jeudi 16 octobre 2014

"The cuckoo's calling" de Robert Galbraith a.k.a. J. K. Rowling




Résumé : Cormoran Strike, détective privé, est dans une facheuse posture. Son affaire périclite et sa fiancée vient de le quitter avec fracas. Aussi, quand un riche client vient lui demander son aide n'hésite-t-il pas longtemps. Il s'agit de prouver que le suicide de la top-model Lula Landry n'en est pas un. Plus Strike enquête, plus il réalise que dans l'entourage de la jeune femme, tout le monde a quelque chose à se reprocher.

Pourquoi ce livre : J'en avais entendu parler comme tout le monde suite à l'affaire autour du pseudonyme de J. K. Rowling révélé à la presse par un membre indélicat de sa maison d'édition. A l'occasion d'un passage à la bibliothèque, je l'ai aperçu sur le rayonnage des livres en VO et je n'ai pas hésité.

Avis : J'avais très envie de lire un roman policier et j'avoue que celui-ci m'a comblée au-delà de mes espérances. Je n'attendais rien de spécial de cette lecture, car soyons honnête, le livre n'a commencé à se vendre qu'une fois le nom de son véritable auteur révélé. Il ne jouissait jusqu'alors que d'un modeste succès d'estime. Mais j'ai suivi avec plaisir les aventures du détective Cormoran Strike et de sa charmante secrétaire Robin.
La première chose que je retiens, ce sont les personnages tout à fait crédibles. Malgré un nom à coucher dehors, Cormoran Strike est bien construit, il a une histoire dont on n'apprend que ce qui est nécessaire (d'où l'absence de rencontre avec la fameuse Charlotte). Balloté entre une mère groupie de rock star et sa tante, c'est dans l'armée qu'il s'est trouvé. Même s'il y a perdu un bout de lui-même au passage. Sa relation avec Robin m'a vraiment séduite car elle est tout à fait naturelle. La jeune femme se révèle être pleine de ressources (même si un peu trop parfois...).
Le milieu de la mode tient une place centrale dans l'affaire. On découvre les dessous d'un monde pas toujours très reluisant où on se tire volontiers dans les pattes en se disant les meilleurs amis du monde. Je n'ai jamais envié la vie des gens célèbres : tout le monde vous aime subitement et veut être votre ami. Tout le monde veut vous vendre quelque chose ou se servir de vous pour vendre quelque chose. Lula Landry apparaît tout en nuance : petite fille gâtée par des parents adoptifs surprotecteurs, elle se montre parfois candide dans ses rapports avec les autres, parfois garce. Pas de cliché donc dans cette galerie de personnages et ça fait du bien !
J. K. Rowling possède un style très agréable à lire dont elle déjà fait preuve dans sa série des Harry Potter. Mais je pense qu'elle devient aussi un peu trop gourmande en pages : 450 pour ce roman grand format (j'imagine 600 pour la parution en poche...), elle prend un peu trop son temps pour amener son histoire.
Très bon roman policier, à ne pas lire si vous aimez les thrillers haletants, mais qui offre un très bon moment de lecture pour qui s'y plonge.


Sphere, 449 p., 2013.

samedi 4 octobre 2014

"La Dame en noir" un film de James Watkins

Craignez sa malédiction !

Résumé : Arthur Kipps ayant du mal à se remettre de la mort de la sa femme, son patron l'envoie faire ses preuves dans le village de Crythin Gifford pour y régler une succession. Le manoir de la défunte, particulièrement impressionnant et isolé, révèle vite une présence hostile : Arthur aperçoit plusieurs fois la silhouette d'une dame en noir. Ce qu'il ignore est que quiconque la voit relance sa terrible malédiction : des enfants mourront dans d'atroces circonstances. Il est désormais trop tard pour le jeune homme qui devient le témoin de scènes cauchemardesques.

Avis : Je fuis comme la peste les films d'épouvante car je suis une trouillarde née. Je me suis dit qu'un modeste "interdit aux moins de 12 ans" n'allait pas m'achever. J'avais tort. Soyons honnête, j'ai passé la moitié du film à me boucher les oreilles et à regarder l'écran planquée derrière un coussin. Pourtant, c'est plus un film d'angoisse / d'atmosphère qu'un film d'horreur. Aucune effusion de sang, de monstre horribles et autres décapitations. Mais certaines scènes sont particulièrement impressionnantes et donnent froid dans le dos. Je pense notamment à celle où, alors que Arthur Kipps travaille de nuit dans la maison de la veuve pour avancer son travail, le chien Spider se met à aboyer furieusement devant la porte d'entrée dont la poignée tourne toute seule. Evidemment, quand notre héro l'ouvre, il n'y a personne. Enfin si, et c'est le genre de rencontre dont on se passe tous. Après, j'ai envie de lui dire "Quelle idée ridicule d'aller se laisser enfermer SEUL, LA NUIT, dans une barraque entourée d'un CIMETIERE". Il y en a qui cherchent aussi ! Ou cette autre scène où il cherche des papiers sous le lit et aperçoit une main qui frappe sur la porte vitrée de la salle de bain. Brrrrrrrrrrr !!!
Nous sommes dans une histoire de fantôme et de malediction, avec une présence fantastique hostile en la "personne" de cette dame toute de noir vêtue qui apparaît toujours quand un enfant meurt dans le village. L'histoire de cette dame m'a vraiment plu, on en apprend plus sur le pourquoi de sa malédiction au fur et à mesure que l'histoire avance. Mais au secours, je crois que je ne suis pas faite pour les films où il y a des gamins fantômes et des nursery avec des poupées repoussantes !!
Je suis un peu réconciliée avec le jeu d'acteur de Daniel Radcliffe qui m'a insupportée dans la saga Harry Potter (dont je ne suis pas fan... oui, ça existe les non-fans d'Harry Potter....).
 

Il y a aussi une très belle photographie qui enveloppe chaque scène (je suis très sensible à ça dans un film !). La musique et les bruitages sont pour beaucoup dans l'atmosphère générale. Si les silences suivis d'un gros "bang !" vous irritent, passez votre chemin. Moi je tombe dedans à chaque piège de ce genre.
La fin m'a bien plu et je ne m'y attendais pas du tout. Le seul bémol : ais-je maintenant envie de me lancer dans la lecture du roman sachant que je sais comment tout cela finit ?
A noter qu'il s'agit du premier film des studios anglais Hammer depuis qu'ils se sont relancés. Studio mythiques pour les amoureux de films d'horreur, ils sont notamment à l'origine de la série des Dracula avec Christopher Lee. 
C'est une film que je recommande pour les amateurs du genre. Il a également le mérite de ne durer qu'1h30. Pas de temps mort ! (sans mauvais jeu de mot).


NB : J'abandonne la lecture d'Appartement 16 avec lequel je n'accroche absolument pas ! Dommage !

lundi 29 septembre 2014

Billet spécial retrogaming

Dans le cadre du challenge Geek, le 30 septembre a été désigné The Day of the Tentacle "Le jour des listes". J'avais bien envie de lister les 10 jeux vidéos qui m'ont le plus enthousiasmée quand j'étais plus jeune. Je ne suis plus une joueuse assidue depuis de nombreuses années. Je ne possède qu'une Nintendo DS et je suis en constant pourparlers avec moi-même pour savoir si je dois investir ou non dans une console de salon... Mais fut un temps où je harcelais moralement mes parents pour en avoir une (ils n'ont jamais cédé d'ailleurs), où je me couchais à 2h du mat' après avoir joué des heures durant sur le 486 racheté à mon frère et où je pouvais dépenser 40 francs dans une borne d'arcade en 20 min. Mais ça, c'était avant.

Voici donc mon top 10 spécial nostalgie des 10 jeux sur lesquels j'ai passé le plus de temps. Pas d'ordre particulier... Attention : ça va piquer les yeux ! *^^*

Number 1 : New Zealand Story sur Amiga (possédé par une copine, chez qui j'ai passé un nombre d'heures considérables.....). Jeu de plateforme par excellence où, je vous le donne dans le mille, un kiwi doit se sortir d'une mauvaise posture. Avec des boss à la fin des niveaux.


Number 2 : Streets of Rage 2 sur MegaDrive (console possédée par mes cousins). Je ne dirais qu'une chose "YAKAPAAAAAAA !" (cri de guerre poussé par l'un des personnages lorsqu'il donnait un uppercut). Jeux de beat-them-all coopératif - si si, on pouvait jouer à deux - le but était de débarrasser la rue d'un gang. Bonjour la 2D !! Mais quel plaisir de taper sur tout ce qui bouge. Avec des boss à la fin des niveaux.

Number 3 : Le manoir de Mortevielle sur Amiga puis 486. Allergique aux voix synthétiques, s'abstenir... Dans un manoir perdu entouré par la neige, il fallait mener l'enquête sur un meurtre en interrogeant les personnages et en faisant certaines actions à certains moments. Je me souviens qu'on pouvait mourir de froid ou être jeté au fond du puis.

Number 4 : Sonic (sur Megadrive et Game Gear... la mienne !). Jeu de plateforme qu'on ne présente plus, il bénéficie d'un retour en grâce sur smartphone.

Number 5 : Civilisation I (sur 486). Comment oublier ce jeu qui m'a tenue éveillée des nuits durant... Les graphismes sont catastrophiques mais quel plaisir de jouer avec les Babyloniens à la conquête du monde. Je n'ai pas testé les dernières versions et je n'en ai même pas envie. Pour moi, c'est le seul, l'unique !

Number 6 : Indiana Jones and the Fate of Atlantis sur PC. Jeu de point and click, le scénario était particulièrement recherché et les graphismes proches du dessin animé très plaisants. J'ai d'ailleurs appris en jouant ce qu'était l'orichalque.

Number 7 : The 7th Guest sur PC. Premier jeu sorti sur CD-ROM au début des années 1990, il coûtait un bras mais offrait des graphismes époustouflants. L'histoire était sombre et passionnante avec une histoire de meurtre et de fantômes et des énigmes à résoudre, je rêve d'y rejouer et de le finir.

Number 8 : Alone in the Dark sur 486. Premier opus, il faisait déjà son petit effet, surtout quand on y jouait... seul dans le noir ! :)

Number 9 : La série des King Quest, notamment les V et VI. Série de jeu en point and click bourrée d'humour et de références à l'univers des contes, avec des graphismes très sympas. La durée de vie était vraiment bonne.

Number 10 : Mickey Land of Illusion (Game Gear). Jeu de plateau mettant en scène Mickey traversant des mondes très recherchés visuellement (je me souviens d'un haricot magique et d'un château hanté). Un des rares jeux que j'ai réussi à finir.


J'aurais pu ajouter Street Fighter 2, La bande à Picsou, Wolfenstein 3D, The Day of the Tentacle, Mortal Kombat, Tekken, Time Crisis et beaucoup d'autre encore, notamment des Freeware et des Shareware acheté sur disquettes via des magazines spécialisés. Rappelez-vous, l'époque où il fallait taper des commandes sous DOS ! :o)
J'ai pris un énorme plaisir à écrire cette liste et à rechercher des images qui m'ont rappelé plein de bons moments ! Nostalgie, quand tu nous tiens....

NB : aucune des images n'est de moi, je les ai prises au gré de mes pérégrinations sur le net pour écrire cet article.

jeudi 25 septembre 2014

"L'embellie" de Audur Ava Olafsdottir



Résumé : Quittée par son mari qui lui annonce avoir fait un enfant à une autre, une jeune femme décide de prendre des vacances prolongées à l'autre bout de l'Islande. Elle a en effet gagné à la loterie un chalet d'été et compte bien y passer quelques temps, loin de tout le monde. Mais sa meilleure amie a une grossesse compliquée et lui demande de garder pour elle son aîné de 4 ans, malentendant. Les voilà tout les deux embarqués dans un périple sur la seule route du pays.

Pourquoi ce livre ? : Achetée par une amie lors d'une sortie commune en librairie, je me suis laissée tenter quelques jours plus tard.
Avis : Nous partons en compagnie de la narratrice sur la route de cette contrée lunaire qu'est l'Islande. Laissant toutes ses possessions terrestres derrière elle. D'elle, nous n'apprendrons jamais son prénom. Nous devinons juste que c'est une femme qui en train de se découvrir et de se reconstruire. On découvre rapidement qu'elle a vécu un drame très jeune qui conditionne sa vision du monde, de la vie et des relations aux autres. Dans beaucoup de situations cocasses ou inattendues, elle fait preuve d'une constance de caractère sans faille ce qui la rend particulièrement attachante. On a l'impression que rien ne l'étonne : percuter un mouton, coucher avec un homme inconnu au bord d'une route déserte en pleine nuit, adopter un chaton, voir son mari partir avec une autre, tout est sur le même plan. Comme si finalement ce qui nous arrive de plus ou moins bien dans la vie est à prendre avec recul et philosophie.
La narratrice quitte tout un peu sur un coup de tête, remet son existence en question et prend la route (rien à voir donc avec la Julie de Demain j'arrête qui m'a tant déçue...). J'admire chez les gens cette force de caractère.
La vie, c'est ce qui ce arrive lorsqu'on sort de sa zone de confort (source)
Ce roman est un peu difficile à résumer car finalement il se passe toute une succession de choses. On se rapproche d'ailleurs du road movie avec un chaque étape notre héroïne qui devient un peu plus elle-même. Les flash-backs nous donnent de discrets éclairages sur sa vie passée.
Une très belle relation se noue avec Tumi, le petit garçon malentendant, chacun apprivoisant l'autre, chacun étant quelque part différent des autres. Tumi par ses handicaps, la narratrice par sa façon d'appréhender l'existence.
Les paysages islandais tiennent également la part belle, l'auteur nous offrant régulièrement des descriptions de cette contrée nordique. Je n'y suis jamais allée mais j'ai eu droit à des comptes rendus enthousiastes de proches me narguant de leurs photos toutes plus sublimes les unes que les autres. La toile de fond principale est la route circulaire qui fait le tour de l'île : on peut facilement boucler la boucle.
Un très beau texte, poétique et très touchant.

Point, 395 p., 2014.

mercredi 17 septembre 2014

Challenge Halloween édition 2014


Édition 2014, here I come ! Lou et Hilde remettent le couvert cette année avec le challenge Halloween auquel j'ai déjà participé l'année dernière.
J'ai mis de côté quelques lectures en attendant l'heure fatidique, soit le 1er octobre.
Mon programme est complètement intenable vu mon agenda professionnel à venir.... Mais qu'importe, voici ce que j'envisage de lire / voir cette saison :

La Dame en Noir de Susan Hill ainsi que son adaptation cinématographique avec Daniel Radcliffe. A condition que Monsieur accepte de voir le film à côté de moi, pas question de le visionner toute seule !

Appartement 16 d'Adam Nevill : parce qu'une histoire de force maléfique hantant un immeuble chic, c'est bien dans le ton du challenge, non ?



Un peu déçue de ma lecture de Hanté de James Herbert l'année dernière, je lui redonnerai sa chance avec la suite.


Un roman jeunesse avec Douze minutes avant minuit, depuis plus d'un an dans ma PAL. J'ai lu beaucoup de critiques positives et la suite est déjà sortie.

J'ai aussi de côté Train perdu wagon mort de Jean-Bernard Pouy mais là, 5 romans en un mois, c'est juste impossible en ce moment... Il me servira de joker si le James Herbert ne m'emballe pas.
J'espère que la trouillarde que je suis ne s'embarque pas dans un mois trop cauchemardesque !




samedi 13 septembre 2014

Les recalés de la chronique #1

Des fois, on commence un livre, parce que tout le monde en parle ou parce qu'on l'a repéré sur un blog / en librairie / dans la presse, etc. On le commence, on doute, on doute franchement, on s'accroche quand même, on le finit et on se dit "Plus jamais, la prochaine fois, j'abandonne la lecture !". Ce fut le cas ces dernières semaines avec ces deux livres.

Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier

Immense succès de librairie, je ne présente plus ce livre que je découvre 3 ans après tout le monde. J'ai été déçue par ce roman, essentiellement pour deux raisons :
* Les femmes sont prises pour des nouilles : mon jugement est dur mais si vous analysez le comportement de l'héroïne, vous vous rendez bien compte qu'elle fait des choses complètement aberrantes, tout ça pour un type qu'elle ne connaît pas, ou à peine. Gros cliché "L'amour déplace des montagnes".
* C'est une ode à la routine. Mais non, me direz-vous, puisque Julie quitte son emploi dans une banque pour devenir vendeuse en boulangerie. Certes, mais je vous répondrai que la boulangerie en question reste dans son quartier, tenue par une boulangère qu'elle connait depuis toute petite, qu'elle ne déménage pas, ne change pas vraiment de vie, bref ne prend pas de risque.
Heureusement que sa copine Sophie est là pour apporter des répliques qui font rire.

Au douxième coup de minuit d'Eloisa James


Celui-là, vous me direz, j'aurais dû me douter du contenu vu le titre de la collection "Aventures & passions". Je ne suis pas habituée aux codes de la romance n'en ayant lu qu'une et en voilà une bien dans le ton - je suppose. Je pensais vraiment lire une réécriture de Cendrillon et ça démarre plutôt bien puisque que Kate se rend au château du prince sous une fausse identité. Mais après ça, exit Cendrillon. On tombe dans une histoire de "je t'aime mais je ne peux être avec toi" qui dure 150 pages. Seul point positif, la marraine Lady Worthe qui apporte de l'humour et de la légèreté. Quelques réflexions sur la vie de couple sont bien senties mais c'est une déception. Peut-être une très bonne romance (je n'y connais rien) mais pas une réécriture de conte de fée.

samedi 23 août 2014

"Nymphéas noirs" de Michel Bussi


Résumé : Jérôme Morval, riche habitant de Giverny, est retrouvé mort dans le ruisseau qui serpente à travers le village. Son crâne a été fracassé. Qui s'est acharné sur cet homme ? Les pistes ne manquent pas car le notable local était connu pour ses aventures extra-conjugales et trempait dans quelques affaires louches liées au monde de l'art. Le commissaire Sérénac et son adjoint Benavides sont chargés de l'enquête. Bien vite, les deux hommes sont pris comme des mouches dans une toile d'araignée car Giverny, patrie de Claude Monet, n'est pas un village comme les autres.

Avis : Michel Bussi fait parler de lui en ce moment sur la blogosphère et figure régulièrement en tête des ventes (si j'en crois les derniers classements Livres Hebdo). J'avais envie de lire un polar ET de découvrir un nouvel auteur, ce roman tombait donc à pic.
Ce n'est pas la peine de chercher qui fait quoi, l'auteur nous emmène d'une fausse piste à l'autre jusqu'à la révélation finale qui nous punaise sur place. Le mieux est de ne pas jouer au lecteur-détective mais de se laisser porter par l'histoire, les personnages et surtout, par le lieu. Je ne connais pas Giverny mais une chose est désormais sûre : il va falloir que j'y aille ! Les descriptions du village et de ses environs en font un personnage à part entière. Il a l'air absolument magnifique - une fois qu'on a poussé tous les touristes...

On en apprend également beaucoup sur la vie de Claude Monet et sur son oeuvre : toutes les anecdotes sont véridiques (d'après une note de l'auteur). Nous avons même la chance de visiter le musée de Vernon.
L'intrigue en elle-même est bien ficelée et chaque personnage sonne juste. Nous voyons l'histoire se dérouler à travers les yeux d'une vieille habitante de Giverny, qui visiblement en sait beaucoup plus que ce qu'elle laisse paraître. Mais aussi à travers ceux de Fanette, jeune écolière de 11 ans et d'un narrateur discret. L'alternance des points de vue dynamise le rythme et la lecture est particulièrement fluide. Je mets juste un bémol sur l'inspecteur Sérénac... J'aime sa personnalité et sa façon d'échanger avec son collègue mais sa prise de position radicale et bornée ne le rendent malheureusement pas crédible dans sa fonction de commissaire.
L'intrigue se déroule presque exclusivement à Giverny, ce qui transforme l'ensemble en huis-clos. Ici, tout le monde se connait et galeries d'arts côtoient écoles de peinture et autres commerces. Comme le souligne l'inspecteur Sylvio Benavides, le bras droit de Sérénac, on a l'impression d'être face à une omerta digne d'un village Corse. L'atmosphère est particulière et les locaux n'aiment pas bien parler aux "étrangers". Mais quel secret cachent-ils donc tous ?
Le monde de l'art est aussi bien présent et on se cultive au passage sur le courant impressionniste. Mais point de cours magistral, l'auteur sait distiller son savoir tout au long du texte.
Ce roman vous promet un bon moment de lecture, n'hésitez pas.

Pocket, juin 2014, 492 p.