entiers. Pour tromper son ennui, le jeune garçon s'enferme au grenier pour dessiner des créatures fantastiques. Quand l'une d'elle prend vie et sort de la feuille, Jonas la suit jusque dans un mystérieux tableau. Coincé de l'autre côté de la toile sans moyen de revenir, il lui faudra découvrir ce monde enchanteur mais peuplé d'êtres très étranges.

Avis : Empoché tout à fait par hasard à la BM lors de mon dernier passage, cette BD / comics est une véritable pépite.
J'ai surtout été séduite pas ses graphismes tout simplement époustouflants. Daniel Lieske est graphiste et web-designer, il a travaillé plusieurs années dans le monde du jeu vidéo et cela transparaît sur ses planches. La lumière est particulièrement bien rendue et apporte de la profondeur aux dessins. L'auteur nous explique d'ailleurs qu'il s'inspire beaucoup de photographies pour être le plus près possible de la réalité.

 
Le travail des couleurs est lui aussi magnifique. Particularité qui m'a bien plue, aucune rigueur dans l'utilisation des planches. On passe de cases bien délimitées à des doubles pages sans que cela nuise à la lecture ou à l'histoire.
Cette dernière n'est pas révolutionnaire : un jeune garçon rentre dans un univers féérique grâce à un tableau. On sent que Michael Ende (L'histoire sans fin) n'est pas loin. Je pense d'ailleurs que cette BD peut parfaitement s'adresser à un public très jeune, du moins ce premier tome. J'avoue qu'entre 2 chapitres de It de Stephen King, c'est bien reposant...
 
En bonus, un artbook à la fin qui nous fait découvrir la génèse de la bande-dessinée. C'est un vrai plus car on passe un peu dans les coulisses, ce qui est toujours intéressant.
Une très bonne découverte dont j'attends la suite avec impatience (sortie du tome 2 prévue en septembre).


Delcourt, mars 2014,128 p.

"Death at la Fenice" de Donna Leon

 

Titre en français : Mort à La Fenice

 
Résumé : C'est la première de La Traviata au théâtre de La Fenice à Venise. Helmut Wellauer, le très renommé chef-d'orchestre, dirige la représentation. Mais à l'entracte, il est retrouvé mort dans sa loge, victime d'un empoisonnement au cyanure. Le commissaire Brunetti est chargé de l'enquête. Celle-ci savère difficile car d'une part, un nombre conséquent de gens ont eu accès à la loge et d'autre part, la personnalité de l'artiste se révèle plus obscure qu'il n'y paraît. Qui pouvait lui en vouloir et bien sûr, pourquoi ?
 
Avis : Je n'ai jamais regardé la série éponyme diffusée sur France 3, c'est donc sans idée de ce qui m'attendait que je me suis lancée dans cette lecture. Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de roman policier et j'avoue que ce choix n'aurait pas pu mieux tomber pour me relancer sur ce genre. La trame est somme-toute classique : on cherche l'assassin du chef d'orchestre et cela ne donne pas lieu à des courses-poursuites effrenées en gondoles mais de longues conversations avec les différents suspects pour tenter de cerner leur psychologie. Classique, mais efficace. Car on tourne en rond avec Brunetti (dans le bon sens du terme !) qui interroge la femme de Wellauer, puis une diva puis à nouveau sa femme, etc. Les pages se tournent, on n'est pas très avancé et puis d'un coup, l'auteur nous donne un indice qui nous permet de tirer un fil et de démêler tout ça. Ce qui j'ai particulièrement apprécié, c'est que tout n'est pas noir ou blanc, les personnages apportent tous quelque chose.
Le commissaire Brunetti est en ce sens très travaillé. Il n'a rien d'un flic hors pair, il se retrouve en charge de l'affaire et doit composer avec sa hiérarchie et des coéquipiers pas toujours très efficaces. Aucune force physique employée ici, pas de passage à tabac de témoin récalcitrant, pas d'étalage de muscles mais un sens de la déduction et une obstination sans faille. Ses interactions avec sa famille en font un personnage abouti qu'on suit avec plaisir.
Venise occupe une place à part entière dans ce roman, Donna Leon nous entraînant dans ses ruelles, bien loin des clichés touristiques. La romancière a vécu dans cette ville et à la lecture de ses descriptions, c'est évident. La cité des Doges n'a rien de glamour, c'est une ville d'Italie mangée par les eaux, aux prises avec le froid hivernal et le brouillard, la puanteur ramenée des zones industrielles environnantes. Le carnaval et les pigeons de la place Saint Marc sont inexistants. 
De nombreuses références à la culture italienne jalonnent le texte, notamment sur la façon dont les gens intéragissent entre eux (ce qu'on peut dire ou pas) mais aussi dans leurs rapports avec l'autorité (généralisation du pot de vin par exemple).
Une chose, certes anecdotique, mais qui m'a frappée : tous les personnages boivent comme des trous ! Certes, de bons vins italiens mais aussi du whisky, de la grappa, du brandy, etc. Ce n'est pas un ou deux verres qu'ils s'enfilent mais quasiment la bouteille à chaque scène de repas / apéritif. Du coup, je me demande maintenant si c'est culturel en Italie de boire autant...
En bref, une intrigue policière bien ficelée et un commissaire Brunetti des plus réalistes dans un environnement envoûtant.
Harper Torch Mystery, 278 p., 2001.

mercredi 4 juin 2014

"Arachnae, L'Archipel des Numinées" de Charlotte Bousquet


Résumé :
 
Avis : J'ai commencé ce livre pleine d'entrain il y a environ 2 mois et puis à la lecture de certains passages, tout est retombé. Pour reprendre par la suite. C'est la première fois que je lis de la dark fantasy donc je n'ai aucun point de comparaison mais plus que dark, je dirais hard.... J'ai vraiment, mais alors vraiment eu du mal par moment. Allons droit au but (surtout qu'en le faisant je ne divulgue rien de l'intrigue principale) : il y a un très long passage au milieu du roman qui se concentre sur la recherche d'un pédophile / cannibale / tortionnaire. Nous avons donc droit à la description de cadavres (au pluriel) d'enfants, abusés sexuellement et complètement déchiquetés. Si seulement ça s'arrêtait là... et bien non ! Pour certains, nous assistons en partie à leur supplice, voire même, nous sommes dans leurs têtes une fois qu'ils sont captifs. Traitez-moi de petite nature si ça vous chante mais j'ai reposé mon livre. Je n'avais pas envie de lire ça à ce moment-là, d'où une pause plutôt longue dans ma lecture. C'est la seule chose que je reproche à ce livre, mais je ne pouvais pas ne pas le dire. C'est plus un constat qu'un reproche d'ailleurs.
Ceci étant dit, l'univers créé par Charlotte Bousquet attrape le lecteur pour ne plus le lâcher. La cité d'Arachnae pourrait être un personnage à elle toute seule tant elle est unique et mouvante. On passe du château du prince aux bas-fonds dignes de la cour des miracles avec de très belles descriptions particulièrement visuelles. J'apprécie vraiment quand un auteur se donne la peine de poser un cadre très travaillé et ici c'est le cas.
Beaucoup de personnages se juxtaposent, ce qui peut parfois prêter à confusion : Tigran, Fausta, Ornella, Valia, Theodora, Leandrina, Alessio, Julia, Othellia, Pietro, Lorenzo, Dario etc. Theodora est présentée comme l'héroine du roman mais d'autres sont tellement importants que je serais bien en peine de dire qui finalement apporte le plus à l'histoire. Une chose est sûre, tous sont très aboutis. Pas de faire-valoir, ici chacun a un rôle, même infime, qui contribue à faire progresser l'intrigue.
Les trois Moires, conseillères du prince, apportent une touche spirituelle originale et leurs intrigues politiques étoffent un peu plus la trame principale. Et côté intrigue, nous sommes servis : ça complote à tous les étages, ce qui est très intéressant à lire puisque que nous avons le point de vue de plusieurs personnages sur un même "affaire". Une vraie toile d'araignée, donc.
Le style de Charlotte Bousquet est également très travaillé ce qui lui permet d'aspirer le lecteur dans son univers si particulier. Vocabulaire, tournures de phrases, on sent que l'auteur y a passé du temps et a cherché à être au plus près de son histoire. J'adhère ! Elle écrit aussi beaucoup pour la jeunesse http://www.charlottebousquet.com/Accueil.html 
En bref, un roman exigeant, à ne pas mettre entre toutes les mains mais qui ravira les amateurs de fantasy sombre et d'univers très bien construits.
NB : je tire mon chapeau aux éditions Mnemos pour leur collection Hélios. Ce titre ne déroge pas au reste : format original et très belle couverture.

Mnémos, collection Hélios, 345 p., 2013.

vendredi 23 mai 2014

"Julie & Julia" un film de Nora Ephron


Résumé : Julia Child, femme de diplomate américain, arrive à Paris pour y suivre son mari. La découverte de la cuisine française est pour elle une révélation. De cours de cuisine en rencontres décisives, elle se lance dans la rédaction d'un livre de recettes qui deviendra culte. New-York, de nos jours. Julie Powell s'ennuie dans son travail qui ne lui apporte que peu de satisfactions. Encouragée par son mari, elle se lance le défi de réaliser l'intégralité des recettes du célèbre livre de Julia Child.

Avis : Ayant raté ce film lors de sa sortie en 2009, j'avais très envie de le voir. Une ligne dans le carnet des suggestions de ma bibliothèque préférée et pouf ! Le voilà !
De Julia Child, je ne connaissais rien. J'ai découvert cette femme à travers ce film. Pour faire très court, c'est l'équivalent américaine de Maïté, le côté "Maïté" en moins. C'est-à-dire une figure incontournable de la télévision culinaire outre-Atlantique. Son livre, Mastering the Art of French Cooking, est un véritable best-seller aux US depuis une cinquantaine d'années et bénéficie de rééditions régulières.
 
Le film présente la genèse de l'ouvrage, alors que Julia arrive à Paris avec son mari diplomate. Le moment décisif pour elle a lieu lors de son premier repas en France : de la sole meunière. Dès lors, elle n'aura de cesse de percer les mystères de notre  gastronomie.
En parallèle, nous suivons Julie, fonctionnaire américaine qui occupe un poste fort peu joyeux et qui tourne un peu en rond dans sa vie. Pour se sortir du quotidien, elle se lance un défi : réaliser en 365 jours l'intégralité des 524 recettes du livre de Julia Child et raconter son expérience sur un blog.

Ce film est un petit bijou. Il rend joyeux et optimiste, fait sourire, donne envie de cuisiner et de recevoir des amis. On rit beaucoup ("Lobster killer ! Lobster Killer !"), on vibre avec Julie qui réalise des prouesses dans sa minuscule cuisine, on est transporté par la personnalité extravertie de Julia. Leurs conjoints respectifs sont de véritables piliers dans cette aventure.
Les performances des acteurs n'y sont bien évidemment pas pour rien. Les deux rôles-titres sont tenus par Meryl Streep (du grand art !) et Amy Adams. Les seconds rôles ne sont pas en reste, avec notamment Stanley Tucci dans le rôle du mari de Julia.
Je ne compte pas lire le livre dont le scénario s'inspire. Il raconte donc l'histoire vraie de Julie Powell et de son aventure culinaire pour maîtriser l'art de la cuisine française. En revanche, je suis maintenant plus que tentée par l'autobiographie de Julia Child My life in France, dans laquelle elle raconte ses années en France qui ont tout changé pour elle.

Pour aller plus loin : un article très complet sur le site VanityFair.com qui date de la sortie du film et qui relate la rencontre de Julia Child et son mari (en anglais !).

Columbia Pictures, 2009. (écrit et réalisé par Nora Ephron).

dimanche 18 mai 2014

"Neige" de Maxence Fermine




Résumé : Dans le Japon du XIXème siècle, Yuko ne désire pas suivre la tradition et devenir prêtre shintoïste comme son père. Contre l'avis de ce dernier, le jeune homme décide de s'adonner à sa passion, le haïku. Un poète de la cour l'enjoint à perfectionner son art auprès du vieux maïtre Soseki. Les deux hommes ne le savent pas encore, mais l'image d'une femme disparue va les lier. 

Avis : On m'a donné ce livre, je n'en avais jamais entendu parler avant. En lisant la quatrième de couverture et en feuilletant quelques pages, j'ai eu peur. Peur d'être devant un autre Soie (d'Alessandro Baricco) que je n'avais pas apprécié du tout. Mais alors pas du tout. J'en profite pour rendre hommage à ma mère qui avait eu la phrase la plus évidente pour en parler : "C'est une écriture qui s'écoute écrire". En gros, c'est pédant et artificiel. Autant dire que j'ai commencé cette lecture avec un peu d'appréhension, réconfortée à l'idée de le finir vite (environ 80 pages dont certaines ne contiennent que quelques lignes).

J'ai donc eu une bonne surprise, puisqu'il s'agit d'une histoire très poétique mais en même temps très simple dans le style et le choix des mots. Bien sûr, cette histoire de funambule européenne qui séduit un maître japonais touche à la fantaisie plus qu'autre chose mais le parallèle entre le Yuko et le vieux Soseki fonctionne bien. Les descriptions du Japon enneigé sont de toute beauté. Quelques haîkus ponctuent le texte. Ce n'est pas un genre de poésie qui me séduit particulièrement car c'est un peu trop concis / aride - oui je sais, c'est le but du haïku. Mais en introduction des chapitres, ils trouvent toute leur place. Ils sont authentiques puisque Maxence Fermine "remercie Maurice-Robert Coyaud pour la belle traductions des haïkus".
Un roman bref et poétique.

Points, 2001, 96 p.

dimanche 11 mai 2014

"Le passage du diable" d'Anne Fine


Résumé : Daniel Cunningham voit sa vie voler en éclat lorsqu'il est arraché à sa mère qui l'a maintenu enfermé depuis sa plus tendre enfance. Arguant d'une malédiction, cette dernière l'a isolé du reste du monde, ne lui laissant accès qu'à des livres et des jouets. Ainsi, lorsqu'il est recueilli par le docteur Marlow et sa famille, l'adolescent n'emporte avec lui que la maison de poupée de sa mère. Alors qu'il fait ses premiers pas dans le monde et qu'il crée des liens avec ses bienfaiteurs, il va mettre à jour des secrets terrifiants sur sa famille. Secrets liés à cette bien jolie maison de poupées.

Avis : Voilà un résumé et une couverture qui paraissaient bien prometteurs. J'avais l'impression d'être devant la tristement célèbre maison d'Amityville. Aussi me suis-je lancée dans cette lecture en oubliant quelque peu qu'il s'agissait d'un roman jeunesse.
On ne présente plus Anne Fine, dont les deux romans les plus célèbres sont Journal d'un chat assassin et Mrs Doubtfire. Une chose est sûre, son style est travaillé, les phrases bien tournées et bien construites ce qui fait que le lecteur se régale. J'avais déjà fait ce constat à la lecture du très bon La guerre sous mon toit.
En revanche, la déception fût grande concernant l'aspect fantastique de l'histoire. Je m'attendais à frissonner face à cette maison de poupée mystérieuse mais point du tout... Une scène seulement tranche avec la monotonie du reste, la visite du narrateur à sa mère lorsqu'elle est enfermée à l'hôpital. Sinon, rien de bien angoissant. Jusqu'au bout j'ai attendu quelque chose d'un peu "corsé", mais ce n'est jamais arrivé. Du coup, les rares passages censés faire frissonner apparaissent démesurés. Est-ce parce que c'est un roman jeunesse ? Je regrette que l'élément fantastique soit aussi peu présent, d'autant que tous les éléments sont réunis : oncle lunatique, maison de poupée, poupée ensorcelée, grand manoir perdu dans la fôret, etc. Du grand classique, mais de quoi être efficace quand même !
L'ensemble est plaisant à lire et j'ai été vraiment séduite par le narrateur et sa façon d'appréhender ce monde qui s'ouvre à lui. Ses rapports avec les autres personnages sont très bien décrits et j'ai préféré ces passages au reste de l'histoire.
Une lecture agréable donc, avec une narration intéressante, mais qui pèche par la sous-exploitation de son thème central.

L'école des Loisirs, collection Medium, 306 p., 2014